Inégalités de Santé

1. Messages clés

En Belgique, comme dans les autres pays de l'UE, on observe d'importantes inégalités socio-économiques dans tout le spectre des indicateurs de santé, depuis les déterminants de santé jusqu'à la mortalité.
Les personnes de statut socio-économique plus élevé vivent plus longtemps, et aussi plus longtemps en bonne santé. En prenant le niveau d’instruction comme marqueur du niveau socio-économique, on constate que l'écart d’espérance de vie (à 25 ans) entre le niveau d'instruction le plus élevé et le plus bas est de 6,1 ans pour les hommes et de 4,6 ans pour les femmes. L'écart en espérance de vie en bonne santé (sans incapacité) entre le niveau d'éducation le plus élevé et le plus bas est de 10,5 ans pour les hommes et 13,4 ans pour les femmes. Les écarts d'espérance de vie en bonne santé se sont creusés avec le temps.
Les personnes de statut socio-économique plus élevé ont un taux de mortalité prématurée (avant 75 ans) plus bas. Les hommes et les femmes les moins scolarisés, sont respectivement, 1,9 et 1,6 fois plus susceptibles de mourir avant 75 ans que les hommes et les femmes les plus scolarisés.
Enfin, les personnes de statut socio-économique plus élevé rapportent généralement une meilleure santé et des styles de vie plus sains. Les personnes avec le niveau d'instruction le plus bas déclarent près de trois fois plus souvent un état de santé médiocre que les personnes du niveau d'instruction le plus élevé. Elles déclarent aussi souffrir de maladie chronique 1,5 à 2 fois plus souvent que les personnes du niveau d'instruction le plus élevé. Elles font également état d'une prévalence beaucoup plus élevée de tabagisme et d’obésité et d’une alimentation peu équilibrée, comme une consommation insuffisante de fruits et de légumes et une consommation importante de boissons sucrées.
Certaines inégalités socio-économiques se sont accentuées au fil du temps.

2. Introduction

Les inégalités socio-économiques (SE) de santé désignent des différences d’état de santé entre des groupes socio-économiques, le plus souvent en défaveur des groupes sociaux défavorisés. Ces inégalités SE de santé sont régulièrement observées dans les sociétés industrialisées, pour tout le spectre des indicateurs de santé, allant des déterminants de la santé jusqu’à la mortalité [1;2]. S'attaquer aux inégalités de santé est une priorité pour l'OMS [3], l'Union européenne [4] et pour la Belgique [5-7]. Pour évaluer les progrès accomplis dans la réduction des inégalités de santé, il est important de les mesurer et de les suivre [8].

Cette section présente une vue d'ensemble des inégalités, en ciblant les indicateurs de santé qui montrent des inégalités importantes. Les données des enquêtes de santé par interview 1997-2013, de l’enquête sur la consommation alimentaire de 2014, et des recensements de 2001 et 2011 couplés à la mortalité ont été utilisées.

Afin de mesurer les inégalités, un marqueur de la position socio-économique doit être choisi : ici, le niveau d'instruction a été utilisé comme variable socio-économique (SE) ; il a été regroupé en 3 ou 4 niveaux, en fonction de l'indicateur de santé étudié et de la disponibilité des données. Pour les indicateurs extraits des enquêtes de santé par interview (HIS), le niveau d’instruction a été regroupé en 4 classes : enseignement primaire, enseignement secondaire inférieur, enseignement secondaire supérieur et enseignement supérieur. Pour les indicateurs d'espérance de vie, d’espérance de vie en bonne santé et les taux de mortalité, le niveau d’instruction a été regroupé en 3 classes (en regroupant les deux niveaux d'instruction les plus bas).

La mesure des inégalités comporte deux étapes : d’abord, la ventilation de l’indicateur de santé par niveau d’instruction. Les résultats de cette étape sont montrés, sur ce site, au niveau des pages relatives à chaque indicateur. La deuxième étape consiste à mesurer l’importance de l’inégalité en calculant un ou plusieurs indicateurs synthétiques d’inégalité. C’est ce que nous présentons dans cette section (pour plus de détails, voir la rubrique « en savoir plus » ci-dessous).

Selon la nature de l'indicateur, les mesures d'inégalité suivantes ont été calculées :

  • Pour l’espérance de vie et l’espérance de vie en bonne santé :
    • L’écart absolu, en années, entre les niveaux d’instruction inférieur et supérieur.
    • L'indice composite d’inégalité absolue (CIIabs) au niveau de la population : exprime les différences absolues en années parmi l'ensemble de la population ; c'est aussi le nombre d'années que l'on pourrait gagner, au niveau de la population, s'il n'y avait pas d'inégalité et que tout le monde avait l'espérance de vie / de santé du groupe le plus éduqué.
  • Pour les taux de mortalité et les indicateurs provenant de l’enquête de santé par interview :
    • La différence absolue entre les taux standardisés pour l’âge dans les groupes ayant le niveau d’instruction le plus bas et le plus élevé.
    • La différence relative (ratio des taux) entre les taux standardisés pour l’âge dans les groupes ayant le niveau d’instruction le plus bas et le plus élevé.
    • La Fraction-Attribuable-Population (PAF) : correspond au gain relatif de santé attendu pour l'ensemble de la population si tous les groupes bénéficiaient de la valeur observée dans le groupe social le plus favorisé.

Par convention, pour le calcul des inégalités relatives les différents indicateurs sont exprimés en termes d'événements indésirables [9] (par exemple, la santé perçue est exprimée par la proportion de personnes estimant que leur état de santé n’est pas bon).

Dans ce chapitre, l’accent est mis sur les indicateurs de santé présentant de fortes inégalités. A côté des disparités d'espérance de vie et de santé - pour lesquelles les différences absolues sont grandes mais pas les différences relatives - nous avons sélectionné, parmi les indicateurs exprimés en pourcentage, ceux présentant un risque relatif (RR) d'au moins 1,4 ; cela correspond à un excès relatif de mauvaise santé ou de mode de vie néfaste d'au moins 40% dans le groupe avec le niveau d‘instruction le plus bas par rapport au groupe avec le niveau d’instruction le plus élevé. Les indicateurs pour lesquels nous ne présentons pas de résultats dans cette section ont des inégalités relatives moins importantes, voire inexistantes. De même, nous ne présentons que les évolutions pour lesquelles un changement significatif de l’inégalité est apparu.

3. Inégalités en espérance de vie, espérance de vie en bonne santé et qualité de vie

Pour l'espérance de vie à 25 ans, en se basant sur le dernier recensement (2011) couplé à la mortalité, des écarts de 6,1 et 4,6 ans sont observés respectivement chez les hommes et les femmes entre les niveaux d'instruction les plus bas et les plus élevés [10]. L’indice synthétique d’inégalité au niveau de la population (CIIabs) est de 3,4 ans chez les hommes et de 2,4 ans chez les femmes (gain potentiel d’espérance de vie pour toute la population en l'absence d'inégalité). Pour l'espérance de vie en bonne santé à 25 ans, l'écart est encore plus grand, atteignant 10,5 ans chez les hommes et 13,4 ans chez les femmes. L’indice synthétique (CIIabs) est de 6 ans chez les hommes et de 7,2 ans chez les femmes. Les inégalités relatives en espérance de vie (en bonne santé) sont petites, car elles se rapportent à de grands dénominateurs.

Entre 2001 et 2011, on observe une augmentation modérée des écarts d’espérance de vie (+ 17% et 22% respectivement chez les hommes et les femmes) et une forte augmentation des écarts d'espérance de vie en bonne santé (+ 61% et 45% chez les hommes et les femmes). Avec l'indice synthétique (CIIabs), qui tient compte de l’évolution de la composition de la population, on observe une légère augmentation de l’inégalité en espérance de vie chez les hommes (+ 7%), mais pas chez les femmes. La situation est différente en ce qui concerne l'espérance de vie en bonne santé, où l'indice d'inégalité au niveau de la population a nettement augmenté chez les hommes (+ 73%) et les femmes (+ 20%).

On observe des inégalités importantes en matière de santé perçue (en 2013), avec un pourcentage de personnes qualifiant leur santé de médiocre, près de trois fois plus élevé parmi les personnes peu scolarisées que chez les plus scolarisées. Les écarts absolus atteignent 25 points de pourcentage pour cet indicateur. La Fraction-Attribuable-Population (PAF) atteint 31% (ceci représente le potentiel d'amélioration au niveau de la population s’il n’y avait pas d’inégalités). On n’observe pas de changement d’inégalité en matière de santé perçue au cours des enquêtes successives.

Inégalités socioéconomiques en espérance de vie, espérance de santé, et santé perçue, Belgique, 2011 ou 2013
Sources : (a) Calculs des auteurs basés sur le recensement de 2011 liés à la mortalité ; (b) Prévalence d’incapacité calculée à partir des enquêtes de santé Sciensano ; (c) Enquête de santé, Sciensano, 2013

  Sexe Niveau instr. bas Niveau instr. élevé
Différence absolue
Différence relative
CIIabs PAF
Espérance de vie à 25 ans(a) Hommes 51,7 57,8 -6,1 - 3,4 -
Femmes 57,3 61,9 -4,6 - 2,4 -
Espérance de vie sans incapacité à 25 ans(a,b) Hommes 37,0 47,5 -10,5 - 6,0 -
Femmes 35,5 49,0 -13,4 - 7,2 -
Santé perçue médiocre (% population ≥ 15 ans)(c) Tous 38,7% 13,5% 25,2% 2,87 - 31,1%
 
Evolution des écarts d'espérance de vie et d'espérance de vie sans incapacité (EVSI) entre les niveaux d’instructions le plus élevé et le plus bas, par sexe et par année, Belgique, 2001 et 2011
Source : Calculs des auteurs à partir des recensements de 2001 et 2011 liés à la mortalité
Evolution de l’inégalité absolue par niveau d’éducation au niveau de toute la population, en matière d’espérance de vie et d’espérance de vie sans incapacité, par sexe, Belgique, 2001 et 2011
Source : Calculs des auteurs à partir des recensements de 2001 et 2011 liés à la mortalité, et les enquêtes de santé 2001 à 2013

4. Inégalités en mortalité prématurée

Les hommes de la catégorie la moins scolarisée sont 1,9 fois plus susceptibles de mourir avant l'âge de 75 ans que les hommes de la catégorie la plus scolarisée (après ajustement pour l’âge), et ce ratio est de 1.6 chez les femmes. Les différences absolues en taux de mortalité prématurée sont également très importantes, avec des excès de 279 et 114 décès sur 100 000 personnes respectivement chez les hommes et les femmes. La fraction-attribuable-population est élevée (respectivement 38% et 29% chez les hommes et les femmes), ce qui signifie que la mortalité prématurée de l’ensemble de la population pourrait diminuer de 38% chez les hommes s’il n’y avait pas d’inégalité et que toute la population bénéficiait du taux de mortalité de la catégorie la plus favorisée. La contribution des causes de décès aux inégalité en mortalité prématurée était la plus élevée pour le cancer du poumon, les cardiopathies ischémiques, le suicide et la bronchopneumopathie chronique obstructive (BCPO) chez l'homme, et pour les cardiopathies ischémiques, le cancer du poumon, les maladies cérébro-vasculaires et la BCPO chez les femmes [11]. Cela indique les causes de décès pour lesquelles la réduction des inégalités profiterait le plus à l'ensemble de la population, et peut suggérer aux décideurs politiques des priorités dans la lutte contre les inégalités.

Inégalités socio-économiques en mortalité prématurée (<75 ans), par sexe, Belgique, 2001
Source : Calculs des auteurs basés sur le recensement 2001 couplé à la mortalité pour un suivi de 5 ans

Sexe Niveau instr. bas Niveau instr. élevé Différence absolue Différence relative
PAF
Mortalité prématurée toute cause, taux ajusté pour 100.000 Hommes 595,3 316,4 278,9 1,88 38,1%
Femmes 304,8 191,3 113,5 1,59 29,2%
 
  • Hommes
  • Femmes

Classement des principlaes causes de décès en fonction de leur contribution (en %) à l’inégalité en mortalité prématurée (<75 ans), mesurée en « Fraction–attribuable-population (PAF) », Belgique, 2001
Source : Calculs des auteurs basés sur le recensement 2001 couplé à la mortalité pour un suivi de 5 ans

Classement des principlaes causes de décès en fonction de leur contribution (en %) à l’inégalité en mortalité prématurée (<75 ans), mesurée en « Fraction–attribuable-population (PAF) », Belgique, 2001
Source : Calculs des auteurs basés sur le recensement 2001 couplé à la mortalité pour un suivi de 5 ans

5. Inégalités devant la maladie

Les inégalités relatives sont assez grandes pour toutes les maladies non transmissibles considérées ici, avec des ratios de prévalence dans le groupe le moins instruit par rapport au groupe le plus instruit tournant généralement autour de 1,5 à 2. Les ratios de prévalence sont les plus élevés pour la multi-morbidité (1,9) et le diabète auto-rapportés (1,8). D’importantes fractions-attribuables-population sont observées pour le diabète et les troubles thyroïdiens. Des inégalités absolues importantes sont observées pour le fait de souffrir d'au moins une maladie chronique (en général), pour la multi-morbidité et l'arthrose (entre 9 et 13 points de pourcentage).

Pour les trois troubles de santé mentale étudiés ici (dépression, anxiété et troubles du sommeil), les inégalités relatives sont encore plus grandes que pour les maladies physiques, les ratios des taux de prévalence se situant autour de 3 pour la dépression et les troubles anxieux. L'inégalité dans l'utilisation de tranquillisants ou de somnifères est donc également assez importante. Pour les trois troubles, les inégalités absolues sont également importantes, atteignant 15 points de pourcentage.

Lorsqu'on examine l'évolution dans le temps, les inégalités absolues se sont accrues pour les trois troubles de santé mentale, et les inégalités relatives ont aussi augmenté pour l'anxiété. Cela signifie que, dans le cas de la dépression et des problèmes de sommeil, la situation s’est aggravée davantage chez les personnes peu scolarisées que chez les personnes très scolarisées, mais l'augmentation proportionnelle était la même dans chaque groupe. En ce qui concerne l’anxiété, l’aggravation dans le groupe peu instruit a dépassé l’aggravation dans le groupe très instruit de manière telle que les inégalités relatives ont augmenté aussi.

Inégalités socio-économiques devant certaines maladies non-transmissibles (proporti¬on de la population de 15 ans ou plus), Belgique, 2013
Source: Calcul des auteurs à partir des Enquêtes de Santé, Sciensano 2001-2013

Niveau instr. bas
Niveau instr. élevé Différence absolue
Différence relative PAF
Santé physique          
Maladie chronique 36,3% 22,9% 13,4% 1,59 13,6%
Multimorbidité* 21,9% 11,6% 10,3% 1,89 15,8%
Diabète 7,7% 4,2% 3,5% 1,84 22,9%
Arthrose 23,0% 14,1% 9,0% 1,64 17,3%
Hypertension 21,3% 14,9% 6,5% 1,44 11,3%
Désordre thyroïdien 7,8% 4,6% 3,2% 1,69 21,4%
Santé mentale          
Troubles dépressifs 26,6% 9,8% 16,8% 2,71 31,5%
Troubles anxieux 21,3% 6,7% 14,6% 3,18 29,5%
Problèmes de sommeil 40,8% 25,7% 15,1% 1,59 12,0%
Consommation de tranquillisants 20,0% 10,1% 10,0% 1,99 24,9%
Idées suicidaires, 12 derniers mois 5,5% 3,9% 1,6% 1,41 17,0%
*La multimorbidité est définie comme ayant au moins deux des maladies non transmissibles incluses dans l’Enquête de Santé.
  • Absolue
  • Relative

Absolute low-versus-high EL inequalities in mental health indicators, Belgium, 2001-2013
Source: Own calculations based on Health Interview Survey, Sciensano, 2001-2013

Relative low-versus-high EL inequalities in mental health indicators, Belgium, 2001-2013
Source: Own calculations based on Health Interview Survey, Sciensano, 2001-2013

6. Inégalités dans les déterminants de santé 

Les inégalités en matière de tabagisme sont importantes, avec un écart absolu de 15 points de pourcentage dans la proportion de fumeurs quotidiens chez les personnes les moins scolarisées par rapport aux personnes les plus scolarisées, et un écart relatif atteignant 2,6. Les différences absolues et relatives ont augmenté de 1997 à 2008. En effet, les personnes du niveau d’instruction le plus élevé ont considérablement modifié leur comportement tabagique, alors que la proportion de fumeurs quotidiens est restée stable dans les autres niveaux d’instruction. Les inégalités sont encore plus grandes pour la prévalence de l'obésité, avec des évolutions différentes chez les hommes et les femmes. De 2008 à 2013, les inégalités absolues et relatives ont considérablement augmenté chez les hommes. L’augmentation de l’inégalité absolue signifie que l’obésité a augmenté plus chez les hommes peu scolarisés que chez hommes très scolarisés, et cet excès d’augmentation était si important que, même l’augmentation proportionnelle (c’est-à-dire exprimé en proportion de la valeur initiale) était plus élevée chez les hommes peu instruits que chez les hommes très instruits. Chez les femmes, seules les inégalités absolues ont régulièrement augmenté, mais les inégalités relatives sont restées stables, ce qui signifie que si l'obésité a augmenté davantage chez les femmes peu instruites que chez les plus instruites, l'augmentation, en terme proportionnel, a été semblable dans chaque groupe.

Les habitudes alimentaires néfastes sont fréquentes dans toute la population, mais elles le sont plus encore dans les groupes les moins scolarisés. Par exemple, la consommation de fruits et de légumes est plus faible chez les individus les moins scolarisés qui consomment en moyenne 90 g de fruits et de légumes par jour en moins que les individus les plus scolarisés. Seulement 14% de la population observe la recommandation de manger 400 g de fruits et légumes par jour ; cette proportion n’est que de 6% chez les personnes les moins instruites, contre 22% chez les plus instruites, ce qui donne un écart absolu de 16 points de pourcentage et un ratio de 0,27 ; ceci signifie que les personnes les moins instruites atteignent les quantités recommandées pour les fruits et légumes 4 fois moins fréquemment que les personnes les plus instruites.

La consommation de boissons sucrées est 2,5 fois plus élevée dans la catégorie la moins instruite que dans la catégorie la plus instruite.

Les « fractions-attribuables-population » sont importantes pour les déterminants de santé, ce qui signifie qu'une amélioration importante se produirait, au niveau des déterminants de santé dans la population, si les valeurs du groupe le plus favorisé étaient observées dans tous les groupes.

On n’observe pas de différence systématique par niveau d’éducation dans les indicateurs choisis pour mesurer l'activité physique et la consommation d'alcool.

Inégalités socio-économiques pour certains déterminants de la santé, Belgique 2013 ou 2014
Sources : Enquête de santé, Sciensano, 2013 et Enquête de consommation alimentaire, Sciensano, 2014

Niveau instr. bas
Niveau instr. élevé
Différence absolue Différence relative
PAF
Tabagisme quotidien (% personnes ≥ 15 yr) 25,0% 9,5% 15,5% 2,63 45,1%
Obésité (% personnes ≥ 18 yr, BMI ≥ 30) 23,5% 7,7% 15,8% 3,05 37,4%
Consommation de fruits et légumes (g/jour) 210 300 -90 - -
Consommation de fruits et légumes (% 400 g/jour) 6,0% 22,4% -16,4% 0,27 61,2%
Consommation de boissons sucrées (g/jour) 227,3 89,5 137,8 - -
 
  • Absolue
  • Relative

Evolution des inégalités absolues pour le tabagisme et l’obésité, Belgique, 1997-2013
Source : Calculs des auteurs basés sur les Enquête de santé par interview, Sciensano, 1997-2013

Evolution des inégalités relatives pour le tabagisme et l’obésité, Belgique, 1997-2013
Source : Calculs des auteurs basés sur les Enquête de santé par interview, Sciensano, 1997-2013

7. En savoir plus

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Définitions

Socio-economic position
Différents indicateurs peuvent être utilisés pour définir le statut socio-économique, par exemple la profession, le revenu ou l'éducation (instruction). Le niveau d'instruction a été utilisé ici comme variable socio-économique (SE). Le niveau d’instruction est mesuré à l’aide d’une classification internationale standardisée (ISCED ou CITE), puis recodée en 3 ou 4 niveaux, en fonction de l'indicateur de santé étudié et de la disponibilité des données.
International Standard Classification of Education (ISCED)
L’ISCED est la classification internationale de référence pour l'organisation des programmes d'enseignement et des qualifications connexes par niveau et par domaine. Il contient 7 catégories, de 0 à 6 :
  • 0: Éducation de la petite enfance (« moins que primaire »)
  • 1: Enseignement primaire
  • 2: Enseignement secondaire inférieur
  • 3: Enseignement secondaire supérieur
  • 4: Enseignement postsecondaire non supérieur
  • 5: Enseignement supérieur de cycle court, Bachelor, Master
  • 6: Doctorat ou niveau équivalent
Inequality indices
Mesures de l'ampleur des inégalités. Beaucoup d'indices d'inégalité ont été décrits dans la littérature [12;13]. Il est actuellement admis que l’approche optimale pour suivre les inégalités consiste à s’appuyer sur un ensemble de mesures de l’inégalité plutôt que sur une mesure unique, car les mesures des inégalités diffèrent par au moins deux aspects importants [14] :
  • La nature relative ou absolue de la comparaison: pour évaluer les inégalités de santé, des mesures relatives des inégalités (par exemple, les rapports des taux de prévalence) ont été plus couramment utilisées dans la littérature, mais les inégalités peuvent également être présentées en termes absolus (par exemple, la différence de taux) pour comparer la prévalence d’un état de santé dans chaque groupe. Les deux mesures sont importantes, certains auteurs accordant encore plus d’importance aux mesures absolues en termes de santé publique et de point de vue de la population.
  • La portée de l’indice: les indices les plus simples comparent simplement les états de santé entre deux groupes sociaux, comme la «différence absolue des taux» ou les «ratios des taux»; d’autres indices plus complexes prennent également en compte la distribution des classes sociales dans la population, comme la fraction attribuable de la population (PAF), l'indice composite de l'inégalité (CII).
Composite Index of Inequality, absolute version (CIIabs)
Exprime les différences absolues (par exemple en années d’espérance de vie) entre les groupes sociaux parmi l'ensemble de la population; c'est aussi le nombre d'années que l'on pourrait gagner, au niveau de la population, s'il n'y avait pas d'inégalité et que tout le monde avait l'espérance de vie / de santé du groupe le plus éduqué; est obtenu en faisant la somme des différences d'espérance de vie (santé) de chaque groupe social par rapport au groupe ayant l’espérance de vie la plus élevée, pondérée par la taille de chaque groupe.
Population Attributable Fraction (PAF)
Correspond au gain relatif de niveau de santé (ou de déterminant de la santé) attendu pour l'ensemble de la population si tous les groupes bénéficiaient de la valeur du groupe social le plus favorisé. Il est calculé comme la différence entre la valeur globale de la population et la valeur du groupe le plus favorisé, divisée par la valeur globale de la population.
Premature mortality
La mortalité prématurée est définie ici comme la mortalité avant 75 ans.
Age-standardized rates
La standardisation (ou ajustement) pour l’âge est une méthode de correction des taux (taux de mortalité ou de prévalence, par exemple) afin d’éliminer les effets des variations de structure d’âge dans différentes populations. La standardisation la plus commune (la standardisation directe) calcule une moyenne pondérée des taux spécifiques par âge, les poids étant la proportion de chaque groupe d'âge dans une population de référence.

References

  1. Mackenbach J. Health inequalities: Europe in profile. Expert Report commissionned by the EU. Department of Health Publications; 2006.
  2. Feinstein JS. The relationship between socioeconomic status and health : A review of the literature. The Milkbank Quarterly 1993;71:279-94.
  3. WHO Commission on Social Determinants on Health. Closing the gap in a generation: health equity through action on the social determinants of health. Geneva: WHO; 2008.
  4. Executive Agency for Health and Consumer. Second Programme of Community Action in the Field of Health 2008-2013. European Commission; 2007.
  5. Vlaamse overheid. Vlaams Actieplan Geestelijke Gezondheid, Strategisch plan 2017-2019. 2017.
  6. Gouvernement wallon. Plan prévention et promotion de la santé en Wallonie. Partie 1: définition des priorités en santé. Namur: 2017.
  7. Arrêté royal du 18 juillet 2013 portant fixation de la vision stratégique fédérale à long terme de développement durable: http://www.etaamb.be/fr/arrete-royal-du-18-juillet-2013_n2013011468.html. Moniteur Belge 2013 Oct 8.
  8. Braveman PA. Monitoring equity in health and healthcare: a conceptual framework. J Health Popul Nutr 2003 Sep;21(3):181-92.
  9. Keppel K, Pamuk E, Lynch J, Carter-Pokras O, Kim I, Mays V, et al. Methodological issues in measuring health disparities. 141 ed. Washington DC: National Center for Health Statistics; 2005.
  10. Renard F, Devleesschauwer B, Van Oyen H, Gadeyne S, Deboosere P (2019) Evolution of educational inequalities in life and health expectancies at 25 years in Belgium between 2001 and 2011: a census-based study. Arch Public Health 77:6. doi: 10.1186/s13690-019-0330-8
  11. Renard F, Gadeyne S, Devleesschauwer B, Tafforeau J, Deboosere P. Trends in educational inequalities in premature mortality in Belgium between the 1990s and the 2000s: the contribution of specific causes of death. J Epidemiol Community Health 2017;71(4):371-80. doi: 10.1136/jech-2016-208370
  12. Mackenbach JP, Kunst AE. Measuring the magnitude of socio-economic inequalities in health: an overview of available measures illustrated with two examples from Europe. Soc Sci Med 1997 Mar;44(6):757-71.
  13. Harper S, Lynch J. Methods for Measuring Cancer Disparities:Using Data Relevant to Healthy People 2010 Cancer-Related Objectives. Bethesda, MD: National Cancer Institute, 2005: NIH Publication No. 05-5777.; 2005.
  14. Mackenbach JP, Kunst AE. Measuring the magnitude of socio-economic inequalities in health: An overview of available measures illustrated with two examples from Europe. Soc Sci Med 1997;44(6):757-71.