Diabète

1. Messages clés

En 2017, 6,1% des Belges vivaient avec un diagnostic de diabète. Cependant, plus d'un tiers des personnes diabétiques ne savent pas qu'elles sont atteintes de la maladie, ce qui porte la prévalence réelle estimée du diabète à 10%.
La prévalence du diabète augmente avec le temps en raison à la fois du vieillissement de la population et d'une augmentation réelle du risque de développer la maladie.
Le risque de développer un diabète est plus élevé en Wallonie et à Bruxelles qu'en Flandre, et il est plus élevé chez les personnes ayant un statut socio-économique inférieur. Les différences socio-économiques sont particulièrement marquées en ce qui concerne la prévalence du diabète méconnu ou insuffisamment contrôlé.

2. Introduction

Le diabète est une maladie caractérisée par des taux de glycémie élevés de façon récurrente. S'il n'est pas traité, le diabète peut causer des complications à long terme comme des ulcères du pied, des lésions oculaires, des maladies rénales chroniques et des maladies cardiovasculaires. L'alimentation et l'exercice physique sont des éléments importants dans la prise en charge du diabète, mais dans un grand nombre de cas un traitement médicamenteux sera également nécessaire.

Il existe trois principaux types de diabète :

  • Le diabète de type 1, résultant d'une destruction auto-immune des cellules bêta productrices d'insuline dans le pancréas ;
  • Le diabète de type 2, dû à une utilisation inefficace de l’insuline par l’organisme, et principalement causé par une surcharge pondérale combinée à un manque d'exercice physique ; et
  • Le diabète gestationnel, survenant chez les femmes enceintes sans antécédents de diabète.

En l'absence d'un registre exhaustif du diabète, la présence dans les bases de données médico-administratives d’une nomenclature référant à l'utilisation d'un traitement antidiabétique ou à la prise en charge du diabète est considérée comme une bonne estimation de la prévalence du diabète diagnostiqué.

Des informations exhaustives sur les médicaments antidiabétiques et sur la nomenclature relative au diabète sont fournies par l'Agence InterMutualiste (IMA-AIM), une plate-forme qui collecte et analyse les données des sept caisses d'assurance maladie belges. Les données IMA-AIM sont, entre autres, mises à disposition par le biais de l'Atlas IMA-AIM [1].

Dans la base de données IMA-AIM, la prévalence du diabète est estimée sur base du nombre de personnes assurées ayant reçu des antidiabétiques (code ATC A10), ou dont la prise en charge fait référence à une nomenclature liée au diabète (convention diabétique, suivi du diabète, trajectoire de soins). Les femmes qui ont accouché au cours de l'année de référence sont exclues afin d'exclure le diabète gestationnel.

Les caractéristiques socio-économiques sont rares dans la base de données IMA-AIM. Le statut d’"assuré ayant droit à une indemnité majorée" est le seul indicateur indirect disponible, et il n'a que deux valeurs, oui ou non. Les personnes à faible revenu ou présentant des caractéristiques médicales spécifiques telles que l'invalidité ont droit à une indemnisation majorée.

Comme le diabète est une maladie à déclenchement insidieux, de nombreux cas ne sont pas encore diagnostiqués. Des informations sur la prévalence du diabète non diagnostiqué sont disponibles dans la première édition de l'Enquête belge de santé par examen 2018 (BELHES) [2], qui vise à collecter des indicateurs objectifs sur la santé de la population dans un échantillon représentatif de personnes de 18 ans et plus. Dans la BELHES, la prévalence du diabète est estimée à partir de la mesure dans les échantillons sanguins de la glycémie à jeun et de l'hémoglobine glyquée. Ces données sont également liées aux données auto-déclarées sur le diabète de l'Enquête de santé par interview [3].

3. Prévalence du diabète

Belgique

En 2017, 6,1% des Belges vivaient avec un diagnostic de diabète selon la base de données IMA-AIM. La prévalence du diabète augmente avec l'âge et est plus élevée chez les hommes, en particulier dans les groupes plus âgés. Plus d'un tiers des diabétiques ne savent pas qu'ils sont atteints de la maladie. Si l'on tient compte des cas non-diagnostiqués, la prévalence du diabète estimée par la BELHES est de 10%.

La BELHES révèle aussi que 5% de la population ignore être atteinte d’un diabète ou souffre d’un diabète mal contrôlé. Parmi les patients qui prennent des antidiabétiques, 18% ne sont pas bien contrôlés.

Prévalence du diabète selon l'âge et le sexe, Belgique, 2017
Source : Atlas IMA-AIM [1]

Tendances et différences régionales

La prévalence du diabète est plus élevée en Wallonie et plus faible en Flandre, malgré l'âge relativement plus élevé de la population flamande. La prévalence relativement faible du diabète à Bruxelles résulte de la structure d'âge jeune de cette population. En effet, après ajustement pour l’âge, la prévalence du diabète à Bruxelles devient supérieure à la moyenne belge En Wallonie, il y a plus de personnes qui ignorent être atteintes de diabète que dans les deux autres régions.

De 2007 à 2017, la prévalence du diabète a augmenté dans les trois régions, en partie à cause du vieillissement de la population, mais aussi à cause d’une augmentation réelle du risque de développer la maladie.

  • Brute
  • Standardisée pour l'âge

Prévalence brute du diabète en Belgique et dans ses régions, 2007-2017
Source : Atlas IMA-AIM [1]

Prévalence du diabète standardisée pour l'âge, Belgique et régions, 2007-2017
Source : Calculs des auteurs basés sur l'Atlas IMA-AIM [1]

Différences socio-économiques

Le risque de développer le diabète est presque deux fois plus élevé chez les personnes qui bénéficient d’une indemnisation majorée que chez celles dont le statut d'indemnisation est normal. La prévalence du diabète a augmenté de façon similaire dans les deux groupes.

Selon la BELHES, les personnes ayant un faible niveau d'éducation sont significativement plus susceptibles de souffrir de diabète ignoré ou mal contrôlé que les personnes ayant un niveau d'éducation supérieur (RR=3,6, ajusté pour l'âge et le sexe). Cela pourrait indiquer qu'il existe des inégalités socio-économiques dans le dépistage et le suivi du diabète.

Prévalence du diabète normalisée selon l'âge selon le statut d'indemnisation, Belgique, 2017
Source : Calculs des auteurs basés sur l'Atlas IMA-AIM [1]

4. En savoir plus

Voir les métadonnées pour cet indicateur

Définitions

Prévalence standardisée pour l'âge
L'âge ayant une influence importante sur le risque de diabète, il est nécessaire de gommer d’éventuelles différences dans les structures d’âge quand on compare des populations, ou pour mesurer des évolutions dans le temps. Cette correction pour l’âge s’appelle ‘ajustement’ ou ‘standardisation’. Le taux de prévalence ajusté (ou standardisé) pour l'âge se calcule par la moyenne pondérée des taux de prévalence spécifiques par âge, en utilisant comme « poids » la proportion de chaque groupe d’âge d’une population de référence (appelée population standard). C'est le taux (d’incidence ou de prévalence) qui serait observé si la population avait la structure d'âge de cette population standard. Ici, la population belge de 2013 est utilisée comme population standard.
Bénéficiaires de l'intervention majorée
Les personnes à faible revenu ou atteinte de handicap bénéficient d’intervention majorée de la part de l’assurance maladie. En conséquence, ils paient moins pour les soins de santé. À l’heure actuelle, c’est la seule variable disponible dans l’atlas IMA-AIM permettant d’approcher le statut socio-économique.

Références

  1. InterMutualistic Agency Atlas. http://atlas.aim-ima.be/base-de-donnees
  2. Belgian Health Examination Survey (BELHES), Sciensano 2018. https://his.wiv-isp.be
  3. Belgian Health Interview Survey (BHIS), Sciensano, 1997-2018. https://his.wiv-isp.be