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11.03.2020 Epidémie de COVID-19

Après la Chine et d’autres pays d’Asie, l’Europe est affectée.

Diseases

10% of the population is diagnosed with diabetes, and 67 820 new cancer diagnoses are made.

Suicide

1. Messages clés

  • Les comportements suicidaires (idées suicidaires, tentatives et suicides effectifs) représentent un problème important pour la santé publique et la société en Belgique.
  • 4,3 % de la population a sérieusement envisagé le suicide et 0,2 % a tenté de se suicider au cours des 12 derniers mois. Les pensées suicidaires et les tentatives de suicide sont plus fréquentes chez les femmes, les personnes d’âge moyen et dans le groupe le moins éduqué.
  • 1903 décès par suicide ont été enregistrés en 2016. Les nombres les plus élevés ont été enregistrés dans les groupes d'âge de 45 à 59 ans.
  • Alors que plus de femmes envisagent et tentent de se suicider, plus d'hommes y parviennent : 1360 suicides ont été enregistrés chez les hommes et 543 chez les femmes en 2016. Le taux de mortalité ajusté pour l’âge était de 24,5 (pour 100 000) chez les hommes et de 9,5 chez les femmes.
  • Près d'un décès sur trois chez les hommes âgés de 15 à 29 ans est dû au suicide ; un décès sur cinq chez les femmes âgées de 15 à 34 ans est dû au suicide.
  • Une stratégie globale et multisectorielle de prévention du suicide est nécessaire.

2. Introduction

Le suicide et les tentatives de suicide sont des problèmes importants pour la société et la santé publique. Ils ont des répercussions sur les familles, les amis, les collègues, les communautés et la société dans son ensemble. Le suicide se produit a tout âge et était la deuxième cause de décès chez les 15-29 ans dans le monde en 2016. Le suicide est évitable et sa prévention a été définie comme une priorité par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en tant qu'objectif mondial et incluse comme indicateur dans les objectifs de développement durable des Nations unies [1]. Pour élaborer efficacement des stratégies de prévention du suicide, il faut procéder à un enregistrement correct, à une surveillance du nombre de suicides et à une identification des groupes à risque spécifiques.

Si le lien entre le suicide et les troubles mentaux est bien établi, de nombreux suicides surviennent de manière impulsive dans des moments de crise. Parmi les autres facteurs de risque, on peut citer l'expérience d'une perte, la solitude, la discrimination, la rupture d'une relation, les problèmes financiers, la douleur et les maladies chroniques, la violence, les abus et les conflits. Le meilleur prédicteur de suicide est une tentative de suicide antérieure [2].

Pour appréhender ce phénomène complexe et important, nous utilisons plusieurs indicateurs :

  • Les pensées suicidaires : il s'agit d'un facteur de risque important pour un suicide futur et est important pour la prévention.
  • Tentatives de suicide : c'est un facteur prédicteur important d’un suicide effectif et un moment clé pour apporter de l'aide à la personne [3].
  • Les décès par suicide : nous examinons le nombre de décès, le taux de mortalité et la part du total des décès qui sont dus au suicide à un âge donné. Les suicides étant souvent mal classés, ces chiffres sont probablement sous-estimés [4-7]. Des erreurs de classification peuvent se produire : lorsque la cause exacte du décès est inconnue, le suicide peut être classé comme "cause inconnue" ; lorsque l'intention n'est pas claire, le suicide peut être classé comme "décès d'intention indéterminée" ; lorsque l'intention est mal évaluée, le suicide peut être classé comme "accident" ou "homicide". Il est également possible que le médecin évite de mentionner le suicide pour protéger la famille de différents problèmes (assurance, administration, religion, ...). De plus, les procédures administratives peuvent entraîner des erreurs de classification. Par exemple, à Bruxelles, le parquet n‘arrive pas à traiter toutes les morts violentes (suicides, homicides), entraînant un important sous-rapportage des suicides qui sont alors classés en décès par cause externe d’intention indéterminée. En outre, les raisons de cette classification erronée varient fortement d'un pays à l'autre, ce qui limite l'interprétation des comparaisons internationales.

Les tentatives de suicide et les décès par suicide présentent différentes distributions d’âge et de sexes. Les femmes sont plus susceptibles de faire une tentative de suicide que les hommes et les hommes ont plus de chances de réussir (décès par suicide). En outre, le risque de décès par suicide augmente avec l'âge, tandis que le risque de tentatives de suicide diminue avec l'âge. Ainsi, les jeunes et les femmes tentent davantage de se suicider, tandis que les hommes et les personnes âgées réussissent mieux à se suicider [3,8].

3. Pensées suicidaires

Situation en 2018

Belgique

En 2018, en Belgique, 14 % de la population âgée de 15 ans et plus avait au moins une fois dans sa vie envisagée sérieusement le suicide, un tiers (4,3 %) y avait pensé au cours des 12 derniers mois. Plus de femmes (16 %) que d'hommes (12 %) ont déclaré avoir eu des pensées suicidaires au cours de leur vie, il n'y a pas de différences entre les sexes en matière de pensées suicidaires au cours de l'année écoulée (4,4 % chez les femmes contre 4,2 % chez les hommes). Les personnes âgées de 65 ans et plus étaient moins susceptibles de déclarer des pensées suicidaires dans leur vie ou au cours de l'année écoulée que les personnes de moins de 64 ans. Les femmes de 45 à 54 ans présentaient une prévalence particulièrement élevée.

Prévalence des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois parmi la population âgée de 15 ans et plus, Belgique, 2018
Source : Enquête de Santé, Sciensano [9]
Spécificités régionales

Les pensées suicidaires au cours de la vie sont plus fréquentes en Wallonie (16 %) qu'en Flandre (13 %) et les pensées suicidaires au cours de l'année écoulée sont plus fréquentes en Wallonie (5,9 %) et à Bruxelles (5,1 %) qu'en Flandre (3,3 %).

Tendances

Belgique

La proportion de personnes ayant envisagé le suicide au cours des 12 derniers mois (ainsi qu'au cours de leur vie) est plus faible en 2018 qu'en 2013 mais la proportion est toujours supérieure aux valeurs observées en 2008 (les différences ne sont pas significatives).

Spécificités régionales

La prévalence des pensées suicidaires a diminué en Flandre entre 2013 et 2018 alors qu'elle est restée relativement stable à Bruxelles et en Wallonie.

  • Hommes
  • Femmes

Prévalence des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois parmi les hommes âgés de 15 ans et plus, par région, Belgique, 2008-2018
Source : Calcul des auteurs sur base de Enquête de Santé, Sciensano [9]

Prévalence des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois parmi les femmes âgés de 15 ans et plus, par région, Belgique, 2008-2018
Source : Calcul des auteurs sur base de Enquête de Santé, Sciensano [9]

Disparités socio-économiques

Les pensées suicidaires (au cours de la vie et de l'année précédente) sont liées au niveau d'instruction. Les personnes avec le niveau d'instruction le plus bas avaient 1,5 fois plus de chances d'avoir envisagé le suicide au cours de leur vie et 2,5 fois plus de chances de l'avoir envisagé au cours de l'année écoulée que les personnes avec le niveau d'instruction le plus élevé.

Prévalence des pensées suicidaires au cours de la vie et de l'année précédente parmi la population âgée de 15 ans et plus, par niveau d'instruction, Belgique, 2018
Source : Calculs des auteurs basés sur l'Enquête de Santé, Sciensano [9]

4. Tentatives de suicide

Situation en 2018

Belgique

En 2018, en Belgique, 4,3 % de la population âgée de 15 ans et plus a déclaré avoir tenté de se suicider au cours de sa vie et 0,2 % au cours de la dernière année. Les femmes (5,4 %) sont plus nombreuses que les hommes (3,1 %) à avoir tenté de se suicider au cours de leur vie et au cours de la dernière année (0,3 % chez les femmes et 0,2 % chez les hommes). La prévalence des tentatives de suicide au cours de la vie était plus élevée chez les personnes âgées de 35 à 54 ans. Les jeunes (15-24 ans) et les 45-54 ans étaient plus susceptibles de déclarer une tentative de suicide au cours de la dernière année.

Prévalence des tentatives de suicide au cours de la vie parmi la population âgée de 15 ans et plus, Belgique, 2018
Source : Enquête de Santé, Sciensano [9]
Spécificités régionales

Les Wallons sont plus nombreux à avoir fait une tentative de suicide (6 %) que les Bruxellois (4,2 %) et les Flamands (3,3 %).

Tendances

Les tendances de la prévalence des tentatives de suicide au cours de la vie sont relativement stables en Belgique et dans ses régions. Les tentatives de suicide diminuent entre 2013 et 2018 chez les hommes et les femmes à Bruxelles, mais ce n'est pas significatif.

  • Hommes
  • Femmes

Prévalence des tentatives de suicide au cours de la vie parmi les hommes âgés de 15 ans et plus, par région, Belgique, 2004-2018
Source : Calcul des auteurs sur base de Enquête de Santé, Sciensano [9]

Prévalence des tentatives de suicide au cours de la vie parmi les femmes âgés de 15 ans et plus, par région, Belgique, 2004-2018
Source : Calcul des auteurs sur base de Enquête de Santé, Sciensano [9]

Disparités socio-économiques

Les tentatives de suicide (au cours de la vie et de l'année précédente) sont liées avec le niveau d'instruction. Les personnes ayant le niveau d'instruction le plus élevé étaient moins susceptibles de faire une tentative de suicide que les personnes ayant le niveau d'instruction le plus faible.

Prévalence des tentatives de suicide au cours de la vie et de l'année précédente parmi la population âgée de 15 ans et plus, par niveau d'instruction, Belgique, 2018
Source : Calculs des auteurs basés sur l'Enquête de Santé, Sciensano [9]

5. Décès dus au suicide

Nombre de décès

En 2016, en Belgique, 1903 décès par suicide ont été enregistrés. Il y a eu plus de décès par suicide chez les hommes (1360) que chez les femmes (543). Le plus grand nombre de décès par suicide a été enregistré entre 45 et 59 ans. Les décès par suicide peuvent être mal classés pour différentes raisons. À Bruxelles, il y a un problème de certification des décès par suicide depuis 2009, ce qui signifie que ces chiffres sont une sous-estimation du nombre réel de suicides.

Nombre de décès dus au suicide, par âge et sexe, Belgique, 2016
Source : Calculs des auteurs basés sur la base de données des causes de décès, Statbel [10]

Part des décès due au suicide

Comme peu de décès surviennent à un âge précoce, la part du total des décès attribués au suicide aux âges les plus jeunes est importante. Ensuite, suite à l’augmentation du nombre des décès et des causes concurrentes de décès aux âges les plus avancés, la part des décès dus au suicide diminue avec l'âge.

Les décès dus au suicide représentent près de 30 % des décès chez les hommes entre 15 et 29 ans. Chez les femmes, les décès dus au suicide représentent environ 20 % des décès entre 15 et 34 ans.

Part du nombre total de décès dus au suicide, par âge et sexe, Belgique, 2016
Source : Calculs des auteurs basés sur la base de données des causes de décès, Statbel [10]

Taux de mortalité par suicide

Le taux de mortalité par suicide était de 16,8 (pour 100 000 personnes) en 2016 en Belgique. Il était 2,6 fois plus élevé chez les hommes (24,5) que chez les femmes (9,5). Le taux de suicide par groupe d'âge présente une image différente de celle du nombre de suicides, car le dénominateur (nombre de personnes dans un groupe d'âge donné) est plus petit à un âge avancé. Il donne aussi une image différente de celle de la proportion de suicides parmi les causes de décès, car le nombre total de décès augmente avec l’âge. Le taux de mortalité par suicide le plus élevé a été constaté chez les hommes entre 80 et 94 ans et chez les femmes entre 45 et 54 ans.

Taux de mortalité par suicide (pour 100 000), par âge et sexe, Belgique, 2016
Source : Calculs des auteurs basés sur la base de données des causes de décès, Statbel [10]

Tendances

Belgique

Le taux de mortalité par suicide diminue chez les hommes et, dans une moindre mesure, chez les femmes.

Spécificités régionales

Les taux de mortalité par suicide sont en baisse chez les hommes, tant en Flandre qu'en Wallonie (à partir de 2008). Chez les femmes, le taux de mortalité par suicide est resté stable à un niveau bien inférieur à celui des hommes, tant en Wallonie qu'en Flandre.

Le taux de mortalité par suicide à Bruxelles ne peut être interprété en raison du retard du parquet bruxellois à confirmer les cas de suicide.

  • Hommes
  • Femmes

Taux de mortalité due au suicide ajusté pour l'âge parmi les hommes, par région, Belgique, 2000-2016
Note: Les taux de suicide à Bruxelles sont sous-estimés.
Source : Calcul des auteurs basés sur la base de données des causes de décès, Statbel [10]

Taux de mortalité due au suicide ajusté pour l'âge parmi les femmes, par région, Belgique, 2000-2016
Note: Les taux de suicide à Bruxelles sont sous-estimés.
Source : Calcul des auteurs basés sur la base de données des causes de décès, Statbel [10]

Comparaison internationale

Parmi les pays de l'UE-15, la Belgique a le taux de suicide apparent le plus élevé chez les hommes et les femmes. Toutefois, la comparaison internationale des taux de mortalité par suicide doit être interprétée avec prudence car les différences de contexte socioculturel et de qualité des données entravent l'enregistrement précis des suicides et la comparabilité entre les pays. Cette mise en garde ne doit cependant pas servir à minimiser les taux élevés problématiques de la Belgique.

  • Hommes
  • Femmes

Taux de mortalité due au suicide ajusté pour l'âge parmi les hommes, par pays, EU-15, 2016 ou année la plus récente
Source : OECD health data [11]

Taux de mortalité due au suicide ajusté pour l'âge parmi les femmes, par pays, EU-15, 2016 ou année la plus récente
Source : OECD health data [11]

6. En savoir plus

Voir les métadonnées de ces indicateurs

Statbel  Causes de décès

SPMA: Standardized Procedures for Mortality Analysis

HISIA: Health Interview Survey Interactive Analysis

Définitions

Prévalence ajustée pour l’âge
La plupart des indicateurs sont liés à l’âge. Comme la population belge vieillit avec le temps et que des différences sont observées au sein des régions, les prévalences sont normalisées par âge avec une population standard pour permettre la comparabilité.
UE-15
L'UE-15 (ou Union européenne des Quinze voire Europe des Quinze) correspond à l'ensemble des pays qui appartenaient à l'Union européenne entre 1995 et 2004 : Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni et Suède. Nous comparons l'état de santé de la Belgique à celui de l'UE-15, car ces pays ont des conditions socio-économiques similaires.

Références

  1. WHO. Suicide in the world. https://www.who.int/publications-detail/suicide-in-the-world
  2. WHO. Suicide. https://www.who.int/westernpacific/health-topics/suicide
  3. Centre de prévention du suicide. LE SUICIDE UN PROBLEME MAJEUR DE SANTE PUBLIQUE Introduction à la problématique du suicide en Belgique Chiffres de 2014. Bruxelles, Belgique: Centre de prévention du suicide; 2017 Sep.
  4. De Spiegelaere M, Wauters I, Haelterman E. Le suicide en Région de Bruxelles-Capitale: Situation 1998-2000. Brussels: Observatoire de la santé et du social de Bruxelles- Capitale; 2003.
  5. Ohberg A, Lonnqvist J. Suicides hidden among undetermined deaths. Acta Psychiatr Scand. 1998;98(3):214–8.
  6. Jougla E, Pequignot F, Chappert J, Rossollin F, Le TA, Pavillon G. [Quality of suicide mortality data]. RevEpidemiolSante Publique. 2002;50(1):49–62.
  7. Moens GFG. The reliability of reported suicide mortality statistics: An experience from Belgium. Int J Epidemiol. 1985;14(2):272–5.
  8. Gisle L, Drieskens S, Demarest S, Van der Heyden J. Enquête de santé 2018 : Santé mentale [Internet]. Bruxelles: Sciensano; 2020 Jan. Report No.: D/2020/14.440/3. https://his.wiv-isp.be/fr/Documents%20partages/MH_FR_2018.pdf
  9. Health Interview Survey, Sciensano, 1997-2018. https://his.wiv-isp.be/
  10. Causes de décès, Statbel. https://statbel.fgov.be/fr/themes/population/mortalite-et-esperance-de-vie/causes-de-deces#figures
  11. OECD health statistics, OECD. https://stats.oecd.org/

Santé mentale

1. Messages clés

En 2018, environ une personne sur dix souffrait d'un trouble anxieux et/ou d'un trouble dépressif. 11 % des personnes présentaient les symptômes d'un trouble anxieux. La prévalence des troubles anxieux est restée au même niveau qu'en 2013 (10 %), cependant elle reste toujours plus élevée que pendant la période 2001-2008 (un peu plus de 6 %).

En 2018, 12 % de la population avait consommé des sédatifs (somnifères ou tranquillisants) et 8 % avait pris des antidépresseurs au cours des deux dernières semaines. Cependant, la consommation de sédatifs diminue depuis 2008, tandis que la consommation d'antidépresseurs continue à augmenter régulièrement.

L'anxiété et la dépression sont plus fréquentes chez les femmes. En général, les indicateurs de santé mentale montrent une meilleure situation dans la région flamande par rapport aux deux autres régions. La santé mentale diffère aussi selon le niveau d'instruction. Les troubles de la santé mentale et la consommation de médicaments psychotropes sont plus fréquents dans le groupe le moins éduqué que dans le groupe le plus éduqué.

2. Introduction

La santé mentale est la capacité de chacun d'entre nous à ressentir, penser et agir de manière à améliorer notre aptitude à profiter de la vie et à relever les défis auxquels nous sommes confrontés. Il s'agit d'un sentiment positif de bien-être émotionnel et spirituel qui respecte l'importance de la culture, de l'équité, de la justice sociale, des interconnexions et de la dignité personnelle [1]. En raison de la fréquence élevée des problèmes mentaux dans les sociétés occidentales et de l'importance de leur coût en termes humains, sociaux et économiques, la santé mentale est désormais considérée comme une priorité de santé publique. En Belgique, l'enquête de santé par interview est l'une des principales sources de données systématiques sur la santé mentale dans la population générale.

Parmi les différentes dimensions de la santé mentale qui sont surveillées dans cette enquête, nous nous concentrons sur les trois dimensions suivantes :

Cependant, il convient de noter que l'évaluation des problèmes de santé mentale dans la population par le biais d'une enquête de santé présente un certain nombre de limitations. Celles-ci sont principalement liées au fait que les estimations sont basées sur des instruments de dépistage des problèmes psychologiques et ne sont donc pas obtenues par des outils de diagnostic clinique, qui peuvent être plus nuancés. Néanmoins, les résultats des enquêtes de santé de population générale sont généralement conformes aux résultats des enquêtes spécifiques sur la santé mentale.

Les troubles de santé mentale plus graves comme la schizophrénie et les troubles bipolaires ne sont pas présentés ici. En effet, les enquêtes de santé par entretien ne sont pas un instrument adéquat et fiable pour saisir des conditions aussi complexes. En outre, les informations sur les idées suicidaires et les tentatives de suicide peuvent être trouvées sur une page spécifique.

3. Troubles de santé mentale

Situation en 2018

Belgique

Selon l'évaluation réalisée sur base des instruments psychométriques, en 2018, 11,2% de la population belge souffrait d'un trouble anxieux et 9,4% d'un trouble dépressif. Pour ces deux troubles, les femmes présentaient une prévalence plus élevée (14,2 % pour l'anxiété et 10,7 % pour la dépression) que les hommes (7,9 % pour l'anxiété et 8 % pour la dépression).

  • Troubles anxieux
  • Troubles dépressifs

Prévalence des troubles anxieux par âge et sexe, Belgique, 2018
Source : Enquêtes de Santé, Sciensano, 2018 [2]

Prévalence des troubles dépressifs par âge et sexe, Belgique, 2018
Source : Enquêtes de Santé, Sciensano, 2018 [2]

Spécificités régionales

En 2018, la prévalence des troubles anxieux et dépressifs était plus élevée en Wallonie qu’à Bruxelles et en Flandre et plus élevée à Bruxelles qu’en Flandre.

Tendances

Belgique

Entre 2008 et 2013, la prévalence des troubles anxieux a augmenté en Belgique chez les deux sexes et est restée plus ou moins stable depuis lors.

Entre 2008 et 2013, la prévalence des troubles dépressifs a augmenté chez les deux sexes. En 2018, elle a légèrement diminué chez les hommes et plus nettement diminué chez les femmes.

Toutefois, les questionnaires utilisés ayant été modifiés entre les enquêtes de 2013 et 2018, les tendances doivent être interprétées avec prudence.

Spécificités régionales

Entre 2008 et 2013, la prévalence des troubles anxieux a augmenté dans toutes les régions. Entre 2013 et 2018, elle a continué d'augmenter fortement chez les deux sexes en Wallonie, mais pas dans les autres régions.

La prévalence des troubles dépressifs était plus faible en Flandre qu'à Bruxelles et en Wallonie, toutes années confondues chez les femmes, et depuis 2004 chez les hommes.

  • Men
  • Women

Prévalence des troubles anxieux chez les hommes, par région, Belgique, 2001-2018b
b rupture de tendance dû à un changement d'instrument 
Source : Calcul des auteurs sur base de Enquête de Santé, Sciensano, 2001-2018 [2]

Prévalence des troubles anxieux chez les femmes, par région, Belgique, 2001-2018b
b rupture de tendance dû à un changement d'instrument 
Source : Calcul des auteurs sur base de Enquête de Santé, Sciensano, 2001-2018 [2]

  • Men
  • Women

Prévalence des troubles dépressifs chez les hommes, par région, Belgique, 2001-2018b
b rupture de tendance dû à un changement d'instrument 
Source : Calcul des auteurs sur base de Enquête de Santé, Sciensano, 2001-2018 [2]

Prévalence des troubles dépressifs chez les femmes, par région, Belgique, 2001-2018b
b rupture de tendance dû à un changement d'instrument 
Source : Calcul des auteurs sur base de Enquête de Santé, Sciensano, 2001-2018 [2]

Disparités socio-économiques

Il existe un fort gradient socio-économique dans la prévalence des troubles de la santé mentale. Après ajustement pour l'âge, les troubles anxieux étaient 2,3 fois plus fréquents chez les personnes ayant le plus faible niveau d'instruction que chez celles ayant le plus haut niveau d'instruction. Les troubles dépressifs étaient 3 fois plus fréquents chez les personnes ayant le niveau d'instruction le plus bas que chez celles ayant le niveau d'instruction le plus élevé.

Prévalence des troubles anxieux et dépressifs, par niveau d'instruction, Belgique, 2018
Source : Calculs des auteurs basés sur l'Enquête de Santé, Sciensano, 2018 [2]

4. Consommation de médicaments psychotropes

Situation en 2018

Belgique

En 2018, 12,3 % de la population a consommé des sédatifs (somnifères ou tranquillisants) et 7,6 % des antidépresseurs au cours des deux dernières semaines. Plus de femmes que d'hommes ont consommé des sédatifs (15 % chez les femmes contre 9,5 % chez les hommes) et des antidépresseurs (9,8 % contre 5,3 %).

La consommation de sédatifs augmente avec l'âge, en particulier après 45 ans chez les femmes et après 65 ans chez les hommes. La consommation d'antidépresseurs est particulièrement élevée chez les femmes après 45 ans.

  • Sédatifs
  • Antidépresseurs

Consommation de sédatifs (somnifères ou de tranquillisants) par âge et sexe, Belgique, 2018
Source : Enquêtes de Santé, Sciensano, 2018 [2]

Consommation d'antidépresseurs par âge et sexe, Belgique, 2018
Source : Enquêtes de Santé, Sciensano, 2018 [2]

Spécificités régionales

En 2018, la consommation de sédatifs était légèrement plus élevée en Wallonie et en Flandre qu'à Bruxelles, mais les différences régionales sont faibles et non significatives.

La consommation d'antidépresseurs était légèrement plus faible en Flandre que dans les autres régions, mais les différences ne sont significatives que chez les femmes.

Tendances

Belgique

De 1997 à 2008, la consommation de sédatifs dans la population a augmenté, puis elle a diminué en 2013 et en 2018 si l'on considère les deux sexes ensemble. Chez les hommes, la consommation est restée stable autour de 10 %, alors qu'elle est passée de 19 % en 2008 à 15 % en 2018 chez les femmes.

Depuis 1997, la consommation d'antidépresseurs a doublé chez les deux sexes.

Spécificités régionales

Jusqu'en 2008, la consommation de sédatifs était nettement plus faible en Flandre que dans les deux autres régions, et ce pour les deux sexes. Après 2008, la consommation de sédatifs a continué à augmenter en Flandre tout en diminuant légèrement dans les autres régions. Les différences régionales se sont donc réduites et ont quasiment disparu en 2018.

  • Hommes
  • Femmes

Consommation de sédatifs (somnifères ou de tranquillisants) chez les hommes, par région, Belgique, 1997-2018
Source : Calcul des auteurs sur base de Enquête de Santé, Sciensano, 2018 [2]

Consommation de sédatifs (somnifères ou de tranquillisants) chez les femmes, par région, Belgique, 1997-2018
Source : Calcul des auteurs sur base de Enquête de Santé, Sciensano, 2018 [2]

La consommation d’antidépresseurs a suivi la même évolution chez les 2 sexes et dans toutes les régions, c’est-à-dire une augmentation significative depuis 1997.

  • Hommes
  • Femmes

Consommation d'antidépresseurs chez les hommes, par région, Belgique, 1997-2018
Source : Calcul des auteurs sur base de Enquête de Santé, Sciensano, 2018 [2]

Consommation d'antidépresseurs chez les femmes, par région, Belgique, 1997-2018
Source : Calcul des auteurs sur base de Enquête de Santé, Sciensano, 2018 [2]

Disparités socio-économiques

On constate un gradient socio-économique dans la consommation de sédatifs et d'antidépresseurs. En 2018, une plus grande proportion de personnes appartenant au niveau d'instruction le plus bas ont consommé des sédatifs (17,7 % contre 12,3 %) et des antidépresseurs (10,3 % contre 6 %) comparé aux personnes ayant le niveau d'instruction le plus élevé.

Consommation de sédatifs (somnifères ou tranquillisants) et antidépresseurs, par niveau d'instruction, Belgique, 2018
Source : Calculs des auteurs basés sur l'Enquête de Santé, Sciensano, 2018 [2]

5. En savoir plus

Voir les métadonnées de ces indicateurs

HISIA: Analyse interactive de l'enquête de santé belge par interview

Définitions

GAD-7: General Anxiety Disorder 7-item
Le GAD-7 est un outil de dépistage du trouble d'anxiété généralisée. Les participants sont invités à évaluer la fréquence, le cas échéant, de l'apparition de 7 symptômes clés au cours des deux dernières semaines. Les scores obtenus permettent d'évaluer la gravité des symptômes.
Troubles anxieux
Les répondants avec un score de 10 ou plus (sur un maximum de 21) à l’outil GAD-7 était considérés comme présentant un trouble de l’anxiété.
PHQ-9: Patient Health Questionnaire 9-item depression scale
Le PHQ-9 est un outil de dépistage des troubles dépressifs majeurs et d'autres troubles dépressifs. Les participants sont invités à évaluer la fréquence à laquelle ils ont été dérangés par 9 problèmes au cours des 2 dernières semaines.
Troubles dépressifs
Les participants avec une combinaison de réponses répondant aux critères d’un trouble dépressif majeur ou d’autres troubles dépressifs du PHQ-9 étaient considérés comme ayant un trouble dépressif.

Références

  1. https://www.canada.ca/en/public-health/services/health-promotion/mental-health/mental-health-promotion.html
  2. Health Interview Survey, Sciensano, 1997-2018. https://his.wiv-isp.be/

Vue d'ensemble

1. Messages clés

En 2018, 29% des Belges âgés de 15 ans et plus déclarent vivre avec une maladie chronique. Ce pourcentage augmente fortement avec l'âge: 44% de la population de plus de 75 ans déclare vivre avec une maladie chronique. La prévalence des maladies chroniques est plus élevée chez les femmes (31%) que chez les hommes (27%).
Les maladies chroniques les plus fréquemment signalées dans la population sont les lombalgies, l'hypertension, les allergies, l'arthrose, l'hypercholestérolémie et les cervicalgies. La prévalence des maladies chroniques les plus fréquentes a augmenté entre 1997 et 2018.
Les personnes moins instruites souffrent généralement plus souvent de maladies chroniques.
La prévalence de la multimorbidité a augmenté depuis 1997, principalement à cause du vieillissement de la population

2. Introduction

Les maladies non transmissibles (MNT) sont des affections ou des problèmes médicaux qui ne sont pas causés par des agents infectieux. Les maladies / affections chroniques sont définies par leur nature de longue durée. La plupart des MNT étant également des maladies chroniques, les deux termes sont parfois utilisés comme synonymes. En réalité, ce n'est pas tout à fait vrai: certaines MNT peuvent être aiguës, par exemple l'infarctus du myocarde, et certaines maladies chroniques peuvent être causées par des agents infectieux (par exemple, le cancer du col de l'utérus ou la tuberculose). Néanmoins, pour simplifier, le terme « maladie chronique » sera utilisé ici comme synonyme de MNT.

Les maladies chroniques représentent de loin les principales causes de mortalité (générale et prématurée). En outre, ils constituent également l’un des problèmes de santé susceptibles d’avoir le plus d’impact sur la qualité de vie, en particulier chez les personnes âgées. Enfin, les maladies chroniques constituent l’une des principales raisons de l’utilisation des services de soins de santé. En particulier chez les personnes âgées, plusieurs maladies chroniques peuvent être présentes simultanément. Ce phénomène, appelé multimorbidité, a un impact considérable sur l’état fonctionnel et la qualité de vie de la population. Elle entraîne également une augmentation de la consommation de soins de santé et un risque plus élevé de complications en raison d'une utilisation accrue de médicaments, et nécessite donc une importante mobilisation de ressources.

La plupart des principales maladies chroniques peuvent être évitées, par exemple en adoptant des politiques qui favorisent un mode de vie plus sain, un meilleur environnement et facilitent l'accès aux soins de santé. Les informations sur la fréquence des maladies non transmissibles constituent donc des indicateurs importants du niveau de (mauvaise) santé dans la population.

L’enquête de santé par interview (HIS) est l’une des sources d’information importante en Belgique sur la prévalence des maladies chroniques dans la population. L'avantage de cette source est qu'elle prend également en compte les personnes qui ont rarement, ou jamais recours aux infrastructures de soins de santé. Les résultats sont pondérés de manière à correspondre le plus possible à la structure de la population. C'est donc un outil précieux pour obtenir des informations représentatives sur la prévalence des maladies chroniques au niveau de la population (pour l'ensemble du pays ou au niveau régional) et pour suivre cette prévalence au fil du temps. Toutefois, les résultats doivent être interprétés avec prudence, car les informations sont auto-déclarées et reflètent donc des perceptions individuelles de la santé qui peuvent différer de l'état de santé réel. En effet, il n'est pas exclu que certaines personnes signalent erronément une maladie, par manque de connaissances ou parce que la maladie est perçue comme non-acceptable socialement.

Dans la HIS de 2018, des questions ont été posées sur la présence de maladie chronique/ affection/handicap en général, et sur la présence de 38 maladies chroniques spécifiques. Dans le cadre des enquêtes de santé par interview, l’estimation de la multimorbidité est basée sur la présence simultanée d'au moins deux des six maladies chroniques suivantes: maladie cardiaque, maladie respiratoire chronique, diabète, cancer, arthrite et/ou arthrose et hypertension.

Dans ce feuillet, nous décrivons uniquement les maladies auto-rapportées dans l’enquête de santé. En Belgique, d'autres sources sont disponibles sur la prévalence des maladies chroniques, comme les registres spécifiques, les réseaux de médecins généralistes ou les bases de données de l'assurance maladie par exemple, et seront abordées dans d’autres feuillets. La prévalence des maladies chroniques étant fortement liée à l'âge, les comparaisons dans le temps ou entre les régions ont été effectuées après correction pour la structure par âge (ajustement sur l'âge). L'ajustement a été effectué en utilisant la standardisation directe basée sur la population belge de 2018 comme référence. La pondération liée au design de l’enquête HIS a été prise en compte lors du calcul des taux standardisés.

3. Prévalence des maladies chroniques

Belgique

En 2018, 29,3% de la population âgée de 15 ans ou plus a déclaré souffrir d’au moins une maladie chronique. Ce pourcentage augmente considérablement avec l’âge, allant de 14,1% chez les jeunes de 15 à 24 ans jusque 44,1% chez les 75 ans ou plus.

La prévalence des maladies chroniques est significativement plus élevée chez les femmes (31,3%) que chez les hommes (27,2%).

Proportion de la population déclarant souffrir de maladie chronique, par âge et par sexe, Belgique, 2018
Source : Enquête de santé par interview, Sciensano, 2018 [1]

Tendances et disparités régionales

Entre 2001 et 2018, le pourcentage de personnes déclarant souffrir d’une maladie chronique est passé de 25,1% à 29,3% (+17%). Cette augmentation est partiellement due au vieillissement de la population, mais pas entièrement car après ajustement en fonction de l’âge, l’augmentation de la prévalence persiste.

On observe des disparités entre les régions : le pourcentage (ajusté pour l’âge) des maladies chroniques auto-rapportées est plus élevé en région wallonne (32,6%) que dans les régions flamande et bruxelloise (respectivement 26,9% et 30,5%). En région bruxelloise, la prévalence brute des maladies chroniques auto-rapportées est passée sous la moyenne nationale. Ce n’est pas le cas après ajustement pour l’âge, ce qui suggère un effet de la structure d’âge plus jeune de la population en région bruxelloise.

  • En région flamande, le pourcentage des maladies chroniques a significativement augmenté, passant de 20,6% à 27,6% entre 2001 et 2018 (+34%). Cette augmentation persiste après ajustement pour l’âge, toutefois dans une moindre mesure (+22%).
  • En région bruxelloise, le pourcentage ajusté pour l’âge de personnes déclarant vivre avec une maladie chronique a diminué de manière significative entre 2013 et 2018, passant de 34,3% à 30,5%.
  • En région wallonne, la prévalence (brute et ajustée pour l’âge) des personnes déclarant souffrir d’une maladie chronique est globalement stable depuis 2001.
  • Brute
  • Ajusté pour l'âge

Proportion brute de la population déclarant souffrir de maladie chronique, Belgique et régions, 2001-2018
Source : Enquête de santé par interview, Sciensano, 2001-2018 [1]

Proportion (après ajustement pour l’âge) de la population déclarant souffrir de maladies chroniques, Belgique et régions, 2001-2018
Source : Calculs des auteurs basés sur l'Enquête de santé par interview, Sciensano, 2001-2018 [1]

Disparités socio-économiques

Le pourcentage des personnes déclarant souffrir d’une maladie chronique est plus élevé chez les personnes ayant le niveau d’éducation le plus bas (40,8%) que chez les personnes dont le niveau d’instruction est plus élevé. De même, les personnes qui ont un niveau d’éducation du secondaire (inférieur ou supérieur), déclarent plus souvent vivre avec une maladie chronique que les personnes ayant le niveau d’instruction le plus élevé (27,3%).

Proportion de la population déclarant souffrir de maladie chronique, par niveau d’éducation, Belgique, 2018
Source : Calculs des auteurs basés sur l'Enquête de santé par interview, Sciensano, 2018 [1]

4. Multimorbidité

Belgique

En Belgique, en 2018, 15,2% des personnes de plus de 15 ans ont déclaré souffrir d'au moins deux des MNT suivantes au cours de l'année: maladie cardiaque, maladie respiratoire chronique, diabète, cancer, arthrite et/ou arthrose et hypertension. Ce pourcentage augmente fortement avec l’âge, passant de 0,8% chez les 15-24 ans à 41,8% pour le groupe des 75 ans. Les femmes déclarent vivre plus souvent avec plusieurs affections chroniques, mais après ajustement pour l'âge, cette différence n'est pas statistiquement significative.

Proportion de la population souffrant de multimorbidité, par âge et sexe, Belgique, 2018
Source : Enquête de santé par interview, Sciensano, 2018 [1]

Tendances et disparités régionales

Entre 1997 et 2018, le pourcentage brut de personnes déclarant souffrir de multimorbidité est passé de 8,9% à 15,2%, soit une augmentation de 71%. Si l’on considère les estimations de la prévalence ajustées pour l’âge, l’augmentation est moins importante mais toujours significative (+ 26%), ce qui signifie que cette augmentation est en partie, mais pas seulement, imputable au vieillissement de la population.

En Wallonie et en Flandre, le pourcentage (ajusté pour l’âge) de personnes déclarant vivre avec une multimorbidité est plus élevé (respectivement 17,2% et 14,6%) qu’en région bruxelloise (13,9%), où il a diminué depuis 2013. Cependant cette diminution n'est pas significative.

  • Brute
  • Ajusté pour l'âge

Proportion brute de la population déclarant souffrir de multimorbidité, Belgique et régions, 1997-2018
Source : Enquête de santé par interview, Sciensano, 1997-2018 [1]

Proportion (après ajustement pour l’âge) de la population déclarant souffrir de multimorbidité, Belgique et régions, 1997-2018
Source : Calculs des auteurs basés sur l'Enquête de santé par interview, Sciensano, 1997-2018 [1]

Disparités socio-économiques

Le pourcentage de personnes déclarant vivre avec au moins deux maladies chroniques diminue à mesure que leur niveau d'instruction augmente, passant de 19,8% chez les personnes sans diplôme ou n'ayant qu'une instruction primaire, à 13,3% chez les personnes ayant le plus haut niveau d'instruction.

Proportion de la population déclarant souffrir de multimorbidité, par niveau d’éducation, Belgique, 2018
Source : Calculs des auteurs basés sur l'Enquête de santé par interview, Sciensano, 2018 [1]

5. Principales maladies chroniques

Belgique

Le top 6 des maladies chroniques les plus fréquemment déclarées est identique chez les hommes et les femmes, bien que l'ordre soit différent. Il comprend trois problèmes de l’appareil locomoteur (lombalgies, cervicalgies et arthrose), deux facteurs de risque cardiovasculaires (hypertension artérielle et hypercholestérolémie), et les allergies.

Proportion de personnes qui déclarent souffrir d’une des 20 maladies chroniques les plus fréquemment déclarées, par type de maladie et par sexe, Belgique, 2018
Source : Enquête de santé par interview, Sciensano, 2018 [1]
hsr fr prev slopegraph 2018

Depuis 2013, le top 6 est resté identique chez les hommes. Par contre, chez les femmes, l'hypertension artérielle et l'hypercholestérolémie sont passées des troisième et quatrième rangs aux cinquième et sixième rangs à la place des allergies et des cervicalgies.

L'évolution de la prévalence diffère en fonction de la maladie:

1. La prévalence de certaines maladies chroniques a considérablement augmenté entre 1997 et 2018, notamment l'hypertension artérielle, les lombalgies, les cervicalgies, l'arthrose, le diabète, les troubles thyroïdiens et les allergies. Cette augmentation peut s’expliquer en partie par le vieillissement de la population. Cependant, même après ajustement pour l'âge, cette augmentation reste significative.

  • La prévalence auto-déclarée des troubles thyroïdiens a fortement augmenté, passant de 3,5% en 1997 à 7,0% en 2018 (+ 100%) après ajustement pour l'âge. Cette augmentation n’est pas due au vieillissement de la population.
  • La prévalence auto-déclarée du diabète a augmenté de 67%, passant de 3,6% en 1997 à 6,0% en 2018 après ajustement pour l'âge. Cette augmentation est en partie due au vieillissement de la population.
  • Enfin, la prévalence auto-déclarée des allergies est restée stable entre 1997 et 2013 (13,5% à 14,0%) mais a augmenté en 2018: 18,8%, après ajustement en fonction de l'âge.

2. D'autre part, depuis 2001, la prévalence d'un certain nombre d'autres maladies chroniques a diminué, notamment les maladies coronariennes, la bronchite chronique, les maux de tête et migraines sévères et l'ostéoporose.

  • Brute
  • Ajusté pour l'âge

Proportion de personnes déclarant souffrir de certaines maladies chroniques, Belgique, 1997-2018
Source : Enquête de santé par interview, Sciensano, 1997-2018 [1]

Proportion (ajustée en fonction de l'âge) de personnes déclarant souffrir de certaines maladies chroniques, Belgique, 1997-2018
Source : Calculs des auteurs basés sur l'Enquête de santé par interview, Sciensano, 1997-2018 [1]

Disparités régionales

On observe en général des différences régionales très limitées en ce qui concerne la fréquence des maladies chroniques étudiées. Cependant, les différences suivantes sont observées:

  • Les arthroses et les troubles thyroïdiens sont plus fréquents dans les régions wallonne et flamande que dans la région bruxelloise, même après ajustement pour l'âge.
  • L'hypertension artérielle est plus fréquemment déclarée en région wallonne que dans les deux autres régions, après ajustement pour l'âge.

Disparités socio-économiques

Le niveau d'éducation a été utilisé ici comme indicateur du statut socio-économique et ce dernier s’avère être un des principaux déterminants en ce qui concerne les maladies chroniques. La plupart des maladies chroniques étudiées dans le cadre de l’Enquête de santé par interview surviennent plus fréquemment chez les personnes avec un faible niveau d’éducation. Ceci s'applique en particulier aux maladies chroniques graves telles que les pathologies cardiovasculaires, le diabète et les maladies respiratoires chroniques. L’allergie constitue cependant une exception, car elle est plus fréquente chez les personnes avec un niveau d’éducation élevé.

6. En savoir plus

Voir les métadonnées de ces indicateurs

HISIA: Analyse interactive de l'enquête de santé belge par interview

Définitions

Maladies chroniques
Dans le cadre de l'enquête de santé par interview en Belgique, une question globale est posée sur la présence d'une ou plusieurs maladies chroniques, affections chroniques ou handicaps, sans préciser la nature de la maladie, de l'affection ou du handicap. Par souci de simplicité, cet indicateur est appelé dans le présent rapport « maladie chronique ».
Maladies non transmissibles
Les maladies non transmissibles (MNT) sont des problèmes médicaux ou des maladies qui ne sont pas causés par des agents infectieux. Bien qu'elles soient parfois désignées sous l’appellation « maladies chroniques », les maladies non transmissibles ne se distinguent que par leur cause non infectieuse, pas nécessairement par leur durée. Certaines maladies chroniques de longue durée peuvent d’ailleurs être dues à des infections.

Références

  1. Health Interview Survey, Sciensano, 1997-2018. https://his.wiv-isp.be/

Cancer

1. Messages clés

En 2017, 68 702 nouveaux diagnostics de cancer ont été établis, dont 36 977 nouveaux cas chez les hommes et 31 725 chez les femmes. Les cancers les plus fréquemment diagnostiqués étaient les cancers de la prostate, du poumon et colorectal chez les hommes, et les cancers du sein, colorectal et du poumon chez les femmes.
Depuis 2006, le nombre de nouveaux diagnostics de cancer a augmenté, tant chez les hommes que chez les femmes, en partie en raison du vieillissement de la population. Cependant, après ajustement pour l'âge, les taux d'incidence n'ont augmenté que chez les femmes.
C'est en Région wallonne que les taux d'incidence ajustés pour l'âge sont les plus élevés.
Depuis 2006, l'incidence ajustée pour l’âge du cancer du poumon a augmenté de 46% chez les femmes, alors qu'elle a diminué de 13% chez les hommes. Au cours de la même période, l'incidence du mélanome ajustée pour l’âge a augmenté de 103% chez les hommes et de 83% chez les femmes.

2. Introduction

Les cancers constituent un ensemble de maladies caractérisées par une croissance cellulaire anormale avec le potentiel d'envahir ou de se propager à d'autres parties du corps. C'est l'un des groupes de maladies les plus importants en termes de mortalité prématurée, de mauvaise santé et de dépenses de santé. Le cancer peut être causé par des traits génétiques héréditaires, mais la grande majorité des cancers est due à des mutations génétiques liées au mode de vie, au métabolisme et à des facteurs environnementaux.

Les données sur les nouveaux cas de cancer en Belgique sont collectées par le Registre belge du cancer, lequel est exhaustif au niveau national. Il enregistre à la fois les données cliniques et anatomopathologiques. La topographie et la morphologie des cancers sont enregistrées à l'aide de la Classification Internationale des Maladies pour l'Oncologie.

Le nombre total de cas de cancers est habituellement présenté en excluant les cancers de la peau non- mélanomes. En effet, même s’ils sont fréquents, ces cancers ne sont généralement pas cliniquement significatifs et leur enregistrement n’est pas bien standardisé, ce qui entrave l’interprétation des chiffres.

Les données d'incidence comprennent les taux d'incidence bruts et ajustés pour l'âge. Ils sont calculés et publiés chaque année par le Registre du cancer. Les données de la prévalence font référence au nombre de personnes vivant avec le cancer à une période donnée après le diagnostic. Elles ont été calculées pour l'année 2013 par le Registre du cancer.

3. Incidence du cancer

Belgique

En 2017, 68 702 nouveaux cas de cancer (à l'exclusion des cancers de la peau non-mélanomes) ont été diagnostiqués, dont 36 977 nouveaux cas chez les hommes et 31 725 nouveaux cas chez les femmes.

L'incidence du cancer est clairement associée à l’âge, le taux d'incidence le plus élevé étant enregistré dans le groupe des 80 à 84 ans. Avant l'âge de 55 ans, les cancers sont plus souvent diagnostiqués chez les femmes, tandis que dans les groupes plus âgés, les diagnostics de cancer deviennent plus fréquents chez les hommes.

Nouveaux diagnostics de cancer selon l'âge et le sexe, Belgique, 2017
Source : Registre belge du cancer [1]

Tendances et différences régionales

Les taux d'incidence bruts sont les plus élevés en Flandre chez les hommes, et en Wallonie chez les femmes, tandis que les taux d'incidence standardisés pour l'âge sont plus élevés en Wallonie chez les deux sexes. Après ajustement pour l’âge, les taux d’incidence en Flandre sont inférieurs à la moyenne nationale, tant chez les hommes que chez les femmes.

En Belgique, les taux d’incidence bruts ont augmenté entre 2006 et 2017, tant chez les hommes que chez les femmes. Après ajustement pour l’âge, le taux d’incidence a augmenté seulement chez les femmes, tandis qu’il a diminué chez les hommes.

Entre 2006 et 2017, les taux d’incidence bruts du cancer ont augmenté tant pour les hommes que pour les femmes en Flandre et en Wallonie. A Bruxelles, on observe toutefois une tendance à la baisse. Ces évolutions sont principalement dues à l’évolution des structures d’âge des populations, comme en témoignent les taux d’incidence ajustés pour l’âge ; chez les hommes, les taux d’incidence sont restés plus ou moins stables en Wallonie et à Bruxelles et ont légèrement diminué en Flandre. Chez les femmes, les taux d’incidence ajustés pour l’âge ont augmenté en Flandre et en Wallonie tandis qu’ils sont restés stables à Bruxelles.

  • Hommes
  • Femmes

Incidence du cancer brute pour 100 000 hommes, Belgique et régions, 2006-2017
Source : Registre belge du cancer [1]

Incidence du cancer brute pour 100 000 femmes, Belgique et régions, 2006-2017
Source : Registre belge du cancer [1]

  • Hommes
  • Femmes

Incidence du cancer ajustée pour l'âge pour 100 000 hommes Belgique et régions, 2006-2017
Source : Registre belge du cancer [1]; Ajustement pour l'âge basé sur la population standard européenne.

Incidence du cancer ajustée pour l'âge pour 100 000 femmes, Belgique et régions, 2006-2017
Source : Registre belge du cancer [1]; Ajustement pour l'âge basé sur la population standard européenne.

Incidence du cancer par site spécifique

En 2017, le cancer de la prostate et le cancer du sein étaient les cancers les plus fréquemment diagnostiqués chez les hommes et les femmes, respectivement.

L'incidence du cancer du sein chez les femmes est stable, tandis que l'incidence du cancer de la prostate ajustée pour l'âge a diminué chez les hommes entre 2006 et 2017.

Le cancer du poumon est le second cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les hommes et le troisième chez les femmes. Entre 2006 et 2017, l’incidence ajustée pour l’âge du cancer du poumon a augmenté de 46% chez les femmes tandis qu’elle a diminué de 13% chez les hommes.

Les diagnostics de cancer colorectal sont restés stables entre 2006 et 2017 tant chez les hommes que chez les femmes et ont marqué un pic en 2014, lorsqu'un programme de dépistage du cancer colorectal a été introduit en Flandre.

L'incidence du mélanome augmente chez les deux sexes. Chez les hommes, l'incidence ajustée pour l'âge a augmenté de 103 % entre 2006 et 2017 alors qu'elle a augmenté de 83 % chez les femmes, ce qui place le mélanome au 4e rang des cancers les plus fréquemment diagnostiqués depuis 2010, devant le cancer du col de l'utérus. Un dépistage plus actif peut jouer un rôle dans l'augmentation de l'incidence, mais il n'explique probablement pas la totalité de ce changement.

  • Brute
  • Ajustée

Incidence brute des six cancers les plus fréquemment diagnostiqués (à l'exclusion des cancers de la peau non-mélanomes) chez les hommes, Belgique, 2006-2017
Source : Registre belge du cancer [1]

Incidence ajustée pour l'âge des six cancers les plus fréquemment diagnostiqués (à l'exclusion des cancers de la peau non-mélanomes) chez les hommes, Belgique, 2006-2017
Source : Registre belge du cancer [1]; Ajustement pour l'âge basé sur la population standard européenne.

  • Brute
  • Ajustée

Incidence brute des six cancers les plus fréquemment diagnostiqués (à l'exclusion des cancers de la peau non-mélanomes) chez les femmes, Belgique, 2006-2017
Source : Registre belge du cancer [1]

Incidence ajustée pour l'âge des six cancers les plus fréquemment diagnostiqués (à l'exclusion des cancers de la peau non-mélanomes) chez les femmes, Belgique, 2006-2017
Source : Registre belge du cancer [1]; Ajustement pour l'âge basé sur la population standard européenne.

Comparaisons internationales

L’incidence brute du cancer pour 100 000 est plus élevée en Belgique que la moyenne des pays de l’UE-15, tant chez les hommes que chez les femmes. Par rapport aux pays ayant les taux d'incidence les plus faibles, l'incidence pour 100 000 en Belgique est de 35% supérieure chez les hommes et de 46% supérieure chez les femmes.

Les comparaisons internationales doivent être interprétées avec prudence compte tenu de la grande hétérogénéité des méthodes de collecte de données en fonction des pays (registres ou systèmes de notification), impliquant différents niveaux de précision. Les données de la Grèce et de l’Espagne n’étaient pas disponibles.

  • Hommes
  • Femmes

Incidence brute du cancer pour 100 000 hommes, pays de l'UE-15, 2015 ou l'année la plus proche
Source : Base de données ‘Health for All’ de l'OMS-EURO [2]

Incidence brute du cancer pour 100 000 femmes, pays de l'UE-15, 2015 ou l'année la plus proche
Source : Base de données ‘Health for All’ de l'OMS-EURO [2]

4. Prévalence du cancer

331.776 personnes (3% de la population belge totale) étaient en vie à la fin de 2013 après avoir reçu un diagnostic de cancer (hors cancer de la peau non mélanome) entre 2004 et 2013. Ce nombre comprenait 161.166 hommes et 170.610 femmes. La prévalence brute pour 100.000 habitants était la plus élevée en Région flamande, tandis que la prévalence ajustée pour l'âge était la plus élevée en Région wallonne.

Le cancer de la prostate était le cancer le plus répandu chez les hommes (67.892 cas, soit 1,2% de la population masculine totale en Belgique). Chez les femmes, le cancer du sein était le cancer le plus répandu (80.099 cas, soit 1,4% de la population féminine totale en Belgique). Fin 2013, 45 109 personnes étaient encore en vie après avoir reçu un diagnostic de cancer colorectal au cours des 10 dernières années.

L'information sur la prévalence du cancer donne une image différente de l'information sur l'incidence du cancer. En effet, la prévalence du cancer dépend de l'incidence et de la survie du cancer, et cette dernière est très différente d'un cancer à l'autre. Le cancer du poumon, par exemple, a un faible taux de survie, de sorte que peu de survivants seront présents lors des années suivant la découverte du cancer, et malgré l'incidence élevée, la prévalence sera assez basse. Par contre, les taux d'incidence et de survie des cancers de la prostate et du sein sont élevés, ce qui explique leur prédominance dans les estimations de prévalence.

  • Hommes
  • Femmes

Cancers les plus prévalents à dix ans (en chiffres absolus) chez les hommes, Belgique, 2013
Source : Cancer burden in Belgium [3]

Cancers les plus prévalents à dix ans (en chiffres absolus) chez les femmes, Belgique, 2013
Source : Cancer burden in Belgium [3]

5. En savoir plus

Voir les métadonnées de ces indicateurs.

Définitions

UE-15
L’UE-15 (ou Union européenne des Quinze voire Europe des Quinze) correspond à l’ensemble des pays qui appartenaient à l’Union européenne entre 1995 et 2004 : Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni et Suède. Nous comparons l'état de santé de la Belgique à celui de l'UE-15, car ces pays ont des conditions socio-économiques similaires.
Incidence standardisée pour l’âge
Le taux d'incidence ajusté pour l'âge est une moyenne pondérée des taux individuels par âge en utilisant comme poids la distribution des âges dans une population standard externe. Ici, la population standard européenne est utilisée comme population standard. C'est l'incidence qui serait observée si la population avait la structure par âge de la population standard. Comme l'âge a une forte influence sur le risque de survenue d’un cancer, cette standardisation est nécessaire lorsque l'on compare plusieurs populations dont la structure d'âge diffère.
Incidence brute
Le taux d'incidence brut est calculé en divisant le nombre de nouveaux cas observés au cours d'une période donnée par le nombre correspondant de personnes dans la population à risque. Le taux brut est exprimé en nombre de nouveaux cas par 100 000 personnes-années.
Prévalence à 10 ans
La prévalence à dix ans a été estimée pour la date du 31 décembre 2013 ; cet indicateur représente le nombre de personnes résidant en Belgique ayant reçu (au moins) un diagnostic de cancer invasif entre le 1er janvier 2004 et le 31 décembre 2013 et qui étaient encore en vie à la fin 2013. Les personnes présentant plus d'une tumeur maligne ont été incluses comme cas prévalents pour chaque type de cancer, mais n'ont été comptées qu'une seule fois dans l'analyse regroupant plusieurs sites tumoraux.

Références

  1. Belgian Cancer Registry. https://kankerregister.org/
  2. Health For All Database. WHO EURO. https://gateway.euro.who.int/en/datasets/european-health-for-all-database/
  3. Cancer burden in Belgium 2004-2013, Belgian Cancer Registry, Brussels 2015. https://kankerregister.org/media/docs/publications/BCR_publicatieCancerBurden2016_web160616.pdf

Diabète

1. Messages clés

En 2017, 6,1% des Belges vivaient avec un diagnostic de diabète. Cependant, plus d'un tiers des personnes diabétiques ne savent pas qu'elles sont atteintes de la maladie, ce qui porte la prévalence réelle estimée du diabète à 10%.
La prévalence du diabète augmente avec le temps en raison à la fois du vieillissement de la population et d'une augmentation réelle du risque de développer la maladie.
Le risque de développer un diabète est plus élevé en Wallonie et à Bruxelles qu'en Flandre, et il est plus élevé chez les personnes ayant un statut socio-économique inférieur. Les différences socio-économiques sont particulièrement marquées en ce qui concerne la prévalence du diabète méconnu ou insuffisamment contrôlé.

2. Introduction

Le diabète est une maladie caractérisée par des taux de glycémie élevés de façon récurrente. S'il n'est pas traité, le diabète peut causer des complications à long terme comme des ulcères du pied, des lésions oculaires, des maladies rénales chroniques et des maladies cardiovasculaires. L'alimentation et l'exercice physique sont des éléments importants dans la prise en charge du diabète, mais dans un grand nombre de cas un traitement médicamenteux sera également nécessaire.

Il existe trois principaux types de diabète :

  • Le diabète de type 1, résultant d'une destruction auto-immune des cellules bêta productrices d'insuline dans le pancréas ;
  • Le diabète de type 2, dû à une utilisation inefficace de l’insuline par l’organisme, et principalement causé par une surcharge pondérale combinée à un manque d'exercice physique ; et
  • Le diabète gestationnel, survenant chez les femmes enceintes sans antécédents de diabète.

En l'absence d'un registre exhaustif du diabète, la présence dans les bases de données médico-administratives d’une nomenclature référant à l'utilisation d'un traitement antidiabétique ou à la prise en charge du diabète est considérée comme une bonne estimation de la prévalence du diabète diagnostiqué.

Des informations exhaustives sur les médicaments antidiabétiques et sur la nomenclature relative au diabète sont fournies par l'Agence InterMutualiste (IMA-AIM), une plate-forme qui collecte et analyse les données des sept caisses d'assurance maladie belges. Les données IMA-AIM sont, entre autres, mises à disposition par le biais de l'Atlas IMA-AIM [1].

Dans la base de données IMA-AIM, la prévalence du diabète est estimée sur base du nombre de personnes assurées ayant reçu des antidiabétiques (code ATC A10), ou dont la prise en charge fait référence à une nomenclature liée au diabète (convention diabétique, suivi du diabète, trajectoire de soins). Les femmes qui ont accouché au cours de l'année de référence sont exclues afin d'exclure le diabète gestationnel.

Les caractéristiques socio-économiques sont rares dans la base de données IMA-AIM. Le statut d’"assuré ayant droit à une indemnité majorée" est le seul indicateur indirect disponible, et il n'a que deux valeurs, oui ou non. Les personnes à faible revenu ou présentant des caractéristiques médicales spécifiques telles que l'invalidité ont droit à une indemnisation majorée.

Comme le diabète est une maladie à déclenchement insidieux, de nombreux cas ne sont pas encore diagnostiqués. Des informations sur la prévalence du diabète non diagnostiqué sont disponibles dans la première édition de l'Enquête belge de santé par examen 2018 (BELHES) [2], qui vise à collecter des indicateurs objectifs sur la santé de la population dans un échantillon représentatif de personnes de 18 ans et plus. Dans la BELHES, la prévalence du diabète est estimée à partir de la mesure dans les échantillons sanguins de la glycémie à jeun et de l'hémoglobine glyquée. Ces données sont également liées aux données auto-déclarées sur le diabète de l'Enquête de santé par interview [3].

3. Prévalence du diabète

Belgique

En 2017, 6,1% des Belges vivaient avec un diagnostic de diabète selon la base de données IMA-AIM. La prévalence du diabète augmente avec l'âge et est plus élevée chez les hommes, en particulier dans les groupes plus âgés. Plus d'un tiers des diabétiques ne savent pas qu'ils sont atteints de la maladie. Si l'on tient compte des cas non-diagnostiqués, la prévalence du diabète estimée par la BELHES est de 10%.

La BELHES révèle aussi que 5% de la population ignore être atteinte d’un diabète ou souffre d’un diabète mal contrôlé. Parmi les patients qui prennent des antidiabétiques, 18% ne sont pas bien contrôlés.

Prévalence du diabète selon l'âge et le sexe, Belgique, 2017
Source : Atlas IMA-AIM [1]

Tendances et différences régionales

La prévalence du diabète est plus élevée en Wallonie et plus faible en Flandre, malgré l'âge relativement plus élevé de la population flamande. La prévalence relativement faible du diabète à Bruxelles résulte de la structure d'âge jeune de cette population. En effet, après ajustement pour l’âge, la prévalence du diabète à Bruxelles devient supérieure à la moyenne belge En Wallonie, il y a plus de personnes qui ignorent être atteintes de diabète que dans les deux autres régions.

De 2007 à 2017, la prévalence du diabète a augmenté dans les trois régions, en partie à cause du vieillissement de la population, mais aussi à cause d’une augmentation réelle du risque de développer la maladie.

  • Brute
  • Standardisée pour l'âge

Prévalence brute du diabète en Belgique et dans ses régions, 2007-2017
Source : Atlas IMA-AIM [1]

Prévalence du diabète standardisée pour l'âge, Belgique et régions, 2007-2017
Source : Calculs des auteurs basés sur l'Atlas IMA-AIM [1]

Différences socio-économiques

Le risque de développer le diabète est presque deux fois plus élevé chez les personnes qui bénéficient d’une indemnisation majorée que chez celles dont le statut d'indemnisation est normal. La prévalence du diabète a augmenté de façon similaire dans les deux groupes.

Selon la BELHES, les personnes ayant un faible niveau d'éducation sont significativement plus susceptibles de souffrir de diabète ignoré ou mal contrôlé que les personnes ayant un niveau d'éducation supérieur (RR=3,6, ajusté pour l'âge et le sexe). Cela pourrait indiquer qu'il existe des inégalités socio-économiques dans le dépistage et le suivi du diabète.

Prévalence du diabète normalisée selon l'âge selon le statut d'indemnisation, Belgique, 2017
Source : Calculs des auteurs basés sur l'Atlas IMA-AIM [1]

4. En savoir plus

Voyez les métadonnées pour ces indicateurs

Définitions

Prévalence standardisée pour l'âge
L'âge ayant une influence importante sur le risque de diabète, il est nécessaire de gommer d’éventuelles différences dans les structures d’âge quand on compare des populations, ou pour mesurer des évolutions dans le temps. Cette correction pour l’âge s’appelle ‘ajustement’ ou ‘standardisation’. Le taux de prévalence ajusté (ou standardisé) pour l'âge se calcule par la moyenne pondérée des taux de prévalence spécifiques par âge, en utilisant comme « poids » la proportion de chaque groupe d’âge d’une population de référence (appelée population standard). C'est le taux (d’incidence ou de prévalence) qui serait observé si la population avait la structure d'âge de cette population standard. Ici, la population belge de 2013 est utilisée comme population standard.
Bénéficiaires de l'intervention majorée
Les personnes à faible revenu ou atteinte de handicap bénéficient d’intervention majorée de la part de l’assurance maladie. En conséquence, ils paient moins pour les soins de santé. À l’heure actuelle, c’est la seule variable disponible dans l’atlas IMA-AIM permettant d’approcher le statut socio-économique.

Références

  1. InterMutualistic Agency Atlas. http://atlas.aim-ima.be/base-de-donnees
  2. Belgian Health Examination Survey (BELHES), Sciensano 2018. https://his.wiv-isp.be
  3. Belgian Health Interview Survey (BHIS), Sciensano, 1997-2018. https://his.wiv-isp.be