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Les maladies chroniques sont par définition des maladies qui durent « longtemps », mais au-delà de ce constat, les définitions présentent une grande variabilité. L’Observatoire belge des maladies chroniques de l’INAMI parle d’une « affection qui dure au moins six mois ». Vivre avec une maladie chronique implique souvent le sentiment d’avoir sa vie bouleversée, ce qui peut affecter tous les aspects de la vie et la perception que l’on a de sa propre santé. En général, ces maladies sont dues à des causes multiples et sont difficiles à guérir. Par conséquent, l’un des buts de la prise en charge de ces patients est de maintenir leur état de santé aussi stable que possible. Cela nécessite souvent des soins complexes et multidisciplinaires.


Les maladies chroniques représentent des dépenses importantes en soins de santé, tant pour le patient que pour l’assurance maladie et pour la société dans son ensemble. Ces dépenses vont probablement devenir de plus en plus importantes avec le temps.


Dans cette section, nous commencerons par une mise en contexte des soins aux personnes vivant avec une maladie chronique par le biais de l’analyse de la proportion de la population considérée comme vivant avec une maladie chronique selon trois critères (CHR-1,2,3) et la manière dont ces personnes évaluent leur qualité de vie (QoL-1).


Ensuite, nous étudierons de façon spécifique la performance du système de santé vis-à-vis de personnes vivant avec une maladie chronique en analysant les dimensions suivantes :

  • L’accessibilité (A-2 et A-4) et l’équité des soins (EQ-4 et EQ-5) pour des personnes vivant avec une maladie chronique par rapport au reste de la population ;
  • La qualité des soins pour des personnes vivant avec une maladie chronique, c’est-à-dire leur efficacité (QE-1,2,10,11), leur adéquation (QA-1 et QA-2), leur continuité (QC-1, 3, 4, 5, 7) et leur orientation centrée sur le patient (QP-1, QP-3 et QP-4) ;
  • L’efficience des soins pour les personnes vivant avec une maladie chronique (E-5).


Nous avons également retenu 4 indicateurs spécifiques des soins préventifs, analysés ici sous l’angle des différences entre la manière dont ces soins sont mis en œuvre pour les personnes vivant avec une maladie chronique par rapport à ceux qui n’en souffrent pas (P-4, P-6, P-7 et P-11)


Proportion de la population considérée comme vivant avec une maladie chronique et qualité de vie perçue de ces personnes (CHR-1, CHR-2, CHR-3 et QOL-1)

Cet ensemble d’indicateurs contextuels vise notamment à cerner la proportion de la population atteinte de maladie(s) chronique(s) en fonction de différentes sources de données :

  • La proportion d’individus avec un statut affection chronique (INAMI) en fonction de leurs dépenses de santé officielles (CHR-1) informe sur les mesures de protection financière prévues par le système de santé belge pour aider les personnes atteintes d’une maladie chronique.
  • La proportion d’individus autodéclarant avoir une maladie chronique dans l’Enquête nationale de santé par interview de Sciensano (CHR-2) donne une idée de la façon dont un échantillon représentatif de la population belge perçoit son état de santé.
  • La proportion d’individus ayant autodéclaré avoir plusieurs maladies chroniques au cours des 12 derniers mois (CHR-3) informe sur la multimorbidité du même échantillon représentatif de la population belge.
  • Le quatrième indicateur (qualité de vie perçue – QOL-1) décrit la qualité de vie en lien avec sa santé perçue par le même échantillon représentatif. En effet, le but des soins de santé n’est plus uniquement d’allonger l’espérance de vie des gens, mais aussi d’améliorer ou de tenter de maintenir leur qualité de vie liée à la santé. Il est donc important de pouvoir la mesurer de façon objective, ce qui est possible grâce à l’instrument EQ-5D-5L pour lequel le KCE a récemment développé une matrice de valorisation basée sur des données belges.
RÉSULTATS

 

Table 1 - Vue d’ensemble des résultats des indicateurs contextuels
Groupe de populationScoreAnnéeBelFlaWalBruSourceUE-15
moyenne
CHR-1 Proportion d’individus bénéficiant du statut affection chronique de l’INAMI en fonction de leurs dépenses de santé
NOUVEAU
Dans la population entière C 2018
(2020)
11,3
(12,1)
11,3
(12,1)
12,0
(12,9)
8,7
(9,4)
AIM -
Dans la sous-population ayant déclaré une maladie chronique 2018 31,5 32,9 29,6 31,0 HISLink
Dans la sous-population des personnes ayant déclaré une multimorbidité 2018 39,2 42,0 43,5 35,6 HISLink
CHR-2 Proportion d'individus autodéclarant avoir une maladie chronique
NOUVEAU
Dans la population entière C 2018 29,3 27,6 32,7 28,7 HIS 36,6
Dans la sous-population des personnes bénéficiant du statut affectation chronique 72,1 71,7 74,8 70,8 HISLink
CHR-3 Proportion d'individus ayant déclaré une multimorbidité au cours des 12 derniers mois
NOUVEAU
Dans la population entière C 2018 15,2 15,7 16,5 10,8 HIS -
Dans la sous-population des personnes bénéficiant du statut affection chronique 47,4 48,3 48,2 38,3 HISLink
Dans la sous-population des personnes ayant déclaré une maladie chronique 33,8 34,4 34,1 28,7 HIS
QOL-1 Qualité de vie perçue*
NOUVEAU
Dans la population entière C 2018 0,843 0,868 0,798 0,839 HIS -
Dans la sous-population des personnes bénéficiant du statut affection chronique ⚠️0,630 0,671 0,558 0,627 HISLink
Dans la sous-population des personnes ayant déclaré une maladie chronique ⚠️0,696 0,739 0,632 0,687 HIS
Légende : C=contextuel, = moins bons résultats pour les malades chroniques, * calculé à l’aide de l’outil EQ-5D-5L et de la matrice de valorisation belge (Bouckaert et al. (2021)). Voir la fiche technique pour des informations méthodologiques supplémentaires.
Personnes bénéficiant d’un statut affection chronique de l’INAMI (CHR-1) :
  • La proportion de personnes bénéficiant du statut affection chronique de l’INAMI a augmenté de 8,7 % en 2013 à 12,1 % en 2020. Cette augmentation est similaire dans les trois régions.
  • La proportion de personnes bénéficiant du statut affection chronique de l’INAMI est la plus élevée en Wallonie, suivie de la Flandre, puis de Bruxelles. On observe également des différences importantes entre provinces.
Figure 1 – Pourcentage de personnes avec un statut affection chronique (Belgique et régions, 2013 -2020)

Lien vers fiche technique et résultats détaillés


Personnes déclarant avoir une maladie chronique dans l’Enquête de Santé (CHR-2)
  • La proportion de personnes déclarant une maladie chronique a augmenté de 25,1 % en 2001 à 29,3 % en 2018. C’est en Wallonie que cette proportion est la plus forte (32,7 %), suivie de Bruxelles (28,7 %) et de la Flandre (27,6 %).
  • La proportion de la population déclarant être atteinte d’une maladie chronique augmente (logiquement) avec l'âge, passant de 14,1 % (15-24 ans) à 44,1 % (75+).
  • Les données européennes (EU-SILC) montrent que la proportion de personnes atteintes d’une maladie chronique est faible par rapport à la moyenne de 15 pays européens. En 2020, la prévalence était de 24,8 % en Belgique, contre 34,1 % pour la moyenne UE-15.
  • L’écart entre la proportion de personnes déclarant une maladie chronique et celle des personnes ayant le statut affection chronique est important. En 2013, cet écart était de 18,1 % (28,6 % vs 10,5 % respectivement) et il reste du même ordre en 2018, soit 16,6 % (29,5 % vs 12,9 %). La principale cause de cet écart est que le statut affection chronique de l’INAMI est attribué aux personnes qui ont des dépenses de santé élevées et récurrentes (mécanisme de protection financière) et non parce qu’elles ont une maladie chronique.
Figure 2 – Pourcentage de personnes déclarant avoir une maladie chronique (Belgique et régions, 2001 à 2018)

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Personnes déclarant avoir plusieurs maladies chroniques dans l’Enquête de Santé (CHR-3)
  • La proportion de la population déclarant au moins deux maladies chroniques a augmenté entre 2001 (11,4 %) et 2018 (15,2 %).
  • Les chiffres de multimorbidité augmentent avec l'âge.
  • La Wallonie présente la proportion la plus élevée et la Région bruxelloise la plus faible.
Figure 3 – Pourcentage de personnes déclarant plusieurs maladies chroniques (Belgique et régions, 2001 à 2018)

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Comparaison CHR-1, CHR-2 et CHR-3

En intégrant les résultats de ces trois indicateurs contextuels, certaines observations émergent, qui sont également résumées et visualisées dans la Figure 5.

  • 31,5 % des personnes déclarant avoir une maladie chronique sont également titulaires du statut affection chronique (en 2018)
  • En 2018, 23,8 % des personnes interrogées dans le cadre de l’Enquête de santé ont soit une maladie chronique autodéclarée, soit le statut affection chronique (mais pas les deux). Cela implique qu'il n'y a pas de lien systématique entre le statut affection chronique et le fait d'avoir une maladie chronique.
  • Il n'y a pas de lien systématique entre le statut affection chronique et la multimorbidité.

 

Figure 4 – Chevauchement entre la population déclarant une (ou plusieurs) maladie(s) chronique(s) et celle ayant droit au statut affection chronique de l'INAMI (2018) Venn
Qualité de vie perçue (QOL-1)
  • En 2018, le score moyen de qualité de vie lié à la santé est de 0,843, ce qui correspond à une diminution de 0,018 de la qualité de vie liée à la santé par rapport à 2013 (0,861). Cette diminution est observée dans toutes les régions belges, mais est la plus prononcée en Wallonie.
  • Les personnes vivant avec une maladie chronique (statut INAMI ou auto-déclarée) ont rapporté une qualité de vie liée à la santé inférieure à celle de la population sans maladie chronique. Ce constat est plus prononcé en Wallonie et à Bruxelles qu'en Flandre (chiffres 2013 et 2018).
  • Entre 2013 et 2018, l’écart de qualité de vie liée à la santé entre les personnes avec une maladie chronique auto-déclarée et les personnes sans maladie chronique auto-déclarée a augmenté à Bruxelles et en Wallonie mais a diminué en Flandre. Si l'on considère les personnes ayant droit au statut affection chronique de l’INAMI, la différence de qualité de vie entre les personnes bénéficiant du statut et ceux qui n’en bénéficient pas a augmenté à Bruxelles mais a diminué en Wallonie et en Flandre.
  • La qualité de vie est moindre chez les personnes avec un statut affection chronique que chez les patients qui ont déclaré avoir une maladie chronique dans l’Enquête de santé (chiffres 2013 et 2018).
  • Les personnes qui cumulent les deux statuts de maladie chronique (autodéclaré et statut affection chronique de l’INAMI) ont une qualité de vie plus détériorée que celles qui n'ont qu'un seul de ces deux statuts.

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Accessibilité et équité des soins

- Part des soins non couverts par l’assurance maladie obligatoire - frais à charge des patients (A-2 chronique)

Cet indicateur mesure l’importance de la contribution personnelle des ménages dans les soins de santé, c’est-à-dire la part des dépenses en soins de santé qui n’est pas prise en charge par l’assurance maladie et qui est donc directement à charge des patients. Il est exprimé en pourcentage des dépenses de soins de santé totales du pays.

Les contributions à charge du patient comprennent les tickets modérateurs ainsi que les suppléments (p. ex. suppléments d’honoraires de médecins non conventionnés) ainsi que les paiements directs de produits et services non remboursés par l’assurance maladie (médicaments en vente libre, lunettes…). Ces frais peuvent constituer un obstacle financier aux soins, en particulier pour les personnes dont les besoins médicaux sont importants, comme c’est souvent le cas des personnes vivant avec une maladie chronique.


Dans cette partie du rapport et afin de pouvoir distinguer les patients chroniques des patients non chroniques, la part des contributions personnelles dans les dépenses totales de soins de santé a été calculée sur base des données de l’AIM (et non pas sur base des données extraites du Système de comptes de la santé (System of Health Accounts - SHA), comme dans l’indicateur général A2) et est calculée au niveau des ménages. Les données de l’AIM ne tiennent cependant pas compte des paiements directs de produits et services non remboursés (par ex. lunettes, certains soins dentaires, médicaments en vente libre), et certaines informations liées aux suppléments dans le cadre des soins ambulatoires sont limitées, ce qui entraîne une sous-estimation des contributions personnelles. Par ailleurs, les remboursements effectués par les Assurances Maladie Volontaires (AMV) ne sont pas inclus, ce qui entraîne une surestimation des contributions personnelles.


Dans la logique de notre système d’assurance maladie, on devrait s'attendre à ce que la part des paiements directs dans les dépenses totales de soins de santé soit moindre pour les personnes atteintes d’une maladie chronique, puisque l'objectif est de réduire la charge financière des personnes qui ont un besoin élevé et fréquent de soins.


Cet indicateur est traité dans la section Accessibilité des soins pour l’ensemble de la population; il est analysé ici avec un accent spécifique sur les personnes vivant avec une maladie chronique.


Les calculs sont effectués sur la base de deux définitions des personnes vivant avec une maladie chronique : les personnes avec le statut affection chronique de l’INAMI (voir indicateur CHR-1) et les personnes ayant autodéclaré une maladie chronique dans l’enquête EU-SILC.

RÉSULTATS
Tableau 2 – Résultat des indicateurs d’accessibilité financière et d’équité, par statut ( statut affection chronique ou affection chronique autodéclaré)
 StatutScoreBelAnnéeFlaWalBruSourceUE15
(moy.)
A-2 Part des contributions personnelles dans les dépenses totales des soins de santé* (%)
  Total   17,9 2016 18,7 17,1 15,9 EU-SILC/
AIM
/
Statut affection chronique de l'inami OUI C 12,7 12,9 12,8 10,8
NON C 19,4 20,4 18,5 16,9
Affection chronique autodéclarée OUI C 15,1 15,7 14,7 13,6
NON C 19,7 20,6 18,8 17,4
A4 Besoins médicaux auto-déclarés non satisfaits pour des raisons financières (% de la population de plus de 16 ans)
  Total  red improving 2,2
(1,4)
2016
(2020)
0,8 4,0 4,9 EU-SILC/
AIM
1,7
(0,9)
Statut affection chronique de l'inami OUI  red empty ⚠️3,9 2016 2,2 8,6 9,4 /
NON  red empty 2,0 0,4 2,2 3,2
Affection chronique autodéclarée OUI  red empty ⚠️5,2 1,6 6,0 9,5
NON  orange empty 1,2 0,7 3,7 4,5
EQ-4 Proportion des ménages confrontés à des contributions personnelles appauvrissantes ou encore plus appauvrissantes (%)
  Total  orange empty 1,3 2016 0,7 1,4 4,3 EU-SILC/
AIM
/
Statut affection chronique de l'inami OUI  orange empty 1,4 0,5 1,6 5,9
NON  orange empty 1,4 0,8 1,5 4,2
Affection chronique autodéclarée OUI  orange empty ⚠️1,7 1,0 1,3 6,6
NON  orange empty 1,1 0,5 1,6 2,7
EQ-5 Proportion des ménages confrontés à des contributions personnelles catastrophiques (%)
  Total  orange empty 2,0   1,2 2,3 5,2 EU-SILC/
AIM
/
Status affection chronique de l'Inami OUI  orange empty ⚠️3,3   2,1 3,8 9,4
NON  orange empty 1,7   1,0 1,9 4,8
Affection chronique autodéclarée OUI  orange empty ⚠️2,9   1,9 2,7 8,5
NON  orange empty 1,4   0,8 2,0 3,2
L’indicateur A-2 est calculé sur la base des microdonnées d’EU SILC et de l’AIM et diffère dès lors des résultats du rapport performance KCE 313, ce dernier étant basé sur les macrodonnées extraites du Système de comptes de la santé (System of Health Acoounts - SHA).2 Les microdonnées d’EU SILC/de l’AIM ont été utilisées afin d’établir une distinction entre les personnes vivant avec une affection chronique et celles n’en ayant pas (statut affection chronique ou affection chronique auto-déclarée). Les données du SHA ne permettent pas cette distinction. Malheureusement, les microdonnées d’EU SILC/de l’AIM ne font pas état des dépenses de soins de santé non couvertes par l’assurance maladie obligatoire, contrairement aux données du SHA. C’est pour cette raison qu’on a utilisé une terminologie légèrement différente dans ce rapport : « part dans les dépenses totales de soins de santé » et non « part dans les dépenses de santé courantes». ⚠️ = résultat plus mauvais pour les malades chroniques
  • La part globale des contributions personnelles des patients dans les dépenses totales de soins de santé affiche une tendance stable dans le temps. Elle était de 17,8 % en 2008, 16,9 % en 2012 et 17,9 % en 2016. Toutefois, la composition de ces paiements a profondément changé au fil du temps, avec une part décroissante des tickets modérateurs et une part croissante des suppléments.
  • Pour les ménages dont un membre est atteint d'une maladie chronique, la part de contributions personnelles est plus faible que pour les ménages sans malade chronique :
    o selon EU-SILC (2016) : 15,1 % (avec) contre 19,7 % (sans)
    o selon le statut affection chronique (2016) : 12,7 % (avec) contre 19,4 % (sans)
  • La part de contributions personnelles est également plus faible pour les ménages à faibles revenus. Une explication possible est que les mesures de protection financière parviennent à réduire les frais à charge du patient, mais une autre explication est que les ménages financièrement vulnérables renoncent ou reportent les soins pour lesquels les contributions personnelles sont élevées, comme les soins spécialisés ou les soins dentaires.
  • Tant pour la distinction basée sur une maladie chronique autodéclarée (EU-SILC) que pour le statut affection chronique de l’INAMI, la différence entre les ménages avec et sans membre atteint d'une maladie chronique est notamment liée à une part plus faible du ticket modérateur pour les premiers, ce qui n'est pas surprenant car ces ménages sont plus susceptibles de bénéficier à la fois du MAF et du statut de remboursement majoré (BIM), diminuant de ce fait leurs tickets modérateurs. On constate également que les ménages dont un membre est atteint d'une maladie chronique dépensent moins en soins de médecine générale, de spécialistes et de dentistes.
Figure 5 – Part des tickets modérateurs, des suppléments et des remboursements MAF par rapport aux dépenses totales de soins de santé, en fonction du statut affection chronique (2008, 2012, 2016)HSPA fr A2 copayments

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Reports de soins médicaux pour raisons financières (A-4)


Cet indicateur mesure la proportion des individus qui disent avoir dû reporter des soins de santé en raison de leurs coûts au cours de l’année écoulée. Cet indicateur est issu d’enquêtes officielles menées au niveau belge et européen ; ce sont des chiffres rapportés par les personnes interrogées elles-mêmes (self-reported).


Cet indicateur est traité dans la section Accessibilité des soins pour l’ensemble de la population; il est analysé ici avec un accent spécifique sur les personnes vivant avec une maladie chronique.
Les calculs sont effectués sur la base de deux définitions des personnes vivant avec une maladie chronique : les personnes avec le statut affection chronique de l’INAMI (voir indicateur CHR-1) et les personnes ayant autodéclaré une maladie chronique lors de l’enquête EU-SILC


RÉSULTATS
  • L'incidence globale des personnes déclarant des besoins de soins médicaux non satisfaits pour des raisons financières est en augmentation. Elle est passée de 0,5 % en 2008 à 1,7 % en 2012 et à 2,2 % en 2016, avec toutefois des différences importantes entre sous-groupes de la population.
  • Chez les personnes qui déclarent souffrir d'une maladie chronique, les reports de soins médicaux passent de 1,1 % en 2008 à 3,5 % en 2012 et à 5,2 % en 2016, par rapport à respectivement 0,3 %, 1,1 % et 1,2 % chez les personnes qui ne déclarent pas de maladie chronique.
  • Chez les personnes bénéficiant du statut affection chronique, on constate que les reports de soins médicaux sont presque deux fois plus fréquents (3,9 %) par rapport au reste de la population (2,0 %) (chiffres 2016).

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Proportion des ménages confrontés à des contributions personnelles appauvrissantes ou encore plus appauvrissantes (EQ-4) et catastrophiques (EQ-5)

Ces deux indicateurs permettent d’évaluer dans quelle mesure les ménages sont exposés à des difficultés financières ; ils sont calculés selon une méthodologie proposée par l’OMS. Cette méthodologie part du principe que les ménages doivent nécessairement dépenser une partie de leurs revenus pour leurs besoins de base (nourriture, logement et services d’utilité publique) et que les moyens à consacrer aux soins de santé ne peuvent entrer en compte qu’une fois ces besoins satisfaits. La capacité d’un ménage à payer ses soins de santé correspond donc à ses ressources financières totales moins un montant destiné à couvrir les besoins de base. Cette correction est importante étant donné que les familles pauvres consacrent une part proportionnellement supérieure de leurs revenus aux besoins de base et sont parfois amenés à choisir entre les besoins de base et les soins de santé.


Les contributions personnelles sont qualifiées d’appauvrissantes quand le ménage, bien que n’étant pas pauvre, a des contributions personnelles dépassant ce qu’il est capable de payer. Lorsqu’il s’agit d’un ménage pauvre, ces contributions personnelles sont qualifiées d’encore plus appauvrissantes. Enfin, les contributions personnelles sont considérées comme catastrophiques quand elles excèdent de 40 % la capacité à payer du ménage.


Cet indicateur est traité dans la section Équité des soins pour l’ensemble de la population; il est analysé ici avec un accent spécifique sur les personnes vivant avec une maladie chronique.


Les calculs sont effectués sur la base de deux définitions des personnes vivant avec une maladie chronique : les personnes avec le statut affection chronique de l’INAMI (voir indicateur CHR-1) et les personnes ayant autodéclaré une maladie chronique lors de l’enquête EU-SILC.


RÉSULTATS


On observe des différences importantes entre les ménages avec et sans affection chronique autodéclarée :

  • Parmi les ménages dont un membre déclare une maladie chronique, la proportion de contributions personnelles appauvrissantes ou encore plus appauvrissantes est plus importante que chez les ménages sans membre avec maladie chronique (1,7 % versus 1,1% en 2016).
  • L'incidence des ménages ayant des contributions personnelles catastrophiques est deux fois plus élevée parmi les ménages dont un membre déclare une maladie chronique (2.9% versus 1.4% en 2016).On remarque également plus fréquemment des contributions personnelles catastrophiques parmi les ménages avec un membre bénéficiant du statut INAMI affection chronique.
Figure 6 – Proportion de ménages ayant des contributions personnelles appauvrissantes ou encore plus appauvrissantes, des contributions personnelles catastrophiques et sans contributions personnelles (2008-2016), selon le statut affection chronique et le problème chronique autodéclaré EQ4

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Qualité des soins – Efficacité


Hospitalisations évitables pour cause d’asthme (QE-1), de complications d’un diabète ou d’un diabète non contrôlé (QE-2) et pour bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) (QE-10)


L’asthme et le diabète sont des maladies chroniques largement répandues. Pour toutes les deux, il existe des traitements efficaces reposant sur une base scientifique solide (evidence-based). Ces traitements peuvent en grande partie être délivrés par la première ligne de soins (= en médecine générale). Une première ligne de soins performante devrait donc, dans une large mesure, pouvoir éviter les hospitalisations pour des complications d’asthme ou de diabète.
Des taux élevés d’hospitalisations pour ces deux maladies peuvent donc être considérés comme des indicateurs de faible efficacité des soins de première ligne. On peut aussi y voir un signe de mauvaise coordination de la continuité des soins.
Le taux d’hospitalisations pour cause de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est également un indicateur de performance de la première ligne de soins. Toutefois, il s’agit souvent dans ce cas de patients très fragiles qui doivent fréquemment être hospitalisés ; ce n’est donc pas tant le nombre d’hospitalisations qui est intéressant à monitorer, que l’évolution de ce nombre.


RÉSULTATS
Tableau 3 - Résultats des indicateurs de l'efficacité des soins aux patients chronique
 (ID) IndicateurScoreBelAnnéeFlaWalBruSourceUE-15
(moy.)
[Bel]
Objectif
Efficacité des soins de première ligne - hospitalisations évitables
QE-1 Hospitalisations liées à l'asthme chez l'adulte (/100.000 hab. de +15 ans)  green improving! 27,9 2019 28,7 26,8 26,3 RHM
OCDE
30,3*
[27,1]*
 
QE-2 Hospitalisations liées aux complications du diabète ou au diabète incontrôlé chez l'adulte (/100.000 hab. de +15 ans)  orange improving 146,7 2019 149,9 140,3 148,1 RHM
OCDE
105,2*
[134,6]*
 
QE-10 Hospitalisations liées à la bronchopneumopathie chronique obstructive chez l'adulte (/100 000 hab. de +15 ans)  red deteriorating! 330,9 2019 314,7 393,8 228,3 RHM
OCDE
190,4*
[278,9]*
 
Efficacité des soins - observance d'un traitement long et difficile
QE-11
NEW
Traitement réussi de cas de tuberculose pulmonaire (TB) (% de personnes avec tuberculose pulmonaire traitée avec succès)  orange stable 81,2 2018 80,8 84,2 79,3 Registre belge de la TB 75,5
[80,9]*
85 %
(OMS-UE, ECDC)

*Pourcentages standardisés selon l’âge et le sexe ; ! Il faut faire preuve de prudence concernant la comparaison avec la moyenne UE-15 à cause des différences d’ICD ; #Tous les cas de TB (pas uniquement ceux de TB pulmonaire), §Moyenne UE-7, à prendre avec prudence vu qu’elle ne concerne que les pays ayant communiqué des données de suivi relatives à au moins 80 % de leur cohorte de TB respective

  • Pour l’asthme (QE-1), le nombre d’hospitalisations évitables est passé de 39.2/100 000 habitants en 2009 à 36,3/100 000 en 2014. Un changement dans les normes d’encodage à partir de 2016 (pour la Belgique), entraînant un glissement de certaines pathologies mixtes de l’asthme vers la BPCO, empêche cependant une comparaison de l’évolution actuelle avec les années précédant 2016. Pour la période 2016-2019, on note une diminution du nombre d’hospitalisations évitables, avec des taux de 32,1/100 000 en 2016 et de 27,9/100 000 en 2019. Bien que Bruxelles présentait en 2016 un nombre plus important d’hospitalisations évitables, les chiffres de 2019 sont assez similaires pour les trois régions du pays : 28,7/100 000 en Flandre, 26,8/100 000 en Wallonie et 26,3/100 000 à Bruxelles.
  • Pour le diabète (QE-2), le nombre d’hospitalisations évitables montre une lente diminution sur les dix dernières années, passant de 185,4/100 000 habitants en 2009 à 146,7/100 000 en 2019. Les chiffres sont assez similaires dans les trois régions.
  • Pour la BPCO (QE-10), le taux d’hospitalisations est assez stable sur la période 2009-2014 : avec 172,2 et 158,3 admissions pour 100 000 habitants en Belgique en 2009 et 2014 respectivement (voir Figure 3). Comme pour l’asthme, un changement dans les normes d’encodage en 2016 empêche de continuer les comparaisons avec les années précédant 2016. Pour la période 2016-2019, on observe une augmentation des hospitalisations pour BPCO, sauf à Bruxelles. En 2019, les chiffres étaient de 228,3/100 000 à Bruxelles, 314,7 en Flandre et 393,8 en Wallonie.
  • Pour l’asthme et les complications du diabète, la tendance globale est donc à la baisse des hospitalisations évitables au cours des dernières années, ce qui est un signe d’amélioration de la qualité des soins de première ligne. Cette diminution est également observée dans d'autres pays européens. Pour le diabète, cette diminution est cependant plus marquée au niveau de la moyenne européenne qu’en Belgique. Pour la BPCO, la tendance est par contre à la hausse (sauf à Bruxelles, probablement en raison d’une population plus jeune) en Belgique mais reste stable au niveau européen.
  • La Belgique se situe au-dessus de la moyenne de l'UE-15 pour le diabète et la BPCO mais, pour ces deux indicateurs, la comparaison n’est pas très informative, car les différences entre pays peuvent être dues à d‘autres facteurs que la qualité des soins. Il est donc préférable de surveiller l’évolution dans le temps de ces indicateurs dans une zone géographique donnée.
  • Des trajets de soins ont été mis en place pour améliorer la prise en charge des patients diabétiques, mais pas pour les patients asthmatiques et ceux atteints de BPCO. Néanmoins, la prise en charge de ces patients dans des centres spécialisés et de rééducation fait également l’objet de conventions spécifiques.
Figure 7 – Taux d'hospitalisations pour asthme par région du patient pour 100 000 habitants âgés de plus de 15 ans (2009-2019)

Figure 8 – Taux d'hospitalisations pour (complications du) diabète par région pour 100 000 habitants âgés de plus de 15 ans (2009-2019)

Figure 9 – Taux d'hospitalisations pour BPCO par région pour 100 000 habitants âgés de plus de 15 ans (2009-2019)

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- Taux de succès du traitement de la tuberculose pulmonaire (QE-11)


Cet indicateur permet d’évaluer l’efficacité du traitement de la tuberculose et le degré d’observance thérapeutique des patients. En d’autres termes, cet indicateur traduit la capacité du système de santé belge à assurer l’adhérence des patients à un traitement long et difficile, qui touche plus particulièrement un public en situation précaire. La Belgique dispose d’un Registre belge de la tuberculose, tenu par le Fonds des affections respiratoires (FARES), la Vlaamse vereniging voor respiratoire gezondheidzorg en tuberculosebestrijding (VRGT) et la Vlaams Agentschap Zorg en Gezondheid et, qui offre une vision exacte de la situation dans notre pays, étant donné que la déclaration de cette maladie est obligatoire dans les trois régions.
L’OMS a fixé un objectif de 85 % de taux de réussite du traitement de la tuberculose pour la Région européenne de l'OMS.


RÉSULTATS
  • Le rapport 2019 du Registre belge de la tuberculose montre que 81,2 % des cas de tuberculose pulmonaire diagnostiquée en 2018 ont été traités avec succès dans l’année. Cette proportion d'issues favorables correspond à une augmentation de 3,5 points de pourcentage par rapport à 2017 (77,7 %) mais à une diminution de 3 points de pourcentage par rapport à 2014 (84,2 %). En réalité, ce taux est assez stable depuis plusieurs années dans les différentes régions.
  • Dans la comparaison des taux de réussite du traitement de la tuberculose (tous sites) de 7 pays européens (données 2018), la Belgique présente un taux de 81,7 %, ce qui la place en deuxième position, juste après les Pays-Bas (85,1 %). La valeur de cette comparaison est toutefois limitée, car plusieurs pays ne communiquent qu’une petite partie de leurs données de suivi.

 

Figure 10 – Taux de succès du traitement de la TB pulmonaire (% d’individus traités avec succès), par année et par région

Figure 11 – Taux de succès du traitement de la tuberculose dans 7 pays européens

 
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Qualité des soins – adéquation

Suivi adéquat des patients diabétiques (QA-1 et QA-2)

Le diabète est une maladie chronique caractérisée par un taux trop élevé de glucose dans le sang. Si elles ne sont pas correctement soignées, les personnes qui en sont atteintes courent un risque important de développer des maladies cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral) ou une insuffisance rénale. Le diabète non contrôlé augmente également les risques de perte de vision ou de lésions des nerfs et des vaisseaux sanguins pouvant mener à des plaies chroniques au niveau des pieds, voire à l’amputation. En Belgique, selon les chiffres du rapport sur l’état de santé de la population, 6,3 % de la population a un diagnostic de diabète connu (type 1 et 2 confondus, chiffres 2018). Étant donné qu’environ une personne diabétique sur trois ne sait pas qu'elle est atteinte de la maladie, la véritable prévalence du diabète peut donc être estimée à environ 10 % de la population.
Le suivi d’une personne diabétique consiste à surveiller l’hémoglobine glyquée (HbA1c qui mesure la « charge » en sucre dans le sang) au moins deux fois tous les 15 mois, le bilan lipidique, l’albumine (microalbuminurie ou dosage des protéines totales) et la créatinine au moins une fois tous les 15 mois, et à pratiquer au moins un examen ophtalmologique sur une période de 15 mois. Cet indicateur mesure le nombre de personnes diabétiques qui ont subi chacun de ces cinq tests aux fréquences recommandées au cours des 15 derniers mois. Il est calculé séparément pour les diabétiques (de 18 ans et plus) traités par insuline (QA-1) et pour les diabétiques (de 50 ans et plus) traités par antidiabétiques autres que l’insuline (QA-2).


RÉSULTATS
Tableau 4 –  Résultats des indicateurs de l’adéquation des soins aux patients chroniques
(ID)IndicateurScoreBelgiqueAnnéeFlandreWallonieBruxelles
QA-1 Proportion de diabétiques adultes (âgés de 18 ans ou +) sous insuline bénéficiant d'un suivi adéquat orange stable 43,2 2019 46,7 36,8 45,7
QA-2 Proportion de diabétiques adultes (âgés de 50 ans et +) traités par des antidiabétiques autres que l'insuline bénéficiant d'un traitement adéquat orange stable 15,9 2019 16,4 13,4 22,9
Source: AIM, pas de moyenne disponible pour UE-15.
  • En 2019, chez les patients diabétiques adultes sous insuline, 43,2 % ont effectué l’ensemble des 5 tests sélectionnés pour évaluer la qualité du suivi du diabète au cours des 15 derniers mois, ce qui correspond à une amélioration par rapport à 2009 (36,3 %).
  • Chez les patients diabétiques traités par antidiabétiques autres que l’insuline, la couverture des cinq tests combinés est beaucoup plus faible, soit 15,9 %, ce qui correspond toutefois aussi à une amélioration par rapport à 2009 (9,1 %).
  • Les différences entre régions sont faibles, mais pour les diabétiques adultes sous insuline, les résultats sont légèrement moins bons en Wallonie. Pour les diabétiques adultes traités par antidiabétiques autres que l'insuline, c’est à Bruxelles que le suivi est le meilleur.
  • Les faibles taux pour les cinq tests combinés peuvent en partie s'expliquer par le fait que certains guidelines récents ne recommandent pas ces cinq tests pour tous les patients diabétiques. Par exemple, certaines mesures ne sont recommandées qu'à partir d'une durée de diabète supérieure à 5 ans (pour le diabètes de type 1) et les consultations chez un ophtalmologiste pourraient être envisagées tous les 2 ans pour certains patients. Il est donc important de considérer également les résultats détaillés par test.
  • Pour les diabétiques sous insuline, la créatinine sérique (97,4 %), les mesures de cholestérol (92,4 %) et l'hémoglobine glyquée (84,1 %) sont très bien couvertes. Les consultations annuelles chez l'ophtalmologiste (66,7 %) et les mesures d'albumine (microalbuminurie (62,5 %) ou protéinurie (31,2 %)) sont moins bien suivies, mais comme indiqué ci-dessus, elles ne sont pas systématiquement recommandées pour certains patients.
  • Pour les diabétiques adultes recevant des antidiabétiques autres que l'insuline, les mesures de la créatinine sérique (94,9 %) et du cholestérol (90,1 %) sont bien couvertes, l'hémoglobine glyquée est moins fréquente (deux fois par 15 mois chez 66,2 % seulement) et la mesure de l'albumine et la consultation ophtalmologique au cours des 15 derniers mois sont effectuées chez moins de la moitié des patients. Des analyses complémentaires seraient nécessaires afin de déterminer la cause de ces faibles taux, en particulier celui concernant l’examen ophtalmologique : ces maigres résultats s’expliquent-ils en partie par les nouvelles directives cliniques, ou traduisent-ils un éventuel problème de coordination (entre médecins) ou d’accessibilité des soins (longs temps d’attente, p.ex.) ?
Figure 12 – Proportion de patients diabétiques ayant obtenu la combinaison de cinq tests sur 15 mois, par région et par année (2009-2019)

Figure 13 – Proportion de patients diabétiques ayant obtenu la combinaison de cinq tests sur 15 mois, détails par test, 2019, Belgique

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Qualité des soins – continuité

 

- Proportion de la population disposant d’un Dossier Médical Global (QC-1)

Depuis 2001, en Belgique, chaque personne peut demander à un médecin généraliste de lui ouvrir un dossier médical global (DMG) pour centraliser et gérer toutes ses informations médicales. Cela permet à ce médecin d’avoir une meilleure vision globale de tout ce qui touche à la santé de la personne, de son histoire médicale, de ses traitements, allergies, vaccinations, hospitalisations, etc. Chaque examen ou consultation effectué chez un autre prestataire de soins y est également consigné, ce qui permet d’éviter les examens inutiles et favorise la communication entre les différents soignants. C’est donc un gage de prise en charge optimale de la santé de chacun.
Depuis 2016, le DMG est devenu électronique : c’est le Dossier Médical Informatisé (DMI) et les médecins généralistes sont tenus de s’équiper d’un logiciel agréé afin de gérer ces dossiers informatisés au plus tard pour 2020. Cet indicateur-ci mesure la proportion de la population qui dispose d’un Dossier Médical Global (informatisé ou non).
Cet indicateur est traité dans la section Qualité des soins/ Continuité pour l’ensemble de la population ; il est analysé ici avec un accent spécifique sur les personnes vivant avec une maladie chronique.


RÉSULTATS
Tableau 5 – Indicateurs de continuité des soins, selon le statut affection chronique
(ID)IndicateurStatutScoreBelFlaWalBru
Continuité de l'information en médecine générale
QC-1 Couverure du dossier médical global (% des personnes ayant établi un dossier médical global (DMG) avec un médecin généraliste) Total green stable 77,9 83,9 72,6 60,8
Avec statut d'affection chronique de l'INAMI orange stable 88,3 92,5 83,5 75,7
Sans statut d'affection chronique de l'INAMI NR 77,3 83,3 71,8 60,0
Continuité de l'information concernant la médication
QC-7
NOUVEAU
Proportion d'individus ayant un pharmacien de référence (%) Total NR 7,3 8,9 5,6 4,1
  Avec statut d'affection chronique de l'INAMI red improving 28,5 33,6 21,4 20,8
  Sans statut d'affection chronique de l'INAMI SO 4,6 5,6 3,3 2,5
Continuité entre l'hôpital et le MG
QC-3 Contact avec le MG dans les 7 jours suivant la sortie d'hôpital (% des patients de 65 ans et +) Total orange deteriorating 53,2 54,2 53,2 42,9
  Avec statut d'affection chronique de l'INAMI orange deteriorating 58,1 59,4 57,8 46,5
  Sans statut d'affection chronique de l'INAMI red deteriorating 46,9 47,7 47,0 38,3
Année: 2019, source: AIM, pas de moyenne disponible pour UE-15.
Tableau 6 – Indicateurs de continuité des soins aux patients chroniques
(ID)IndicateurScoreBelFlaWalBru
Coordination des soins ambulatoires pour les patients chroniques
QC-4 Proportion de diabétiques adultes sous insuline (âgés de 18 ans et +) avec convention/passeport ou pré-trajet/trajet de soins green stable 91,0 92,6 89,6 86,8
QC-5 Proportion de diabétiques adultes traités par des antidiabétiques autres que l'insuline (âgés de 50 ans et +) avec convention/passeport ou pré-trajet/trajet de soins (%) red improving 26,2 32,9 16,9 23,0
Année: 2019, source: AIM, pas de moyenne disponible pour UE-15.
  • Le pourcentage de la population disposant d'un DMG augmente au fil des années. Il est passé de 60,1 % en 2014 à 77,9 % en 2019. L'augmentation de cette couverture est cependant moindre pour les patients avec un statut affection chronique (+ 12,6 points de pourcentage) par rapport aux autres patients (+ 18,2 points de pourcentage)
  • La proportion de DMG est plus élevée chez les patients bénéficiant du statut affection chronique (2019 : 88,3 %) que chez les malades qui n’en bénéficient pas (2019 : 77, 3 %), à l’exception des personnes âgées et des 24-44 ans.
  • On observe des différences entre les régions (la Flandre ayant une meilleure couverture que les autres) mais elles tendent à diminuer avec le temps. La même observation est faite entre les patients chroniques et non chroniques.
Figure 14 – Évolution des personnes assurées ayant un dossier médical global (DMG) par région, par année (2014-2019) et par statut affection chronique

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- Proportion des patients qui ont un pharmacien de référence (QC-7)

Depuis le 1er octobre 2017, l’INAMI a introduit un service de « pharmacien de référence » destiné aux personnes atteintes d’une maladie chronique qui se rendent dans une pharmacie publique (ceci ne concerne donc pas les personnes résidant en maison de repos et de soins). Ce service consiste à enregistrer les médicaments délivrés dans un dossier pharmaceutique (électronique), à procurer au patient un schéma de médication et à mettre celui-ci à la disposition d’autres prestataires de soins.
Cet indicateur évalue l’adhésion à ce service parmi les personnes avec un statut affection chronique en comparaison avec celles qui n’ont pas ce statut.
Une étude auprès d’un échantillon de patients ayant un pharmacien de référence montre que :

  • 80 % ont reçu une explication claire du service lors de la demande,
  • 51 % ont reçu un schéma de médication, et parmi ceux-ci 84 % estiment que cela n’a pas modifié leur consommation de médicaments
  • 33 % savent que leur médecin généraliste est au courant qu'ils ont un pharmacien de référence,
  • 66 % pensent qu'il y a une bonne communication entre tous leurs soignants concernant la gestion de leurs médicaments.
RÉSULTATS
  • L'adhésion est en hausse, 29 % des personnes ayant le statut affection chronique ayant un pharmacien de référence à la fin de 2019 (dont 57 % de femmes)
  • Cette proportion est la plus élevée pour la Flandre et la plus faible pour la Wallonie.


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Figure 15 – Proportion de personnes avec un statut affection chronique qui ont un pharmacien de référence, par région (2017-2019)


Proportion des patients 65+ qui ont un contact avec un médecin généraliste à la sortie de l’hôpital (QC-3)

Cet indicateur mesure la proportion de sorties d’hospitalisation de personnes âgées (65+) qui sont suivies d’un contact avec un médecin généraliste endéans la semaine, ce qui permet d’évaluer la continuité de la relation entre l’hôpital et la médecine générale (médecine de première ligne).
Le retour dans le milieu de vie habituel après la fin d’une hospitalisation est souvent un moment délicat pour les personnes âgées. En effet, il ne s’agit pas simplement de quitter l’hôpital, mais aussi de (re)mettre en place sans discontinuité une organisation des soins et un soutien émotionnel qui leur permettent de reprendre le fil normal de leur vie. C’est pourquoi il est recommandé que chaque personne âgée sortant de l’hôpital rencontre un/son médecin généraliste après environ une semaine, pour vérifier si les arrangements mis en place lors de la sortie sont (toujours) appropriés. Ceci permet de réduire le nombre de réadmissions à l’hôpital et la durée des hospitalisations.
Cet indicateur est d’autant plus important que le nombre de patients âgés augmente et que la durée moyenne d’hospitalisation diminue. Ces dernières années, de nombreuses initiatives (p.ex. trajets de soins intégrés) ont été mises en œuvre pour renforcer la continuité des soins.
Cet indicateur est traité dans la section Qualité des soins /Continuité pour l’ensemble de la population ; il est analysé ici avec un accent spécifique sur les personnes vivant avec une maladie chronique.


RÉSULTATS
  • Malgré les bénéfices supposés d'un contact avec un médecin généraliste dans la semaine suivant la sortie de l'hôpital, le taux de suivi a diminué au fil du temps, passant de 60,7 % en 2013 à 53,2 % en 2019 (de 65,2 % à 58,1 % pour les personnes avec un statut affection chronique et de 55,9 % à 46,9 % pour les personnes qui n’ont pas ce statut). Cette baisse peut toutefois indiquer une réduction du suivi précoce ou d’un suivi par d'autres prestataires de soins.
  • On observe d'importantes variations dans le taux de suivi. Leur analyse suggère que, malgré la tendance générale à la baisse, le suivi est davantage ciblé sur les personnes ayant les besoins les plus importants, comme des personnes avec un statut affection chronique : 58,1 % contre 46,9 % chez les personnes n'ayant pas ce statut (2019).
  • Le taux de suivi est plus faible à Bruxelles par rapport à la Flandre et la Wallonie pour l’ensemble de la population.
Figure 16 – Évolution de la proportion des patients 65+ qui ont un contact avec un médecin généraliste à la sortie de l’hôpital, par statut et par année (2013-2019)

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- Proportion de diabétiques qui sont inscrits dans un modèle de soins pour le diabète (QC-4 et QC-5)


L’INAMI a mis en place différents modèles de soins destinés à optimaliser la prise en charge des patients diabétiques : des trajets de soins, des conventions dans le cadre de programmes dans des centres spécialisés et des « pré-trajets diabète » pour les patients atteints de diabète de type 2 (remplaçant les « Passeports pour le diabète » depuis 2016).
Ces différents modèles de soins ont pour objectifs de mieux informer les patients et leur entourage sur le traitement, la gestion des complications, etc., de stimuler leur implication dans les soins et de favoriser une bonne communication entre le patient et les différents prestataires de soins. Ce dernier point peut servir d’indicateur pour la continuité des soins.
Selon les cas, les patients inscrits dans l’une ou l’autre de ces formules bénéficient de meilleurs remboursements lors des consultations chez leur médecin généraliste et leur diabétologue, du remboursement de leur matériel d’autosurveillance des taux de glycémie et de consultations avec des infirmiers spécialisés dans la prise en charge du diabète, des diététiciens, des podologues, etc.
Nous avons calculé dans cette population deux indicateurs mesurant la continuité de la coordination des soins :

  • la proportion de personnes diabétiques (de plus de 18 ans) traitées par insuline qui sont inscrites dans un trajet de soins, un programme de soins dans un centre spécialisé conventionné, un pré-trajet de soins, ou qui détiennent un passeport diabète (QC-4)
  • la proportion de personnes diabétiques adultes (de plus de 50 ans) traitées par antidiabétiques autres que l’insuline, qui sont intégrées dans un trajet de soins, un programme de soins dans un centre spécialisé conventionné, un pré-trajet de soins, ou qui détiennent un passeport diabète (QC-5 )

RÉSULTATS
  • La proportion d’adultes diabétiques sous insuline inclus dans au moins un modèle de soins (un trajet de soins, une convention ou un passeport/pré-trajet diabète) est relativement élevée (91,0 %). La majorité a opté pour la convention (82,7 %) mais on observe une augmentation relative des trajets de soins. La tendance globale est stable depuis 2014.
  • Par contre, chez les patients traités par des antidiabétiques autres que l’insuline, seulement 26,2 % sont inclus dans un modèle de soins du diabète, dont un peu plus de la moitié dans un trajet de soins et l’autre moitié dans un pré-trajet diabète (ou un passeport). Une tendance positive se dégage néanmoins, en particulier pour les trajets de soins.
  • Les patients sous insuline de faible niveau socio-économique (bénéficiaires d’interventions majorées - BIM) sont un peu moins souvent inscrits dans l’un ou l’autre modèle. Inversement, les patients traités par antidiabétiques autres que l'insuline et de faible niveau socio-économique sont légèrement plus souvent inscrits.
  • La proportion de patients ayant au moins un enregistrement dans un modèle de soins du diabète est similaire entre les régions pour les patients sous insuline. Pour les patients traités par antidiabétiques autres que l'insuline, elle est plus élevée en Flandre (32,9 %) par rapport aux deux autres régions (16,9 % pour la Wallonie et 23,0 % pour Bruxelles).
Figure 17 – Évolution de la proportion de patients dans un modèle de soins du diabète, par modèle de soins (2014-2019)

Figure 18 – Proportion de patients dans un modèle de soins du diabète, par région (2006-2016)

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Qualité des soins – orientation centrée sur le patient

- Expérience des patients avec le médecin (QP-1, QP-3, QP-4)

La prise en charge centrée sur le patient est une approche des soins de santé volontairement axée sur les besoins du patient, qui respecte ses préférences individuelles et s’assure que ses valeurs guident la prise de décision clinique. L’évaluation de la place centrale accordée au patient porte typiquement sur la reconnaissance de ses besoins, desiderata et préférences, sur la qualité de la communication avec le prestataire de soins et sur l’implication des patients et de leurs proches dans les soins. Cette place centrale accordée au patient améliore son expérience et permet d’éviter les problèmes liés à la fragmentation des soins, p. ex. avis médicaux contradictoires, surprescription, surhospitalisation et absence de réactivité.

Depuis 2011, l’OCDE collecte des questions relatives à la manière dont les patients perçoivent la qualité de la consultation pour son rapport « Panorama de la santé ». Sciensano en a inclus certaines dans le questionnaire de son Enquête nationale de santé (HIS) ; les réponses à trois de ces questions sont utilisées ici à titre d’indicateurs :
Question : La dernière fois que vous avez été en consultation chez un médecin (généraliste ou spécialiste),

  • ce médecin vous a-t-il consacré suffisamment de temps ? (QP-1)
  • ce médecin vous a-t-il laissé l’opportunité de poser des questions ou de faire part de vos préoccupations au sujet du traitement prescrit ? (QP-3)
  • ce médecin vous a-t-il impliqué autant que vous le souhaitiez dans les décisions à prendre au sujet de vos soins et de votre traitement ? (QP-4)

Ces indicateurs sont traités de façon globale dans la section Qualité des soins/ Soins centrés sur le patient pour l’ensemble de la population ; ils sont analysés ici avec un accent spécifique sur les personnes vivant avec une maladie chronique.

Les calculs sont effectués sur la base de deux définitions des personnes vivant avec une maladie chronique : les personnes avec le statut affection chronique de l’NAMI et les personnes ayant autodéclaré une maladie chronique lors de la dernière Enquête de santé (HIS – voir indicateurs CHR-1 et 2)

RÉSULTATS
Tableau 7 – Résultats des indicateurs de soins centrés sur le patient, indicateurs chronique contre non chronique
 StatutScoreBelFlaWalBruUE-15
(moy.)
QP-1 Le médecin passe suffisamment de temps avec le patient au cours de la consultation (% de répondants, contact avec MG/MS)
Total green stable 97,5 97,8 97,2 95,9 81,7
Avec statut affection chronique de l'INAMI Oui green stable 97,6 98,3 96,7 96,7 -
Non green stable 97,4 97,7 97,2 95,9
Maladie chronique autodéclarée Oui green stable 97,4 98,0 96,9 96,5
Non green stable 97,6 98,0 97,4 95,4
Statut affection chronique de l'INAMI et Maladie chronique autodéclarée Oui green stable 98,2 98,6 98,3 95,6
QP-3 Le médecin donne l'occasion au patient de formuler ses questions et inquiétudes (% des répondants, contact avec MG/MS)
Total green stable 97,5 98,0 97,0 95,9 -
Avec statut affection chronique de l'INAMI Oui green stable 96,6 98,3 96,6 96,7 -
Non green stable 97,7 98,1 97,2 96,0
Maladie chronique autodéclarée Oui green stable 97,1 97,8 96,6 94,3
Non green stable 97,7 98,0 97,5 96,2
Statut affection chronique de l'INAMI et Maladie chronique autodéclarée Oui green stable 97,3 97,5 97,8 94,4
QP-4 Le médecin implique les patients dans les décisions sur les soins et/ou traitements (% de répondants, contact avec MG/MS)
Total green stable 95,4 96,0 94,8 93,8 82,8**
Avec statut affection chronique de l'INAMI Oui green stable 95,8 96,9 94,6 93,5 -
Non green stable 95,4 95,8 94,8 94,1
Maladie chronique autodéclarée Oui green stable 94,3 95,1 93,6 91,8
Non green stable 96,1 96,6 95,8 94,1
Statut affection chronique de l'INAMI et Maladie chronique autodéclarée Oui green stable 96,2 97,3 95,6 91,4  
Année: 2018, source: HISLink
  • L’expérience positive des patients est élevée pour les trois questions, quels que soient l'âge, la région et le statut chronique (QP-1).
  • L’expérience positive concernant la possibilité de poser des questions ou d'exprimer des inquiétudes sur le traitement (QP-3) est très élevée et ne varie pas en fonction du statut chronique (INAMI ou HIS). Elle est stable dans le temps et similaire dans les différentes régions.
  • La question sur l'implication dans les décisions de soins (QP-4) obtient des résultats légèrement inférieurs aux deux autres questions. L’expérience rapportée est un peu plus positive en Flandre qu’en Wallonie et à Bruxelles. Il ne semble pas y avoir de différence évidente en fonction du statut chronique (INAMI ou auto-déclaré), même si les patients wallons cumulant les deux rapportent moins d’expériences positives (91,4 %) que les personnes ne souffrant d’aucune maladie chronique ou ayant un seul type de statut chronique.
  • Globalement, les patients cumulant les deux statuts (INAMI et auto-déclaré) rapportent plus fréquemment une expérience positive que les patients ayant un seul type de statut chronique.
  • La comparaison avec d'autres pays montre que la Belgique se classe au premier rang pour l’expérience positive des patients concernant le temps passé par leur médecin pendant la consultation et au deuxième rang pour la perception par les patients de leur implication dans la décision concernant leurs soins ou leur traitement. Il n’existe toutefois pas d’analyse distinguant les malades chroniques des autres.
Figure 19 – Proportion de personnes (de 15 ans et plus) avec une expérience positive par rapport au temps que le médecin leur consacre pendant une consultation, en fonction du statut chronique (INAMI) ou non, et par région (QP-1)

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Efficience

- Proportion de dialyses rénales « low-care » (E-5)

L'hémodialyse, traitement chronique par excellence, est très coûteuse lorsqu’elle se fait en milieu hospitalier, mais il existe des alternatives moins onéreuses (low-care) telles que la dialyse péritonéale ou l'hémodialyse en centre auxiliaire ou à domicile. Ces alternatives peuvent convenir pour de nombreux patients en insuffisance rénale. Elles permettent également des horaires plus flexibles que les dialyses en milieu hospitalier. Il a donc été demandé, en 2018, aux hôpitaux généraux ayant signé la convention de financement pour la dialyse d'atteindre au moins 40 % de dialyses low-care.
Cet indicateur informe sur la proportion de dialyses low-care effectuées par les équipes hospitalières belges.

 

RÉSULTATS
Tableau 8 – Résultat des indicateurs de l'efficience du système de santé
(ID)IndicateurScoreBelgiqueFlandreWallonieBruxelles
E-5
NOUVEAU
Proportion de dialyses low care (%) orange improving 43,0 44,3 41,0 43,2
Année: 2020, source: INAMI, pas de moyenne disponible pour UE-15.
  • Depuis 2018, 52 hôpitaux ont signé la convention INAMI qui fixe un objectif à atteindre d'au moins 40 % de dialyses low-care.
  • La proportion de 40 % de dialyses low care est atteinte au niveau national (43,0 %) ainsi que pour les trois régions (43,2 % à Bruxelles, 41,0 % en Flandre et 44,3 % en Wallonie) (2020).
  • Par contre, au niveau des hôpitaux individuels, l’objectif de 40 % n’est atteint que par 45 hôpitaux sur les 52 (86,5 %), dont 8 sur 9 à Bruxelles, 18 sur 24 en Flandre et 19 sur 19 en Wallonie. Il s’agit de 28 hôpitaux généraux (sur 33), 11 hôpitaux non-universitaires à caractère universitaire (sur 12) et 6 hôpitaux universitaires (sur 7).

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Prévention

- Vaccination des personnes âgées contre la grippe (P-4)

La vaccination contre la grippe saisonnière est considérée comme la mesure préventive la plus efficace pour réduire la fréquence et la gravité des infections dues au virus influenza. En Belgique, cette vaccination est actuellement recommandée (entre autres) pour toutes les personnes âgées de 65 ans et plus, et pour toutes les personnes vivant en maison de repos.
L'OMS recommande un objectif de 75 % de taux de vaccination pour les personnes âgées.
La proportion de personnes âgées (65+) qui ont été vaccinées contre la grippe au cours de l’année écoulée est un indicateur important pour évaluer l’accessibilité des soins préventifs. Cet indicateur est calculé sur la base des données de remboursement du vaccin par l’INAMI.
Cet indicateur est essentiellement traité dans la section Soins Préventifs ; il est analysé ici sous l’angle spécifique des personnes vivant avec une maladie chronique.

RÉSULTATS
Tableau 9 – Résultat des indicateurs de prévention, selon le statut affection chronique
 StatutScoreBEFlaWalBruSourceUE15
(moyenne)
Objectif
P-4 Vaccination contre la grippe (% de la population de plus de 65 ans)
  Total red stable 55,1 60,8 46,1 44,7 AIM ; OCDE 53,7 75%
(OMS)
Statut affection chronique de l'INAMI orange improving 72,3 77,7 64,3 63,6    
Sans statut affection chronique de l'INAMI red stable 48,1 54,2 38,0 37,0    
P-6 Dépistage du cancer du sein (% de femmes âgées de 50-69 ans), programme organisé
  Total red stable 33,2 50,2 4,7 10,4 AIM - -
Statut affection chronique de l'INAMI red stable 28,2 45,6 4,7 12,0    
Sans statut affection chronique de l'INAMI red stable 33,0 50,9 4,7 10,0    
P-7 Dépistage du cancer du sein (% de femmes âgées de 50-69 ans), toutes mammographies
  Total red stable 59,7 65,3 51,5 51,0 AIM 73,5 75%
(UE)
Statut affection chronique de l'INAMI red stable 58,8 63,0 53,2 55,5    
Sans statut affection chronique de l'INAMI red stable 59,9 65,7 51,1 50,0    
P-11 Visites régulières chez le dentiste (% pop. de 3 ans et plus)
  Total orange improving 55,3 60,0 51,0 50,1 AIM -  
Statut affection chronique de l'INAMI orange improving 53,1 54,7 49,7 56,5    
Sans statut affection chronique de l'INAMI orange improving 55,6 60,7 51,2 49,3    
Année: 2019
  • En 2019, la couverture vaccinale contre la grippe des personnes âgées de 65 ans et plus (et ne résidant pas en institution) était de 55,1 %, ce qui est bien en dessous de l'objectif de 75 % fixé par l'OMS et stable depuis 2013 (56,4 %).
  • Néanmoins, la couverture vaccinale contre la grippe est plus élevée en Belgique que la moyenne des pays de l'UE-15 (53,7 % en 2018).
  • On observe une disparité entre les régions avec 60,8 % en Flandre, 46,1 % en Wallonie et 44,7 % à Bruxelles.
  • En 2019, le taux de vaccination était plus élevé chez les patients avec un statut affection chronique (72,3 %) que chez les patients qui n’ont pas ce statut (48,1 %). Cet écart (24,2 %) est indépendant des caractéristiques socio-économiques des patients ; il s’est accentué depuis 2013 (22,5 %).
  • Les patients avec un statut affection chronique sont plus souvent vaccinés contre la grippe en Flandre (77,7 %) qu’à Bruxelles (63,6 %) ou en Wallonie (64.3 %). La répartition est similaire pour les patients non-chroniques.
  • La couverture des personnes de 85 ans et plus est globalement plus élevée que celle des autres tranches d’âge.
  • Dans les maison de repos pour personnes âgées (en Fédération Wallonie-Bruxelles), les résidents avec un statut affection chronique sont plus fréquemment vaccinés (84,2 %) que les résidents sans statut affection chronique (73,9 %). 
Figure 20 – Couverture vaccinale contre la grippe chez les 65 +, par région (2013-2019) et par statut chronique (gauche) ou non-chronique (droite)

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- Dépistage du cancer du sein (P-6 et P-7)

Depuis le début des années 2000, il existe en Belgique un programme national de dépistage du cancer du sein pour les femmes âgées de 50 à 69 ans. Dans cette tranche d’âge, chaque femme reçoit tous les 2 ans une invitation à participer gratuitement à ce programme dans le service de radiologie/sénologie agréé. Les mammographies réalisées dans le cadre de ce programme suivent une procédure standardisée définie par des normes de qualité européennes. La tranche d’âge de 50 à 69 ans a été fixée parce que c’est à cet âge que le dépistage d’un cancer du sein au stade précoce a le plus de chances de mener à une guérison. Ce programme de dépistage organisé est placé sous la responsabilité des régions mais les mammographies sont remboursées par l’INAMI.
Par ailleurs, les femmes peuvent également choisir de faire leur dépistage en dehors du programme organisé, utilisant alors la voie du diagnostic à des fins de dépistage. Un tel « dépistage » (dit « opportuniste ») consiste généralement en un examen clinique par un spécialiste, une mammographie et souvent une échographie. Cet examen plus coûteux ne se fait pas sur invitation mais bien sur initiative personnelle. Il n’existe pas de preuves qu’il soit plus efficace que le dépistage organisé, et ce d’autant plus qu’il n’est pas standardisé et n’est pas soumis à des contrôles de qualité. Il est remboursé par l’INAMI à titre de test diagnostique.
Deux indicateurs permettent de mesurer la fréquentation des examens de dépistage du cancer du sein :

  • la proportion de femmes de 50 à 69 ans qui ont passé une mammographie au cours des deux dernières années dans le cadre du programme de dépistage organisé (P-7).
  • la proportion de femmes de 50 à 69 ans qui ont passé une mammographie au cours des deux dernières années indifféremment dans le cadre du dépistage organisé ou pas (P-6).


Il est intéressant de considérer ces deux indicateurs ensemble, car le premier donne une mesure de la fréquentation du programme de dépistage organisé et le second donne une mesure de la couverture totale des femmes (dans la tranche d’âge recommandée). On considère généralement qu’une couverture globale de 75 % est le seuil pour que cette intervention atteigne un rapport coût-efficacité acceptable. La Belgique n’atteint pas cet objectif alors que la France, l’Italie, les Pays-Bas, le Luxembourg, le Portugal et la Suède l’ont atteint en 2019.
Ces deux indicateurs sont essentiellement traités dans la section Soins Préventifs ; ils sont analysés ici sous l’angle spécifique des personnes vivant avec une maladie chronique.


RÉSULTATS
  • La couverture totale des femmes (dépistage organisé + mammographies opportunistes) atteint 59,7 % en 2019. Après une amélioration au début des années 2000 (elle était de 43 % en 2003) elle est en légère diminution depuis 2016 (62 %).
  • Ce taux est le plus élevé en Flandre (65,3 %) qu’en Wallonie (51,5 %) et à Bruxelles (51,0 %) (2019).
  • Les femmes avec un statut affection chronique font moins de mammographies de dépistage (organisées) que les femmes qui n’ont pas ce statut. Ce résultat varie toutefois en fonction de la tranche d'âge, du statut de de bénéficiaire de l’intervention majorée (BIM) et de la région.
  • Les femmes plus jeunes (50-59 ans) avec un statut affection chronique sont plus fréquemment couvertes par le dépistage du cancer du sein (mammographies totales) que les femmes du même âge sans maladie chronique.
  • En Wallonie et à Bruxelles, les femmes avec un statut affection chronique sont plus susceptibles de faire des mammographies, quel que soit leur groupe d’âge alors que c’est l’inverse en Flandre : les femmes avec un statut affection chronique sont moins susceptibles de faire des mammographies que celles sans ce statut.
Figure 21 – Dépistage du cancer du sein (toutes mammographies) chez les femmes de 50-69 ans, par région et par statut non-chronique (à gauche) ou chronique (à droite)

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- Santé buccale: Proportion de la population qui a des contacts réguliers avec un dentiste (P-11)

La santé bucco-dentaire est importante pour la santé en général, car une dentition en mauvais état peut favoriser l’apparition de maladies (notamment cardio-vasculaires). Des visites régulières chez un dentiste permettent de diagnostiquer et de traiter les problèmes dentaires avant qu’ils ne deviennent trop graves, mais aussi de les prévenir, que ce soit en sensibilisant aux comportements de prévention (p.ex. un bon brossage des dents) ou en posant des actes dits prophylactiques (p.ex. détartrage, application de fluor).
On sait par ailleurs que les personnes socio-économiquement défavorisées ont un moins bon accès aux soins de santé bucco-dentaire et ne sont pas suffisamment informées de l’importance des comportements de prévention en la matière.
Cet indicateur mesure la proportion de la population (de plus de 3 ans) qui a un contact régulier avec un dentiste ; c’est donc un reflet de l’accessibilité des soins préventifs.


Cet indicateur est essentiellement traité dans la section Soins Préventifs ; il est analysé ici sous l’angle spécifique des personnes vivant avec une maladie chronique.


RÉSULTATS
  • La population qui consulte régulièrement un dentiste est en augmentation entre 2014 et 2019, notamment pour les personnes avec un statut affection chronique (+9,7 points de pourcentage avec le statut, contre +5,5 points de pourcentage sans le statut).
  •  Le taux de fréquentation régulière le plus élevé est observé chez les enfants et les adolescents (5-17 ans). Ce résultat s’explique partiellement par l’absence de ticket modérateur pour les soins dentaires des enfants.
  • Le taux de fréquentation régulière du dentiste est plus élevé chez les personnes avec un statut affection chronique que chez les autres pour toutes les catégories d'âge, à l'exception des 75+. Dès lors, le taux globalement inférieur relevé chez les personnes avec un statut affection chronique est principalement dû aux personnes âgées, qui représentent une fraction importante des personnes avec un statut « affection chronique ».
  • Les visites régulières chez le dentiste sont plus répandues en Flandre (60,0 %) qu’en Wallonie (51,0 %) et à Bruxelles (50,1 %) (chiffres 2019). Ces différences s’amenuisent cependant lorsque l’on analyse les chiffres en fonction du statut affection chronique (56,5 % à Bruxelles, 54,7 % en Flandre et 49,7 % en Wallonie pour les personnes avec un statut affection chronique). 
Figure 22 – Contacts réguliers avec un dentiste, avec ou sans statut affection chronique et par région (2014-2019)

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