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Diseases

10% of the population is diagnosed with diabetes, and 67 820 new cancer diagnoses are made.

Santé mentale

1. Messages clés

De nombreux indicateurs semblent indiquer une détérioration de la santé mentale et du bien-être émotionnel dans la population belge adulte entre 2008 et 2013. Le pourcentage de personnes ayant des sentiments dépressifs, des troubles anxieux ou de sérieux troubles du sommeil a fortement augmenté. Un plus grand nombre de personnes déclarent avoir eu des idées suicidaires, toutefois le nombre de tentatives de suicide déclarées est resté constant. Parallèlement, on constate une augmentation parallèle de l'utilisation des antidépresseurs mais pas des somnifères / tranquillisants.
En général, les indicateurs de santé mentale et de bien-être émotionnel semblent meilleurs en Région flamande que dans les deux autres régions du pays.
À l'exception des indicateurs de comportements suicidaires, tous les indicateurs liés à des problèmes psychologiques sont plus fréquents chez les femmes que chez les hommes. Les femmes âgées de 15 à 24 ans, où l'on observe une augmentation significative des troubles dépressifs et anxieux, semblent constituer un point d'attention important.
Tous les indicateurs de santé mentale examinés présentent des inégalités socio-économiques : les troubles émotionnels, les comportements suicidaires et l'utilisation de médicaments psychotropes sont plus fréquents dans les groupes les moins instruits que dans les plus instruits.

2. Introduction

La santé mentale est la capacité de chacun de nous à ressentir, penser et agir de manière à améliorer notre capacité à profiter de la vie et à faire face aux défis qui nous attendent. C'est un sentiment positif de bien-être émotionnel et spirituel qui respecte l'importance de la culture, de l'équité, de la justice sociale, des interconnexions et de la dignité personnelle [1]. En raison de la fréquence élevée des problèmes de santé mentale dans les sociétés occidentales et de l'importance de leurs coûts en termes humains, sociaux et économiques, la santé mentale est désormais considérée comme une priorité de santé publique.

En Belgique, l’enquête de santé par interview est l’une des principales sources de données systématiques sur les paramètres de santé mentale de la population générale âgée de 15 ans et plus [2]. Parmi les différentes dimensions de la santé mentale qui sont mesurées dans cette enquête, nous nous sommes concentrés sur les indicateurs suivants :

  • Indicateurs de problèmes psychologiques spécifiques, basés sur l'instrument psychométrique SCL-90-R (Checklist de Symptômes)
  • Indicateurs concernant les pensées et les tentatives de suicide
  • Indicateurs concernant l’utilisation de médicaments psychotropes

Toutefois, l'évaluation des problèmes de santé mentale dans la population par le biais d'une enquête de santé présente des limites : en effet, la classification des problèmes à partir de ce type d’enquête est réalisée avec des outils de dépistage de problèmes psychologiques et est basée sur les déclarations des personnes elles-mêmes ; elle n’est donc pas obtenue à l’aide d’outils de diagnostic clinique, souvent plus nuancés. Néanmoins, les résultats des enquêtes de santé générale concordent souvent avec ceux de certaines enquêtes sur la santé mentale.

3. Troubles psychologiques

L'évaluation de troubles psychologiques spécifiques a indiqué qu'en 2013, 15% de la population de plus de 15 ans souffrait de troubles dépressifs, 10% de troubles anxieux et 30% de troubles graves du sommeil. Par rapport aux enquêtes précédentes, la prévalence des trois types de désordres a considérablement augmenté, tant au niveau national que régional. Les trois troubles sont moins fréquents en Région flamande qu’en Région wallonne, et c’est à Bruxelles que leur fréquence est la plus élevée.

  • Troubles dépressifs
  • Troubles anxieux
  • Problèmes de sommeil

Prévalence des troubles dépressifs (population de 15 ans et plus), Belgique et Régions, 2001-2013
Source : Calculs des auteurs basés sur les Enquêtes de Santé, Sciensano, 2001-2013 [2]

Prévalence des troubles anxieux (population de 15 ans et plus), Belgique et Régions, 2001-2013
Source : Calculs des auteurs basés sur les Enquêtes de Santé, Sciensano, 2001-2013 [2]

Prévalence de problèmes de sommeil sérieux (population de 15 ans et plus), Belgique et régions, 2001-2013
Source : Calculs des auteurs basés sur les Enquêtes de Santé, Sciensano, 2001-2013 [2]

Ces trois troubles psychologiques sont plus fréquents chez les femmes que chez les hommes. Les troubles dépressifs et anxieux sont fréquents dans tous les groupes d'âge, tandis que la prévalence des troubles du sommeil augmente avec l'âge. Une des préoccupations majeures sont les tendances récentes chez les jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans, avec une forte augmentation de la prévalence des troubles dépressifs (de 7% en 2008 à 21% en 2013) et des troubles anxieux (de 5% en 2008 à 15% en 2013).

  • Troubles dépressifs
  • Troubles anxieux
  • Problèmes de sommeil

Prévalence des troubles dépressifs selon l'âge et le sexe, Belgique, 2013
Source : Enquête de Santé, Sciensano, 2013 [2]

Prévalence des troubles anxieux selon l'âge et le sexe, Belgique, 2013
Source : Enquête de Santé, Sciensano, 2013 [2]

Prévalence de problèmes de sommeil sérieux, selon l'âge et le sexe, Belgique, 2013
Source : Enquête de Santé, Sciensano, 2013 [2]

Les troubles psychologiques sont plus fréquents dans le groupe le moins scolarisé que dans les groupes plus scolarisés.

Prévalence des troubles psychologiques par niveau d'instruction (population de 15 ans et plus), Belgique, 2013
Source : Calculs des auteurs basés sur l'Enquête de Santé, Sciensano, 2013 [2]

4. Idées suicidaires et tentatives de suicide

La proportion de personnes (âgées de 15 et plus) déclarant avoir eu des pensées suicidaires (au cours de leur vie ou récemment) a augmenté entre 2008 et 2013. En revanche, le pourcentage de personnes qui rapportent avoir tenté de se suicider (au cours de toute leur vie ou récemment) n’a pas évolué. En 2013, 5% de la population a déclaré avoir sérieusement envisagé de se suicider au cours des 12 derniers mois et 0,4% ont effectivement tenté de se suicider au cours de cette période. 4% de la population âgée de 15 ans et plus ont signalé au moins une tentative de suicide au cours de leur vie.

En Région flamande, les chiffres sont plus favorables que dans les deux autres régions du pays pour les pensées et tentatives de suicide au cours de la vie, mais ces différences régionales ne sont pas observées pour les tentatives et les idées suicidaires récentes (<12 mois).

  • Idées suicidaires
  • Tentatives de suicide

Prévalence d’idées suicidaires au cours des 12 derniers mois (population de 15 ans et plus), Belgique et régions, 2008-2013
Source : Calculs des auteurs basés sur les Enquêtes de Santé, Sciensano, 2008-2013 [2]

Prévalence des tentatives de suicide au cours de la vie (population de 15 ans et plus), Belgique et régions, 2004-2013
Source : Calculs des auteurs basés sur les Enquêtes de Santé, Sciensano, 2004-2013 [2]

Les pensées et tentatives suicidaires récentes sont aussi courantes chez les hommes que chez les femmes. En revanche, plus de femmes que d'hommes déclarent avoir tenté de mettre fin à leurs jours au moins une fois dans leur vie.

Les fréquences de pensées et tentatives de suicide (au cours de la vie ou récentes) ne montrent pas de tendance claire en fonction de l'âge. Bien que les personnes âgées (75 ans et plus) signalent moins de pensées et de tentatives de suicide, cela différe avec le nombre de suicides effectifs qui est élevé chez les personnes les plus âgées, en particulier chez les hommes.

  • Idées suicidaires
  • Tentatives de suicide

Prévalence d’idées suicidaires au cours des 12 derniers mois (population de 15 ans et plus), par âge et par sexe, Belgique, 2013
Source : Enquête de Santé, Sciensano, 2013 [2]

Prévalence des tentatives de suicide au cours de la vie selon l'âge et le sexe, Belgique, 2013
Source : Enquête de Santé, Sciensano, 2013 [2]

Les pensées suicidaires (au cours de la vie, ou récentes) ne sont pas liées au niveau d'éducation, mais la transition à l'acte pourrait l’être : en effet, la proportion de personnes ayant tenté de se suicide est plus faible dans le groupe le plus instruit. Toutefois, il faut être prudent dans l’interprétation, puisque ces chiffres n’incluent que les tentatives n’ayant pas abouti.

Prévalence des idées suicidaires récentes et tentatives de suicide au cours de la vie, par niveau d'instruction, Belgique, 2013
Source : Calculs des auteurs basés sur l'Enquête de Santé, Sciensano, 2013 [2]

5. Consommation de médicaments psychotropes

En 2013, 16% de la population (de 15 ans et plus) a déclaré avoir utilisé l'un des médicaments suivants au cours des deux semaines précédant l'enquête (parfois en combinaison) : somnifères ou tranquillisants (13%) et antidépresseurs (8%).

L'utilisation de médicaments psychotropes est plus élevée en Région wallonne (19%) qu'à Bruxelles (13%) et en Flandre (16%). Cette différence s’explique principalement par le recours accru aux antidépresseurs en Région wallonne (respectivement 9,5% contre 6,9% et 6,7% à Bruxelles et en Flandre).

Au cours de la période 1997-2013, l'utilisation de somnifères ou de tranquillisants a tout d'abord augmenté dans les trois régions après standardisation pour l’âge. Après 2004, il est resté constant parmi les résidents de la région flamande et, à partir de 2008, il a même diminué dans les régions de Bruxelles et de Wallonie. L'utilisation d'antidépresseurs, par contre, montre une tendance à la hausse dans les trois régions du pays. Pour l'ensemble de la Belgique, après standardisation pour l’âge, l'utilisation des antidépresseurs a presque doublé sur une période de 15 ans (passant de 4,2% en 1997 à 7,7% en 2013).

  • Somnifères ou tranquillisants
  • Antidépresseurs

Consommation de somnifères ou de tranquillisants (population âgée de 15 ans et plus), Belgique et régions, 1997-2013
Source : Calculs des auteurs basés sur les Enquêtes de Santé, Sciensano, 1997-2013 [2]

Consommation d’antidépresseurs (population âgée de 15 ans et plus), Belgique et régions, 1997-2013
Source : Calculs des auteurs basés sur les Enquêtes de Santé, Sciensano, 1997-2013 [2]

Proportionnellement, les femmes utilisent des médicaments psychotropes plus souvent que les hommes (20% versus 12%,). La différence entre les sexes est particulièrement évidente pour l'utilisation de somnifères ou de tranquillisants (16% contre 10%), mais également pour l'utilisation d'antidépresseurs (9,5% contre 5,6%).

L'utilisation de médicaments psychotropes était également beaucoup plus fréquente après 45 ans, en particulier dans le groupe d'âge le plus âgé. Cette augmentation avec l'âge était plus prononcée chez les femmes que chez les hommes.

  • Somnifères ou tranquillisants
  • Antidépresseurs

Consommation de somnifères ou de tranquillisants par âge et sexe, Belgique, 2013
Source : Enquête de Santé, Sciensano, 2013 [2]

Consommation d’antidépresseurs par âge et sexe, Belgique, 2013
Source : Enquête de Santé, Sciensano, 2013 [2]

L'utilisation de médicaments psychotropes, quels qu'ils soient, présente un gradient très clair en fonction du niveau d’instruction, et est plus courante chez les personnes moins scolarisées.

Consommation de médicaments psychotropes par niveau d’instruction, Belgique, 2013
Source : Calculs des auteurs basés sur l'Enquête de Santé, Sciensano, 2013 [2]

6. En savoir plus

Voir les métadonnées de ces indicateurs

HISIA: Analyse interactive de l'enquête de santé belge par interview

Définitions

Symptom Checklist-90-Revised
La « Symptom Checklist-90-Revised » (SCL-90-R) a été utilisée pour évaluer les troubles psychologiques. Il examine la symptomatologie actuelle de la personne (au cours de la semaine écoulée). D'un point de vue technique, les sous-échelles de SCL-90-R correspondent à différents troubles dérivés d'une structure factorielle. C'est un instrument qui a des critères psychométriques acceptables et qui est couramment utilisé dans les études de population générale. Les sous-échelles incluses dans l’Enquête de Santé 2013 se limitent aux troubles dépressifs, aux troubles anxieux et aux troubles du sommeil.

Références

  1. https://www.canada.ca/en/public-health/services/health-promotion/mental-health/mental-health-promotion.html
  2. Health Interview Survey, Sciensano, 1997-2013. https://his.wiv-isp.be/

Vue d'ensemble

1. Messages clés

En 2018, 29% des Belges âgés de 15 ans et plus déclarent vivre avec une maladie chronique. Ce pourcentage augmente fortement avec l'âge: 44% de la population de plus de 75 ans déclare vivre avec une maladie chronique. La prévalence des maladies chroniques est plus élevée chez les femmes (31%) que chez les hommes (27%).
Les maladies chroniques les plus fréquemment signalées dans la population sont les lombalgies, l'hypertension, les allergies, l'arthrose, l'hypercholestérolémie et les cervicalgies. La prévalence des maladies chroniques les plus fréquentes a augmenté entre 1997 et 2018.
Les personnes moins instruites souffrent généralement plus souvent de maladies chroniques.
La prévalence de la multimorbidité a augmenté depuis 1997, principalement à cause du vieillissement de la population

2. Introduction

Les maladies non transmissibles (MNT) sont des affections ou des problèmes médicaux qui ne sont pas causés par des agents infectieux. Les maladies / affections chroniques sont définies par leur nature de longue durée. La plupart des MNT étant également des maladies chroniques, les deux termes sont parfois utilisés comme synonymes. En réalité, ce n'est pas tout à fait vrai: certaines MNT peuvent être aiguës, par exemple l'infarctus du myocarde, et certaines maladies chroniques peuvent être causées par des agents infectieux (par exemple, le cancer du col de l'utérus ou la tuberculose). Néanmoins, pour simplifier, le terme « maladie chronique » sera utilisé ici comme synonyme de MNT.

Les maladies chroniques représentent de loin les principales causes de mortalité (générale et prématurée). En outre, ils constituent également l’un des problèmes de santé susceptibles d’avoir le plus d’impact sur la qualité de vie, en particulier chez les personnes âgées. Enfin, les maladies chroniques constituent l’une des principales raisons de l’utilisation des services de soins de santé. En particulier chez les personnes âgées, plusieurs maladies chroniques peuvent être présentes simultanément. Ce phénomène, appelé multimorbidité, a un impact considérable sur l’état fonctionnel et la qualité de vie de la population. Elle entraîne également une augmentation de la consommation de soins de santé et un risque plus élevé de complications en raison d'une utilisation accrue de médicaments, et nécessite donc une importante mobilisation de ressources.

La plupart des principales maladies chroniques peuvent être évitées, par exemple en adoptant des politiques qui favorisent un mode de vie plus sain, un meilleur environnement et facilitent l'accès aux soins de santé. Les informations sur la fréquence des maladies non transmissibles constituent donc des indicateurs importants du niveau de (mauvaise) santé dans la population.

L’enquête de santé par interview (HIS) est l’une des sources d’information importante en Belgique sur la prévalence des maladies chroniques dans la population. L'avantage de cette source est qu'elle prend également en compte les personnes qui ont rarement, ou jamais recours aux infrastructures de soins de santé. Les résultats sont pondérés de manière à correspondre le plus possible à la structure de la population. C'est donc un outil précieux pour obtenir des informations représentatives sur la prévalence des maladies chroniques au niveau de la population (pour l'ensemble du pays ou au niveau régional) et pour suivre cette prévalence au fil du temps. Toutefois, les résultats doivent être interprétés avec prudence, car les informations sont auto-déclarées et reflètent donc des perceptions individuelles de la santé qui peuvent différer de l'état de santé réel. En effet, il n'est pas exclu que certaines personnes signalent erronément une maladie, par manque de connaissances ou parce que la maladie est perçue comme non-acceptable socialement.

Dans la HIS de 2018, des questions ont été posées sur la présence de maladie chronique/ affection/handicap en général, et sur la présence de 38 maladies chroniques spécifiques. Dans le cadre des enquêtes de santé par interview, l’estimation de la multimorbidité est basée sur la présence simultanée d'au moins deux des six maladies chroniques suivantes: maladie cardiaque, maladie respiratoire chronique, diabète, cancer, arthrite et/ou arthrose et hypertension.

Dans ce feuillet, nous décrivons uniquement les maladies auto-rapportées dans l’enquête de santé. En Belgique, d'autres sources sont disponibles sur la prévalence des maladies chroniques, comme les registres spécifiques, les réseaux de médecins généralistes ou les bases de données de l'assurance maladie par exemple, et seront abordées dans d’autres feuillets. La prévalence des maladies chroniques étant fortement liée à l'âge, les comparaisons dans le temps ou entre les régions ont été effectuées après correction pour la structure par âge (ajustement sur l'âge). L'ajustement a été effectué en utilisant la standardisation directe basée sur la population belge de 2018 comme référence. La pondération liée au design de l’enquête HIS a été prise en compte lors du calcul des taux standardisés.

3. Prévalence des maladies chroniques

Belgique

En 2018, 29,3% de la population âgée de 15 ans ou plus a déclaré souffrir d’au moins une maladie chronique. Ce pourcentage augmente considérablement avec l’âge, allant de 14,1% chez les jeunes de 15 à 24 ans jusque 44,1% chez les 75 ans ou plus.

La prévalence des maladies chroniques est significativement plus élevée chez les femmes (31,3%) que chez les hommes (27,2%).

Proportion de la population déclarant souffrir de maladie chronique, par âge et par sexe, Belgique, 2018
Source : Enquête de santé par interview, Sciensano, 2018 [1]

Tendances et disparités régionales

Entre 2001 et 2018, le pourcentage de personnes déclarant souffrir d’une maladie chronique est passé de 25,1% à 29,3% (+17%). Cette augmentation est partiellement due au vieillissement de la population, mais pas entièrement car après ajustement en fonction de l’âge, l’augmentation de la prévalence persiste.

On observe des disparités entre les régions : le pourcentage (ajusté pour l’âge) des maladies chroniques auto-rapportées est plus élevé en région wallonne (32,6%) que dans les régions flamande et bruxelloise (respectivement 26,9% et 30,5%). En région bruxelloise, la prévalence brute des maladies chroniques auto-rapportées est passée sous la moyenne nationale. Ce n’est pas le cas après ajustement pour l’âge, ce qui suggère un effet de la structure d’âge plus jeune de la population en région bruxelloise.

  • En région flamande, le pourcentage des maladies chroniques a significativement augmenté, passant de 20,6% à 27,6% entre 2001 et 2018 (+34%). Cette augmentation persiste après ajustement pour l’âge, toutefois dans une moindre mesure (+22%).
  • En région bruxelloise, le pourcentage ajusté pour l’âge de personnes déclarant vivre avec une maladie chronique a diminué de manière significative entre 2013 et 2018, passant de 34,3% à 30,5%.
  • En région wallonne, la prévalence (brute et ajustée pour l’âge) des personnes déclarant souffrir d’une maladie chronique est globalement stable depuis 2001.
  • Brute
  • Ajusté pour l'âge

Proportion brute de la population déclarant souffrir de maladie chronique, Belgique et régions, 2001-2018
Source : Enquête de santé par interview, Sciensano, 2001-2018 [1]

Proportion (après ajustement pour l’âge) de la population déclarant souffrir de maladies chroniques, Belgique et régions, 2001-2018
Source : Calculs des auteurs basés sur l'Enquête de santé par interview, Sciensano, 2001-2018 [1]

Disparités socio-économiques

Le pourcentage des personnes déclarant souffrir d’une maladie chronique est plus élevé chez les personnes ayant le niveau d’éducation le plus bas (40,8%) que chez les personnes dont le niveau d’instruction est plus élevé. De même, les personnes qui ont un niveau d’éducation du secondaire (inférieur ou supérieur), déclarent plus souvent vivre avec une maladie chronique que les personnes ayant le niveau d’instruction le plus élevé (27,3%).

Proportion de la population déclarant souffrir de maladie chronique, par niveau d’éducation, Belgique, 2018
Source : Calculs des auteurs basés sur l'Enquête de santé par interview, Sciensano, 2018 [1]

4. Multimorbidité

Belgique

En Belgique, en 2018, 15,2% des personnes de plus de 15 ans ont déclaré souffrir d'au moins deux des MNT suivantes au cours de l'année: maladie cardiaque, maladie respiratoire chronique, diabète, cancer, arthrite et/ou arthrose et hypertension. Ce pourcentage augmente fortement avec l’âge, passant de 0,8% chez les 15-24 ans à 41,8% pour le groupe des 75 ans. Les femmes déclarent vivre plus souvent avec plusieurs affections chroniques, mais après ajustement pour l'âge, cette différence n'est pas statistiquement significative.

Proportion de la population souffrant de multimorbidité, par âge et sexe, Belgique, 2018
Source : Enquête de santé par interview, Sciensano, 2018 [1]

Tendances et disparités régionales

Entre 1997 et 2018, le pourcentage brut de personnes déclarant souffrir de multimorbidité est passé de 8,9% à 15,2%, soit une augmentation de 71%. Si l’on considère les estimations de la prévalence ajustées pour l’âge, l’augmentation est moins importante mais toujours significative (+ 26%), ce qui signifie que cette augmentation est en partie, mais pas seulement, imputable au vieillissement de la population.

En Wallonie et en Flandre, le pourcentage (ajusté pour l’âge) de personnes déclarant vivre avec une multimorbidité est plus élevé (respectivement 17,2% et 14,6%) qu’en région bruxelloise (13,9%), où il a diminué depuis 2013. Cependant cette diminution n'est pas significative.

  • Brute
  • Ajusté pour l'âge

Proportion brute de la population déclarant souffrir de multimorbidité, Belgique et régions, 1997-2018
Source : Enquête de santé par interview, Sciensano, 1997-2018 [1]

Proportion (après ajustement pour l’âge) de la population déclarant souffrir de multimorbidité, Belgique et régions, 1997-2018
Source : Calculs des auteurs basés sur l'Enquête de santé par interview, Sciensano, 1997-2018 [1]

Disparités socio-économiques

Le pourcentage de personnes déclarant vivre avec au moins deux maladies chroniques diminue à mesure que leur niveau d'instruction augmente, passant de 19,8% chez les personnes sans diplôme ou n'ayant qu'une instruction primaire, à 13,3% chez les personnes ayant le plus haut niveau d'instruction.

Proportion de la population déclarant souffrir de multimorbidité, par niveau d’éducation, Belgique, 2018
Source : Calculs des auteurs basés sur l'Enquête de santé par interview, Sciensano, 2018 [1]

5. Principales maladies chroniques

Belgique

Le top 6 des maladies chroniques les plus fréquemment déclarées est identique chez les hommes et les femmes, bien que l'ordre soit différent. Il comprend trois problèmes de l’appareil locomoteur (lombalgies, cervicalgies et arthrose), deux facteurs de risque cardiovasculaires (hypertension artérielle et hypercholestérolémie), et les allergies.

Proportion de personnes qui déclarent souffrir d’une des 20 maladies chroniques les plus fréquemment déclarées, par type de maladie et par sexe, Belgique, 2018
Source : Enquête de santé par interview, Sciensano, 2018 [1]
hsr fr prev slopegraph 2018

Depuis 2013, le top 6 est resté identique chez les hommes. Par contre, chez les femmes, l'hypertension artérielle et l'hypercholestérolémie sont passées des troisième et quatrième rangs aux cinquième et sixième rangs à la place des allergies et des cervicalgies.

L'évolution de la prévalence diffère en fonction de la maladie:

1. La prévalence de certaines maladies chroniques a considérablement augmenté entre 1997 et 2018, notamment l'hypertension artérielle, les lombalgies, les cervicalgies, l'arthrose, le diabète, les troubles thyroïdiens et les allergies. Cette augmentation peut s’expliquer en partie par le vieillissement de la population. Cependant, même après ajustement pour l'âge, cette augmentation reste significative.

  • La prévalence auto-déclarée des troubles thyroïdiens a fortement augmenté, passant de 3,5% en 1997 à 7,0% en 2018 (+ 100%) après ajustement pour l'âge. Cette augmentation n’est pas due au vieillissement de la population.
  • La prévalence auto-déclarée du diabète a augmenté de 67%, passant de 3,6% en 1997 à 6,0% en 2018 après ajustement pour l'âge. Cette augmentation est en partie due au vieillissement de la population.
  • Enfin, la prévalence auto-déclarée des allergies est restée stable entre 1997 et 2013 (13,5% à 14,0%) mais a augmenté en 2018: 18,8%, après ajustement en fonction de l'âge.

2. D'autre part, depuis 2001, la prévalence d'un certain nombre d'autres maladies chroniques a diminué, notamment les maladies coronariennes, la bronchite chronique, les maux de tête et migraines sévères et l'ostéoporose.

  • Brute
  • Ajusté pour l'âge

Proportion de personnes déclarant souffrir de certaines maladies chroniques, Belgique, 1997-2018 Source : Enquête de santé par interview, Sciensano, 1997-2018 [1]

Proportion (ajustée en fonction de l'âge) de personnes déclarant souffrir de certaines maladies chroniques, Belgique, 1997-2018 Source : Calculs des auteurs basés sur l'Enquête de santé par interview, Sciensano, 1997-2018 [1]

Disparités régionales

On observe en général des différences régionales très limitées en ce qui concerne la fréquence des maladies chroniques étudiées. Cependant, les différences suivantes sont observées:

  • Les arthroses et les troubles thyroïdiens sont plus fréquents dans les régions wallonne et flamande que dans la région bruxelloise, même après ajustement pour l'âge.
  • L'hypertension artérielle est plus fréquemment déclarée en région wallonne que dans les deux autres régions, après ajustement pour l'âge.

Disparités socio-économiques

Le niveau d'éducation a été utilisé ici comme indicateur du statut socio-économique et ce dernier s’avère être un des principaux déterminants en ce qui concerne les maladies chroniques. La plupart des maladies chroniques étudiées dans le cadre de l’Enquête de santé par interview surviennent plus fréquemment chez les personnes avec un faible niveau d’éducation. Ceci s'applique en particulier aux maladies chroniques graves telles que les pathologies cardiovasculaires, le diabète et les maladies respiratoires chroniques. L’allergie constitue cependant une exception, car elle est plus fréquente chez les personnes avec un niveau d’éducation élevé.

6. En savoir plus

Voir les métadonnées de ces indicateurs

HISIA: Analyse interactive de l'enquête de santé belge par interview

Définitions

Maladies chroniques
Dans le cadre de l'enquête de santé par interview en Belgique, une question globale est posée sur la présence d'une ou plusieurs maladies chroniques, affections chroniques ou handicaps, sans préciser la nature de la maladie, de l'affection ou du handicap. Par souci de simplicité, cet indicateur est appelé dans le présent rapport « maladie chronique ».
Maladies non transmissibles
Les maladies non transmissibles (MNT) sont des problèmes médicaux ou des maladies qui ne sont pas causés par des agents infectieux. Bien qu'elles soient parfois désignées sous l’appellation « maladies chroniques », les maladies non transmissibles ne se distinguent que par leur cause non infectieuse, pas nécessairement par leur durée. Certaines maladies chroniques de longue durée peuvent d’ailleurs être dues à des infections.

Références

  1. Health Interview Survey, Sciensano, 1997-2018. https://his.wiv-isp.be/

Cancer

1. Messages clés

En 2016, 68 216 nouveaux diagnostics de cancer (à l'exclusion des cancers de la peau non-mélanomes) ont été établis, parmi lesquels 36 243 nouveaux cas chez les hommes et 31 973 nouveaux cas chez les femmes. Au cours des dix dernières années, le nombre de nouveaux cas de cancer a augmenté tant chez les hommes que chez les femmes, en partie en raison du vieillissement de la population. Après correction pour l'âge, les taux d'incidence n'ont augmenté que chez les femmes. Les taux d'incidence ajustés pour l'âge sont plus élevés en Région wallonne.
En 2016, les cancers de la prostate, du poumon et colorectal chez les hommes et les cancers du sein, colorectal et du poumon chez les femmes étaient les plus fréquemment diagnostiqués. Au cours des 10 dernières années, l'incidence du cancer du poumon a augmenté de près de 50% chez les femmes.

2. Introduction

Les cancers constituent un ensemble de maladies caractérisées par une croissance cellulaire anormale avec le potentiel d'envahir ou de se propager à d'autres parties du corps. C'est l'un des groupes de maladies les plus importants en termes de mortalité prématurée, de mauvaise santé et de dépenses de santé. Le cancer peut être causé par des traits génétiques héréditaires, mais la grande majorité des cancers est due à des mutations génétiques liées au mode de vie, au métabolisme et à des facteurs environnementaux.

Les données sur les nouveaux cas de cancer en Belgique sont collectées par le Registre belge du cancer, lequel est exhaustif au niveau national. Il enregistre à la fois les données cliniques et anatomopathologiques. La topographie et la morphologie des cancers sont enregistrées à l'aide de la Classification Internationale des Maladies pour l'Oncologie.

Le nombre total de cas de cancers est habituellement présenté en excluant les cancers de la peau autres que les mélanomes. En effet, même s’ils sont fréquents, ces cancers ne sont généralement pas cliniquement significatifs et leur enregistrement n’est pas bien standardisé, ce qui entrave l’interprétation des chiffres.

3. Incidence du cancer

Incidence globale du cancer

En 2016, 68 216 nouveaux diagnostics de cancer (à l'exclusion des cancers de la peau non-mélanomes) ont été établis, dont 36 243 nouveaux cas chez les hommes et 31 973 nouveaux cas chez les femmes. L'incidence du cancer est clairement associée à l'âge, le plus grand nombre de nouveaux diagnostics sont posés dans le groupe des 65 à 70 ans. Avant l'âge de 60 ans, les cancers sont plus souvent diagnostiqués chez les hommes, tandis que dans les groupes plus âgés, les diagnostics de cancer deviennent plus fréquents chez les femmes.

Nouveaux diagnostics de cancer selon l'âge et le sexe, Belgique, 2016
Source : Registre belge du cancer [1]

Les taux d'incidence bruts sont les plus élevés en Région flamande, tandis que les taux d'incidence standardisés pour l'âge sont les plus élevés en Région wallonne.

Entre 2007 et 2016, les taux bruts d'incidence du cancer ont augmenté tant chez les hommes que chez les femmes en Flandre et en Wallonie. En Région de Bruxelles-Capitale, en revanche, on observe une tendance à la baisse. Ces évolutions sont principalement dues au vieillissement des populations, comme en témoignent les taux d'incidence ajustés selon l'âge ; après l'ajustement selon l'âge, les taux d'incidence sont restés plus ou moins stables chez les hommes (dans toutes les régions), mais ont augmenté chez les femmes en Flandre et en Wallonie, tout en restant stables à Bruxelles.

  • Hommes
  • Femmes

Incidence brute du cancer brut pour 100 000 hommes, Belgique et régions, 2007-2016
Source : Registre belge du cancer [1]

Incidence brute du cancer brut pour 100 000 100 000 femmes, Belgique et régions, 2007-2016
Source : Registre belge du cancer [1]

  • Hommes
  • Femmes

Incidence du cancer ajustée en fonction de l'âge pour 100 000 hommes Belgique et régions, 2007-2016
Source : Registre belge du cancer [1]; Ajustement en fonction de l'âge sur la base de la population standard européenne.

Incidence du cancer ajustée en fonction de l'âge pour 100 000 femmes, Belgique et régions, 2007-2016
Source : Registre belge du cancer [1]; Ajustement en fonction de l'âge sur la base de la population standard européenne.

Incidence par site spécifique

En 2016, le cancer de la prostate et le cancer du sein étaient les cancers les plus fréquemment diagnostiqués chez les hommes et les femmes, respectivement. Le cancer du poumon est le deuxième cancer le plus fréquent chez les hommes et le quatrième chez les femmes ; cependant, chez les femmes, l'incidence du cancer du poumon a augmenté de près de 50 % au cours des dix dernières années, tandis qu'elle est demeurée stable chez les hommes. Les diagnostics de cancer colorectal ont légèrement augmenté tant chez les hommes que chez les femmes et ont marqué un pic en 2014, lorsqu'un programme de dépistage du cancer colorectal a été introduit en Flandre.

  • Hommes
  • Femmes

Incidence des cinq cancers les plus fréquemment diagnostiqués (à l'exclusion des cancers de la peau non mélanomes) chez les hommes, Belgique, 2007-2016
Source : Registre belge du cancer [1]

Incidence des cinq cancers les plus fréquemment diagnostiqués (à l'exclusion des cancers de la peau non mélanomes) chez les femmes, Belgique, 2007-2016
Source : Registre belge du cancer [1]

Comparaisons internationales

L'incidence du cancer pour 100 000 habitants est plus élevée en Belgique que la moyenne de l'UE-15, tant pour les hommes que pour les femmes. Par rapport aux pays ayant les taux d'incidence les plus faibles, l'incidence pour 100.000 habitants en Belgique est de 35% supérieure chez les hommes et de 46% supérieure chez les femmes.

  • Hommes
  • Femmes

Incidence du cancer pour 100 000 hommes, pays de l'UE-15, 2014 ou l'année la plus proche
Source : Base de données ‘Health for All’ de l'OMS-EURO [2]

Incidence du cancer pour 100 000 femmes, pays de l'UE-15, 2014 ou l'année la plus proche
Source : Base de données ‘Health for All’ de l'OMS-EURO [2]

4. Prévalence du cancer

331.776 personnes (3% de la population belge totale) étaient en vie à la fin de 2013 après avoir reçu un diagnostic de cancer (hors cancer de la peau non mélanome) entre 2004 et 2013. Ce nombre comprenait 161.166 hommes et 170.610 femmes. La prévalence brute pour 100.000 habitants était la plus élevée en Région flamande, tandis que la prévalence ajustée pour l'âge était la plus élevée en Région wallonne.

Le cancer de la prostate était le cancer le plus répandu chez les hommes (67.892 cas, soit 1,2% de la population masculine totale en Belgique). Chez les femmes, le cancer du sein était le cancer le plus répandu (80.099 cas, soit 1,4% de la population féminine totale en Belgique). Fin 2013, 45 109 personnes étaient encore en vie après avoir reçu un diagnostic de cancer colorectal au cours des 10 dernières années.

L'information sur la prévalence du cancer donne une image différente de l'information sur l'incidence du cancer. En effet, la prévalence du cancer dépend de l'incidence et de la survie du cancer, et cette dernière est très différente d'un cancer à l'autre. Le cancer du poumon, par exemple, a un faible taux de survie, de sorte que peu de survivants seront présents lors des années suivant la découverte du cancer, et malgré l'incidence élevée, la prévalence sera assez basse. Par contre, les taux d'incidence et de survie des cancers de la prostate et du sein sont élevés, ce qui explique leur prédominance dans les estimations de prévalence.

  • Hommes
  • Femmes

Cancers les plus prévalents à dix ans (en chiffres absolus) chez les hommes, Belgique, 2013
Source : Cancer burden in Belgium [3]

Cancers les plus prévalents à dix ans (en chiffres absolus) chez les femmes, Belgique, 2013
Source : Cancer burden in Belgium [3]

5. En savoir plus

Voir les métadonnées de ces indicateurs.

Définitions

UE-15
L’UE-15 (ou Union européenne des Quinze voire Europe des Quinze) correspond à l’ensemble des pays qui appartenaient à l’Union européenne entre 1995 et 2004 : Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni et Suède. Nous comparons l'état de santé de la Belgique à celui de l'UE-15, car ces pays ont des conditions socio-économiques similaires.
Incidence standardisée pour l’âge
Le taux d'incidence ajusté pour l'âge est une moyenne pondérée des taux individuels par âge en utilisant comme poids la distribution des âges dans une population standard externe. Ici, la population standard européenne est utilisée comme population standard. C'est l'incidence qui serait observée si la population avait la structure par âge de la population standard. Comme l'âge a une forte influence sur le risque de survenue d’un cancer, cette standardisation est nécessaire lorsque l'on compare plusieurs populations dont la structure d'âge diffère.
Incidence brute
Le taux d'incidence brut est calculé en divisant le nombre de nouveaux cas observés au cours d'une période donnée par le nombre correspondant de personnes dans la population à risque. Le taux brut est exprimé en nombre de nouveaux cas par 100 000 personnes-années.
Prévalence à 10 ans
La prévalence à dix ans a été estimée pour la date du 31 décembre 2013 ; cet indicateur représente le nombre de personnes résidant en Belgique ayant reçu (au moins) un diagnostic de cancer invasif entre le 1er janvier 2004 et le 31 décembre 2013 et qui étaient encore en vie à la fin 2013. Les personnes présentant plus d'une tumeur maligne ont été incluses comme cas prévalents pour chaque type de cancer, mais n'ont été comptées qu'une seule fois dans l'analyse regroupant plusieurs sites tumoraux.

Références

  1. Belgian Cancer Registry. https://kankerregister.org/
  2. Health For All Database. WHO EURO. https://gateway.euro.who.int/en/datasets/european-health-for-all-database/  
  3. Cancer burden in Belgium 2004-2013, Belgian Cancer Registry, Brussels 2015. https://kankerregister.org/media/docs/publications/BCR_publicatieCancerBurden2016_web160616.pdf

Diabète

1. Messages clés

En 2016, 6,4% de la population belge était atteinte de diabète. La prévalence du diabète a augmenté au cours du temps en partie à cause du vieillissement de la population, mais aussi à cause d’une augmentation réelle du risque de développer la maladie.
La prévalence du diabète, ajustée pour l’âge, est plus élevée en Wallonie et à Bruxelles qu'en Flandre et est plus élevée chez les personnes à statut précaire (bénéficiaires d'une intervention majorée de l’assurance soins de santé).

2. Introduction

Le diabète est une maladie caractérisée par un excès de sucre dans le sang, mesuré de façon chronique. S'il n'est pas traité, le diabète peut entraîner des complications à long terme telles que des ulcères au pied, des lésions oculaires, une insuffisance rénale chronique et une maladie cardiovasculaire. Un régime antidiabétique et de l'exercice sont des éléments importants de la gestion du diabète, mais dans la plupart des cas, des médicaments antidiabétiques seront également nécessaires.

On distingue trois types principaux de diabète :

  • Diabète de type 1, résultant d'une destruction auto-immune des cellules bêta productrices d'insuline dans le pancréas ;
  • Diabète de type 2, résultant d’une diminution de la sensibilité des cellules à l’action de l’insuline. Le surpoids et une insuffisance d’exercice physique sont de facteurs favorisants ; et
  • Diabète gestationnel chez la femme enceinte sans antécédents de diabète.

L’Agence InterMutualiste (IMA-AIM) – une plateforme qui rassemble les données des sept mutuelles belges - réalise des estimations de la prévalence du diabète en Belgique, et met les résultats à disposition via l'Atlas IMA-AIM [1]. La prévalence du diabète y est estimée par le nombre d'assurés ayant eu des prescriptions d'antidiabétiques (code ATC A10) ou avec une nomenclature se rapportant au diabète (convention diabète, passeport diabète, trajet de soins diabète). Les femmes ayant accouché au cours de l'année étudiée sont exclues des calculs, afin d'exclure le diabète gestationnel.

Les caractéristiques socio-économiques sont peu nombreuses dans la base de données IMA-AIM. Le statut de « bénéficiaire ayant droit à une intervention majorée de l’assurance maladie invalidité » (BIM) est le seul indicateur indirect disponible, et il n'a que deux valeurs (oui ou non). Les personnes ayant un faible revenu ou des caractéristiques médicales spécifiques telles que l'invalidité ont droit à ce statut.

3. Prévalence du diabète

Belgique

En 2016, 6,4% de la population belge était atteinte de diabète. La prévalence du diabète augmente avec l’âge et est plus élevée chez les hommes, en particulier dans les groupes plus âgés.

Prévalence du diabète selon l'âge et le sexe, Belgique, 2016
Source : Atlas IMA-AIM  [1]

Tendances et différences régionales

La prévalence du diabète augmente dans les trois régions du fait du vieillissement de la population et d'une augmentation réelle du risque de développer un diabète. La prévalence (brute) du diabète est la plus élevée en Wallonie et la plus faible en Flandre, malgré la répartition relativement plus âgée de la population flamande. La prévalence relativement faible du diabète à Bruxelles est due à une structure d’âge plus jeune de la population Bruxelloise : après ajustement pour l’âge, la prévalence du diabète à Bruxelles devient supérieure à la moyenne belge (les différences importantes entre la Flandres et la Wallonie persistent après ajustement pour l’âge).

  • Brute
  • Standardisée pour l'âge

Prévalence brute du diabète en Belgique et dans ses régions, 2007-2016
Source : Atlas IMA-AIM  [1]

Prévalence du diabète standardisée pour l'âge, Belgique et régions, 2007-2016
Source : Atlas IMA-AIM  [1]

Différences socio-économiques

La prévalence du diabète (après ajustement pour l’âge) est près de deux fois plus élevé parmi les personnes bénéficiant du statut BIM (intervention majorée) que parmi les personnes bénéficiant d'un statut d'intervention normal. La prévalence du diabète a augmenté de façon similaire dans les deux groupes.

Prévalence du diabète normalisée selon l'âge selon le statut d'indemnisation, Belgique, 2016
Source : Calculs des auteurs basés sur l'Atlas IMA-AIM  [1]

4. En savoir plus

Voyez les métadonnées pour ces indicateurs

Définitions

Prévalence standardisée pour l'âge
L'âge ayant une influence importante sur le risque de diabète, il est nécessaire de gommer d’éventuelles différences dans les structures d’âge quand on compare des populations, ou pour mesurer des évolutions dans le temps. Cette correction pour l’âge s’appelle ‘ajustement’ ou ‘standardisation’. Le taux de prévalence ajusté (ou standardisé) pour l'âge se calcule par la moyenne pondérée des taux de prévalence spécifiques par âge, en utilisant comme « poids » la proportion de chaque groupe d’âge d’une population de référence (appelée population standard). C'est le taux (d’incidence ou de prévalence) qui serait observé si la population avait la structure d'âge de cette population standard. Ici, la population belge de 2013 est utilisée comme population standard.
Bénéficiaires de l'intervention majorée
Les personnes à faible revenu ou atteinte de handicap bénéficient d’intervention majorée de la part de l’assurance maladie. En conséquence, ils paient moins pour les soins de santé. À l’heure actuelle, c’est la seule variable disponible dans l’atlas IMA-AIM permettant d’approcher le statut socio-économique.

Références

  1. InterMutualistic Agency Atlas. http://atlas.aim-ima.be/base-de-donnees

Sciensano    KCE    Inami-Riziv SPF-FOD