Autres informations et services officiels: www.belgium.be  belgium

Accessibilité temporelle

Les délais d'attente pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste peuvent constituer un obstacle à l’accès aux soins en temps opportun.

Cette section comporte un indicateur spécifique, le délai d’attente pour voir un spécialiste (A-9), qui est un indicateur auto-rapporté issu des données de l’Enquête nationale de santé réalisée par Sciensano.

Un autre indicateur portant sur le délai d’attente pour un premier contact en face-à-face dans une structure ambulatoire de santé mentale (MH-3) est analysé dans la section consacrée aux soins de santé mentale.

Délai d’attente de plus de deux semaines pour une consultation chez un spécialiste (A-9)

Cet indicateur mesure la proportion de demandes de rendez-vous chez un spécialiste pour lesquels il a fallu attendre plus de deux semaines.

Il s’agit d’un indicateur « d’expérience du patient » qui fait partie des questions posées lors de l’Enquête de santé réalisée par Sciensano.

RÉSULTATS
  • Dans la population interrogée (2013), 38% ont déclaré avoir dû attendre plus de 15 jours pour rencontrer un spécialiste.
  • Il n’y avait pas de différences majeures entre les différentes régions du pays.
  • Le temps d’attente a été jugé problématique par 10,2% des personnes interrogées.

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Accessibilité financière

Un système de santé qui fonctionne bien doit rester accessible financièrement pour le plus grand nombre. Si des personnes doivent limiter ou retarder des soins ou traitements nécessaires en raison de leurs coûts (excessivement) élevés, ou si elles doivent renoncer à d'autres besoins de base pour pouvoir payer ces soins, on considère que le système de soins est financièrement peu accessible. De plus, stopper ou retarder un traitement en raison de son coût peut avoir des conséquences néfastes pour la santé à plus ou moins long terme, avec à la clé des dépenses de santé parfois plus importantes.

Dans ce rapport, l’accessibilité financière est mesurée par les indicateurs suivants :

  • la couverture de l’assurance maladie de la population (A-1)  
  • l’importance de la contribution personnelle des ménages dans les soins de santé (A-2, A-3, A-10, A-11)
  • le pourcentage de personnes ayant dû reporter des soins pour raisons financières (A-4) 
  • l’accessibilité des tarifs de soins conventionnés pour les médecins généralistes (A-12) et les dentistes (A-13)
  • l’importance des suppléments d’honoraires (en % des honoraires officiels) lors d’une hospitalisation (classique ou de jour) (A-14) 
  • les dépenses de santé catastrophiques (A-15). Cet indicateur sera disponible dans le courant de l’année 2019.

Couverture de l'assurance maladie (A1)

Cet indicateur mesure le pourcentage de la population affiliée à une mutualité, et qui est donc couvert par l’assurance maladie-invalidité.

La Belgique dispose d'un système public d'assurance maladie obligatoire qui couvre en principe l'ensemble de la population : salariés, indépendants, fonctionnaires, chômeurs, retraités, bénéficiaires d’interventions majorées (BIM), handicapés, étudiants, ressortissants étrangers, ainsi que toutes les personnes à leur charge.

RÉSULTATS
  • 99% de la population est couverte par l’assurance maladie (chiffres 2017).
  • Ce pourcentage est stable depuis 2009.
  • Les hommes sont légèrement moins couverts que les femmes (98,7% vs 99,3%).

NB : Les personnes non assurées ne sont pas nécessairement exclues des soins de santé car leurs frais sont le plus souvent pris en charge par les centres publics d’aide sociale des communes (CPAS).

  • Le pourcentage de personnes non assurées est plus élevé en région bruxelloise (1,9%) qu'en Flandre (0,5%) ou en Wallonie (0,7%).
  • Pour la catégorie d’âge des 25-40 ans, le pourcentage de personnes non assurées dépasse 2%.
  • Tous les pays de l’Europe des 15 ont des taux de couverture entre 99 et 100%, sauf la Grèce (86%), l’Allemagne (89,2%) et le Luxembourg (95,2%). 

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Part des soins non couverts par l’assurance maladie obligatoire (frais à charge des patients) (A-2, A-3, A-10, A-11)

Cet ensemble d’indicateurs mesure la part des dépenses en soins de santé qui n’est pas prise en charge par l’assurance maladie obligatoire et qui est donc directement à charge des patients :

  • Frais de santé à charge des patients exprimés en pourcentage des dépenses de santé courantes du pays (A-2) 
  • Frais de santé à charge des patients exprimés par habitant, en Parité de Pouvoir d’Achat ($ PPA), une unité internationale qui permet de comparer les pays entre eux en tenant compte du pouvoir d’achat de chaque pays (A-3)
  • Frais de santé à charge des patients exprimés en pourcentage de la consommation totale des ménages (santé, produits alimentaires, logement, eau, électricité, etc.) (A-10)
  • Frais à charge des patients pour les soins dentaires, exprimés en pourcentage des dépenses de soins dentaires courantes du pays (A-11)

Quels sont les frais de santé qui sont à la charge des patients ?
- Le ticket modérateur = quote-part personnelle du patient = la partie des honoraires des prestataires de soins (médecin, dentiste, kinésithérapeute, etc.) qui n’est pas remboursée par la mutuelle ; 
- Les médicaments et autres traitements non remboursés (en vente libre) ;
- Les suppléments d'honoraires demandés par les prestataires de soins non-conventionnés (en ambulatoire), ainsi que les suppléments (d’honoraires et de chambre) lors d’une hospitalisation en chambre individuelle (les suppléments d’honoraires lors d’une hospitalisation en chambre double ont été supprimés en 2013 pour les hospitalisations classiques et en 2015 pour les hospitalisations de jour).

RÉSULTATS
Frais de santé à charge des patients exprimés en pourcentage des dépenses de santé courantes du pays (A-2) :
  • Exprimés en % des dépenses de santé courantes du pays, les frais à charge des patients sont restés relativement constants entre 2004 et 2016 et ont même légèrement diminué (18.2% en 2004 et 15,9% en 2016, Figure 1). La part des dépenses financée par des fonds publics a quant à elle légèrement augmenté (voir aussi les dépenses de santé dans la section soutenabilité).
  • Au niveau international, les frais à charge des patients exprimés en pourcentage des dépenses de santé courantes (A-2) sont inférieurs à la moyenne de l’UE-15 depuis 2013 (Figure 2 et 3).
  • Le montant total annuel des frais de santé à charge des patients a augmenté de 2004 à 2014, passant de 4.93 à 7.09 milliards d’euros, pour ensuite légèrement diminuer à 6.73 milliard d’euro en 2016. Mesurés par habitant, ces frais ont augmenté de 473,3 € en 2004 à 632,9 € en 2014 et sont en légère baisse depuis 2014, pour atteindre 593,8 € par habitant en 2016.
  • Le montant des tickets modérateurs payés par les patients est assez stable comparé à l’évolution des frais totaux à charge. Une des explications est que les « filets de sécurité » mis en place par le système belge (maximum à facturer, remboursements majorés pour les BIM) visent à protéger les patients contre des montants trop élevés en tickets modérateurs, mais pas contre les autres frais tels que les médicaments en vente libre ou les suppléments d’honoraires (Figure 1).
  • En dehors des frais pris en charge par les fonds publics (assurance obligatoire soins de santé et autres dépenses publiques) et ceux pris en charge par les patients, il reste les frais pris en charge par l’assurance volontaire, qui ont augmenté de 132 € par habitant en 2004 à 189 € par habitant en 2016 (Figure 1). 
Figure 1 - Évolution des frais de santé à charge des patients et des frais de santé pris en charge par l’assurance volontaire, exprimés en million d’€, 2004-2016
Source de données: SHA, Statistiques de l'OCDE sur la santé 2018; Assuralia 2018;après MAF = après remboursement par le maximum à facturer
Figure 2 - Contribution personnelle des ménages dans les soins de santé, en pourcentage des dépenses de santé courantes, comparaison internationale, 2004-2016
Source de données: SHA, Statistiques de l'OCDE sur la santé 2018
Figure 3 - Contribution personnelle des ménages dans les soins de santé, en pourcentage des dépenses de santé courantes, comparaison internationale, 2016
Source de données: SHA, Statistiques de l'OCDE sur la santé 2018
Contribution personnelle des ménages dans les soins de santé, en pourcentage des dépenses de santé courantes
Frais de santé à charge des patients exprimés par habitant, en Parité de Pouvoir d’Achat (A-3):
  • Au niveau international, la moyenne des frais à charge des patients par habitant (exprimés en parité de pouvoir d’achat, $ PPA ) sont en légère baisse depuis 2014 et se sont rapprochés de la moyenne européenne (739 $ PPA en Belgique en 2016 versus 732 $ PPA pour la moyenne européenne).
Figure 4 - Contribution personnelle des ménages dans les soins de santé par habitant, en US $ PPA, comparaison internationale, 2004-2016
Source de données: SHA, Statistiques de l'OCDE sur la santé 2018
Figure 5 - Contribution personnelle des ménages dans les soins de santé par habitant, en US $ PPA , comparaison internationale, 2016
Source de données: SHA, Statistiques de l'OCDE sur la santé 2018
Contribution personnelle des ménages dans les soins de santé par habitant, en US $ PPA
Frais de santé à charge des patients exprimés en pourcentage de la consommation totale des ménages (A-10):
  • Selon les chiffres de l’OCDE, la part de la consommation totale des ménages affectée aux frais de santé était de 3,01 % en 2016, contre 2,64% pour la moyenne de l'UE-15.
  • Selon l’enquête sur le budget des ménages, les ménages à revenu élevé dépensent deux fois plus en frais de santé que les ménages à revenu faible (2 154 € pour les ménages à revenu élevé contre 954 € pour les ménages à revenu faible en 2016).
Frais à charge des patients pour les soins dentaires (A-11):
  • La part des patients pour les dépenses en soins dentaires est élevée. Bien qu’elle soit comparable à la moyenne européenne (57,6% en 2016, contre 59,2% pour la moyenne européenne basée sur 10 pays), elle est bien plus élevée que dans les pays limitrophes tels que l’Allemagne (25,5%) et les Pays-Bas (21,7%).

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Report de soins pour raisons financières (A-4)

Cet indicateur mesure la proportion des ménages (indicateur principal) / des individus (indicateur secondaire) qui disent avoir dû reporter des soins de santé en raison de leurs coûts au cours de l’année écoulée. Cet indicateur est issu d’enquêtes officielles menées au niveau belge et européen ; ce sont des chiffres rapportés par les personnes interrogées elles-mêmes (self-reported).

Indicateur principal :

L’indicateur principal est issu de l’Enquête sur la santé des Belges de Sciensano, dont la dernière édition date de 2013. La prochaine sera publiée fin 2019 et l’indicateur sera remis à jour à ce moment.

La question posée aux personnes interrogées est : « Au cours des 12 derniers mois, avez-vous, ou un membre de votre ménage, eu besoin de soins (soins médicaux, chirurgie, soins dentaires, médicaments sur ordonnance, lunettes ou lentilles de contact, soins de santé mentale), mais avez dû les reporter à plus tard parce que vous ne pouviez pas les payer ? »

Indicateur secondaire :

D’autres données sur les besoins de santé non rencontrés se trouvent dans la base de données EUROSTAT, qui est basée sur l’enquête European Statistics on Income and Living Conditions (EU-SILC). Cette enquête comporte elle aussi des questions sur les obstacles à l'accès aux examens ou traitements médicaux ou dentaires (dont le coût, mais aussi la distance, les délais d'attente, etc.) mais elle prend en compte les réponses par individu et non par ménage. Les deux indicateurs ne sont donc pas superposables. Par ailleurs, c’est cet indicateur qui sert de base à la comparaison internationale.

RÉSULTATS
Résultats Enquête de santé 2013
  • Lors de l’Enquête sur la santé des Belges de 2013, 8% des ménages ont déclaré avoir dû reporter des soins pour des raisons financières.
  • Leur répartition géographique est très hétérogène : 22% des ménages de Bruxelles ont déclaré avoir dû postposer des soins, contre 9% en Wallonie et 5% en Flandre.
  • Il existe un lien évident avec le niveau d’éducation du chef de ménage: 12,5% des ménages dont le chef de ménage a le plus bas niveau d’éducation ont dû reporter des soins, contre 6,2% pour les ménages du niveau d’éducation le plus élevé.
  • Il existe également un lien avec les revenus des ménages : 19% des ménages aux revenus les plus modestes ont dû reporter des soins, contre 3% des ménages aux revenus les plus élevés.
Figure 6 - Pourcentage des ménages qui ont déclaré avoir dû reporter des soins pour des raisons financières, par région, 1997-2013
Source de données: Sciensano, Enquête Santé, 1997-2013
Résultats EU-SILC (2017)

Le pourcentage des personnes retardant les contacts avec les services de santé dans la base de données Eurostat (EU-SILC) apportent quelques informations complémentaires :

  • La proportion des personnes (16 ans et plus) déclarant avoir dû renoncer à des besoins médicaux pour des raisons financières a augmenté au fil du temps, passant de 0,5% en 2008 à 2,2% en 2014, puis s'est stabilisée aux alentours de 2,0% en 2017 (Figure 7).
  • Pour les soins dentaires, les tendances sont les mêmes mais les proportions sont plus élevées : de 1,4% en 2008 à 3,5% en 2017 (Figure 8).
  • Tant pour les soins médicaux que pour les soins dentaires, ces proportions sont plus élevées chez les femmes que chez les hommes.
  • Tant pour les soins médicaux que pour les soins dentaires, c’est entre 35 et 64 ans que la proportion est la plus élevée ; chez les personnes de plus de 65 ans, elle est moindre.
  • Il existe de grandes différences en fonction du revenu des personnes. Pour les soins médicaux, elle va de 0% pour le quintile de revenus supérieurs à 6,7% pour le quintile de revenus inférieurs. Pour les soins dentaires, le fossé se creuse davantage, avec 0,3% pour le quintile de revenus supérieurs à 10,5% pour le quintile de revenus inférieurs.
  • À l’échelle européenne, la part des besoins médicaux non satisfaits pour des raisons financières en Belgique est plus élevée (2,0%) que la moyenne de l'UE-15 qui est de 1,2% (chiffres 2017, Figure 7). Seule la Grèce fait moins bien que la Belgique (58%). Cette différence est encore plus marquée pour le quintile de revenus inférieurs (6,7% comparé à une moyenne européenne de 3,0% pour les besoins médicaux).
  • En ce qui concerne les besoins dentaires non satisfaits, leur proportion est également supérieure en Belgique (3,5%) par rapport à la moyenne de l'UE-15 qui est de 3,2% (chiffres 2017, Figure 8).
Figure 7 - Besoins non satisfaits autodéclarés en soins médicaux pour des raisons financières en Belgique (% des individus inclus dans l’enquête), comparaison internationale, 2008-2017
Source de données: Eurostat 2018; Moyenne UE = Basé sur les 9 pays de l’EU-15 pour lesquels les données étaient disponibles
Figure 8 - Besoins non satisfaits autodéclarés en soins dentaires pour des raisons financières en Belgique (% des individus inclus dans l’enquête), comparaison internationale, 2008-2017
Source de données: Eurostat 2018; Moyenne UE = Basé sur les 13 pays de l’EU-15 pour lesquels les données étaient disponibles

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Accessibilité des tarifs de soins conventionnés (A-12, A-13)

Chaque année (en principe), les prestataires de soins concluent des accords avec les organismes assureurs (conventions médico-mutualistes, dento-mutualistes, etc.) qui fixent pour une durée déterminée le montant maximum des honoraires qu’ils pourront réclamer. Ceci permet de garantir une sécurité tarifaire aux patients, qui peuvent donc savoir à l’avance combien ils devront payer leurs consultations et soins, sans aucun supplément. Cette mesure n’est toutefois valable que chez les prestataires de soins qui ont adhéré à cette convention (= qui sont « conventionnés »), adhésion qu’ils renouvellent (ou pas) chaque fois qu’une nouvelle convention est signée. En échange de cette adhésion, les prestataires de soins bénéficient de certains avantages sociaux.

En exprimant la densité de prestataires de soins conventionnés par province et par district, on obtient des informations importantes à la fois en termes d’accessibilité financière et d’accessibilité géographique des soins de santé. Nous avons choisi de mesurer cette densité pour les médecins généralistes (ainsi que, en sous-indicateur, pour les médecins spécialistes, représentés ici par les gynécologues) (A-12), et pour les dentistes (A-13). Cette densité est exprimée par Équivalents Temps Plein (ETP) pour permettre des comparaisons plus aisées.

RÉSULTATS
Densité de médecins généralistes conventionnés (et de gynécologues) (A-12):
  • La répartition des médecins généralistes conventionnés est assez uniforme ;
  • La densité de gynécologues conventionnés est globalement faible en Belgique, à l'exception du district de Mons.
Densité de dentistes conventionnés (A-13)
  • La répartition des dentistes conventionnés est assez uniforme (avec de petites lacunes dans les districts d'Anvers, Veurne et Charleroi). 
Tableau 1 : Praticiens conventionnés, densité par province (en ETP) pour 10 000 habitants, (2016)
Source: INAMI
ProvinceMédecins généralistes 

Gynécologues 

Dentistes 

Antwerp 6,23  0,22 1,84
Brabant wallon 5,70 0,68 3,14
Bruxelles 4,95 0,52 4,29
Hainaut 6,02 0,51 2,50
Liège 7,47 0,31 4,81
Limburg 8,48 0,28 3,93
Luxembourg 6,85 0,08 3,57
Namur 8,33 0,26 2,84
Oost-Vlaanderen 7,80 0,22 2,99
Vlaams Brabant 7,26 0,48 3,32
West-Vlaanderen  8,03 0,17   3,01

Tableau 2: Densité des médecins en activité (en ETP) par spécialité (pour 10 000 habitants)(2016)
Source: INAMI

 

Médecins en exercice

Médecins en exercice (en ETP)

Médecins conventionnés en exercice (en ETP)

Généralistes

12 929 (1,14)

8 988 (0,79)

7 719 (0,68)

Pédiatres

1 532 (0,14)

952 (0,08)

824 (0,07)

Gynécologues

1 462 (0,13)

948 (0,08)

369 (0,03)

Psychiatres

1 958 (0,17)

1 289 (0,11)

1 129 (0,10)

Spécialistes médicaux

9 753 (0,86)

6 683 (0,59)

5 077 (0,45)

Spécialistes chirurgicaux

6 719 (0,59)

4 678 (0,41)

3 202 (0,28)

Figure 9 - Densité des médecins généralistes conventionnés, en ETP par 10 000 habitants assurés, par arrondissement, 2016
Source de données: INAMI
Densité des médecins généralistes conventionnés, en équivalent temps plein  (ETP) par 10 000 habitants assurés
Figure 10 - Densité des gynécologues conventionnés, en équivalent temps plein (ETP) par 10 000 habitants assurés, par arrondissement, 2016
Source de données: INAMI
Densité des gynécologues conventionnés, en équivalent temps plein  (ETP) par 10 000 habitants assurés
Figure 11 - Densité des dentistes conventionnés, en équivalent temps plein (ETP) par 10 000 habitants assurés, par arrondissement, 2016
Source de données: INAMI
Densité des dentistes conventionnés, en équivalent temps plein  (ETP) par 10 000 habitants assurés

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Proportion des suppléments d’honoraires (A-14)

Dans le système hospitalier belge, les prestataires de soins sont autorisés à facturer des suppléments d’honoraires aux patients qui ont choisi de séjourner en chambre individuelle (sauf si le séjour en chambre individuelle résulte d’une nécessité médicale ou de l’indisponibilité d’un autre type de chambre). Cela permet à ces hôpitaux d'attirer les médecins en leur proposant des conditions financières plus attractives. Par ailleurs, les hôpitaux peuvent également facturer des suppléments pour l’occupation de ces chambres individuelles, dont les montants (forfaits par jour) sont laissés à la discrétion des hôpitaux. À partir de 2013 (2015 pour l’hospitalisation de jour), tous les suppléments ont été interdits dans les chambres à deux lits. Depuis ce changement, le nombre de suppléments facturés a diminué mais leurs montants ont augmenté.

La plupart des assurances d’hospitalisation remboursent – partiellement ou intégralement – les suppléments facturés aux patients qui choisissent une chambre individuelle. Toutefois, les primes d’assurance sont en augmentation – suivant en cela la hausse des suppléments – et risquent de devenir impayables pour certaines personnes.

On constate que certains hôpitaux proposent systématiquement des chambres individuelles à leurs patients. Cette tendance pourrait mener à un système de santé à deux niveaux avec des « hôpitaux pour riches » – avec une plus grande proportion de chambres individuelles – et des « hôpitaux pour pauvres ». Tous les patients n’ont donc pas un accès égal à des soins de qualité égale.

RÉSULTATS
  • En hospitalisation classique, le montant total des suppléments d’honoraires représentait 20% de la masse totale des honoraires officiellement facturés en 2017, ce qui représente une augmentation rapide, puisque ce pourcentage était de 14% en 2006 et de 18% en 2015 (figure 12).
  • En hospitalisation de jour, le montant total des suppléments d’honoraires a légèrement diminué, passant de 15% de la masse totale des honoraires officiellement facturés en 2015 à 13% en 2017 (figure 12). Cette baisse peut s'expliquer par la suppression des suppléments dans les chambres doubles qui n’est intervenue pour l’hospitalisation de jour qu’à la mi-2015.
  • Des suppléments d’honoraires ont été facturés pour 11% des prestations (12% des hospitalisations classiques et 8% des hospitalisations de jour) (tableau 3).
  • Depuis l’abolition des suppléments dans des chambres doubles, le nombre de patients qui ont dû payer des suppléments a diminué de 10,8% (hospitalisation classique + hospitalisation de jour). Cette réduction ne concerne toutefois que les suppléments « faibles » (<1 000 €). Le nombre de patients confrontés à des suppléments « élevés » (> 1 000 €) a considérablement augmenté. Cela signifie que moins de patients ont dû payer des suppléments, mais que le montant des suppléments a augmenté (tableau 4).
  • Les variations régionales sont légères : des suppléments sont facturés dans 14% des séjours hospitaliers en Flandre, 13% en Wallonie et 17% à Bruxelles. Toutefois, leurs montants varient considérablement d’une région à l’autre, avec des moyennes de 800 € en Flandre, 1 350 € en Wallonie et 1 700 € à Bruxelles (voir la fiche technique).
Figure 12 - Pourcentage de la masse totale des suppléments d'honoraires par rapport à la masse totale des honoraires officiels – évolution 2006-2015-2017
Source: AIM
Tableau 3 : Nombre et fréquence des suppléments d'honoraires (2017)
Source: AIM

 

Honoraires officiels facturés
(millions €)

Suppléments facturés 
(millions €)

Part des suppléments d’honoraires (en % des honoraires officiels)

% d'honoraires facturés avec suppléments

Hospitalisation classique

2 431

476

20%

12%

Hospitalisation
de jour

673

87

13%

8%

Total

3 104

563

18%

11%

Tableau 4 : Nombre de patients confrontés à des suppléments d'honoraires (2014-2017)
Source: AIM

 

Nombre de patients
(plus d'un séjour possible par patient)

 

2014

2017

Évolution 2014-2017

Tous séjours

2 072 245

2 146 435

3,6%

Sans suppléments d'honoraires

1 598 822

1 723 799

7,8%

Avec suppléments d'honoraires,
compris entre

473 423

422 636

-10,7%

0 à 1 000€

308 263

236 639

-23,2%

1 000€ à 3 000€

135 128

148 589

10,0%

3 000€ à 5 000€

19 864

23 535

18,5%

5 000€ à 10 000€

8 270

10 960

32,5%

10 000€ à 30 000€

1 874

2 880

53,7%

30 000€ et plus

24

33

37,5%

Lien vers fiche technique et résultats détaillés

Accessibilité - Ressources humaines

L'accessibilité des soins de santé peut également se décliner sous l’angle du nombre de prestataires de soins qualifiés actifs dans le pays et du nombre de lits disponibles dans certains secteurs de soins. Ces informations sont également essentielles pour pouvoir planifier l’offre de soins de santé des années à venir. Vous trouverez dans cette section des indicateurs portant sur la disponibilité des médecins et des infirmiers en général :

Certains indicateurs analysés dans d’autres sections de ce rapport peuvent également être interprétés en termes d’accessibilité des ressources humaines :

Enfin, les projections d’avenir sur le nombre de futurs professionnels de la santé (S-4 à S-10) sont abordées dans la section « Durabilité ».

Nombre de médecins en activité (A-5)

Cet indicateur mesure le nombre de médecins en activité pour 1000 habitants.

On considère qu’un médecin est « en activité » s'il a presté plus d’un service clinique (c.-à-d. aux moins deux consultations, visites ou actes techniques – les ordonnances ne sont pas prises en compte ici) au cours d'une année donnée. Les médecins encore en formation ne sont pas pris en compte.

Jusqu’en 2009, le calcul de la densité médicale prenait en compte l’ensemble de médecins enregistrés (plutôt que les praticiens en activité, définis comme les médecins ayant plus d’1 contact-patient par an), ce qui explique pourquoi la Belgique a longtemps affiché une densité médicale parmi les plus élevées d’Europe. Ces données ont maintenant été corrigées rétrospectivement.

De plus, pour 2016, les données de l’OCDE (reprises dans cette fiche) concernent le nombre de médecins ayant presté au moins un service clinique (et non, plus d’un service clinique). Les détails sur le nombre de médecins ayant presté plus d’un service clinique (34 502 au lieu de 34 834) sont disponibles sur le site de l’INAMI.

RÉSULTATS  
  • Il y avait 34 834 médecins en activité en Belgique en 2016 ce qui correspond à une densité de 3,07 / 1 000 habitants. Entre 2000 et 2016, cette densité est restée assez stable. Par contre, on observe un vieillissement de plus en plus important des médecins (voir les indicateurs sur l’âge des médecins dans la section soutenabilité)
  • La densité de médecins en activité en Belgique est inférieure à la moyenne de l'UE (3,54 / 1 000 habitants). Les différents pays de l’OCDE n’utilisent cependant pas tous les mêmes méthodes pour calculer le même indicateur (p.ex. pour définir les niveaux d’activité). Les comparaisons sont donc potentiellement incorrectes.
  • Cet indicateur reflète mal l’effectif réel des médecins en activité étant donné qu’il inclut tous les médecins effectuant au moins un acte clinique, ce qui est une définition extrêmement large. Pour contourner ce problème, l’INAMI a également estimé le nombre de médecins en activité en Équivalents Temps Plein (ETP), en se basant sur les montants des prestations remboursées. D’après ces estimations, le nombre de médecins généralistes en activité était de 8 988 ETP en 2016 (12 929 en nombre absolu), dont 7 719 ETP conventionnés. Exprimé en densité, cela correspond à 0.79 médecins généralistes par 1000 habitants, dont 0.68 conventionnés. Le détail par spécialité pour 1000 habitants est décrit dans le tableau 1.
  • Lorsqu’on l’exprime en ETP, la densité de médecins généralistes conventionnés et de gynécologues conventionnés est donc assez basse (voir aussi l’indicateur sur les médecins conventionnés).
  • Il convient néanmoins de noter que cette analyse est basée sur l’adresse du domicile du médecin et non sur celle de son lieu de pratique. Une étude récente basée sur le lieu de pratique des médecins généralistes a montré qu’en 2017, il y avait 1,23 médecins généralistes pour 1000 habitants à Bruxelles en 2017 (contre 1,17 pour 1000 habitants en 2016 sur la base du domicile du médecin, les données INAMI 2017 ne sont pas encore disponibles).
Tableau 1 – Nombre de médecins actifs, actifs en ETP, et actifs conventionnés en ETP (par 1000 habitants)
Source: INAMI (données) – KCE (calculs)
 

Actifs

Actifs (ETP)

Actifs et conventionnés (ETP)

Généralistes

1,14

0,79

0,68

Pédiatres

0,14

0,08

0,07

Gynécologues

0,13

0,08

0,03

Psychiatres

0,17

0,11

0,10

Spécialistes médicaux

0,86

0,59

0,45

Spécialistes chirurgicaux

0,59

0,41

0,28

Figure 1 - Nombre de médecins en activité, par 1000 habitants, comparaison internationale, 2000-2016
Source de données: Statistiques de l'OCDE sur la santé 2018; Moyenne UE = Basé sur les 10 pays de l’EU-15 pour lesquels les données étaient disponibles
Figure 2 - Nombre de médecins en activité, par 1000 habitants, comparaison internationale, 2016
Source de données: Statistiques de l'OCDE sur la santé 2018; Moyenne UE = Basé sur les 10 pays de l’EU-15 pour lesquels les données étaient disponibles
Nombre de médecins en activité par 1000 habitants

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Nombre d’infirmiers en activité (A-6)

Les infirmiers jouent un rôle essentiel dans la délivrance des soins tant dans les hôpitaux et autres établissements de soins qu’au niveau de la première ligne et des soins à domicile.
Dans la plupart des pays, ils représentent le groupe professionnel le plus important de toutes les professions de santé ; une pénurie d’infirmiers peut donc entraîner des problèmes d'accessibilité (p.ex. allonger les listes d'attente) ou avoir des répercussions sur la qualité des soins (p.ex. ratios patients-infirmières élevés).
Le projet PlanCAD, résultant du couplage de plusieurs bases de données administratives, permet de faire la distinction entre les infirmiers en activité dans le secteur de la santé et ceux qui sont actifs sur le marché du travail belge, mais dans d’autres secteurs que celui de la santé.

L’indicateur principal est le nombre d’infirmiers en activité dans le secteur de la santé (practising nurses). Il regroupe les infirmiers employés dans le secteur de la santé qui ont presté un certain volume d’activité (au moins 893 actes par an selon la nomenclature INAMI), ou qui n’ont pas presté ces actes mais qui travaillent pour un employeur actif dans le secteur de la santé.

Les indicateurs secondaires sont :

  • le nombre d’infirmiers autorisés à pratiquer (License to practice) c’est-à-dire les infirmiers ayant obtenu un diplôme en soins infirmiers reconnu, y compris les personnes ayant un diplôme de sage-femme enregistré dans la catégorie infirmière dans la base de données du cadastre.
  • le nombre d’infirmiers professionnellement actifs c’est-à-dire les infirmiers inscrits en tant qu'indépendants ou employés avec au moins 0,1 équivalent temps plein (ETP) par an, mais qui ne travaillent pas nécessairement dans le secteur des soins de santé.

La distinction entre les infirmiers en activité et les infirmiers professionnellement actifs est le secteur d'activité. Les premiers sont actifs uniquement dans le secteur des soins de santé et non sur l’ensemble du marché du travail belge.

RÉSULTATS
  • En 2016, il y avait 124 196 infirmiers en activité dans le secteur des soins de santé (indicateur principal), soit 105 718 ETP.
  • En 2016, il y avait 202 402 infirmiers autorisés à pratiquer et 143 470 infirmiers professionnellement actifs sur l’ensemble du marché du travail.
  • La plupart des infirmiers professionnellement actifs travaillent sous statut d’employés dans des hôpitaux (65,5 %), suivis par les maisons de repos et de soins (13,7 %) et les soins à domicile (7,9 %).
  • Le nombre d'infirmiers en activité dans le secteur des soins de santé pour 1 000 habitants a augmenté entre 2004 (8,8 pour 1 000) et 2015 en Belgique (10,8 pour 1 000). Cette tendance à la hausse est également observée dans d'autres pays européens. Le nombre pour la Belgique est légèrement supérieur à la moyenne européenne de l'UE-11 (qui est de 9,4). 
Figure 3 - Nombre d’infirmiers avec un visa de pratique, d’infirmiers professionnellement actifs et d’infirmiers en activité, 2004-2016
Source de données: Statistiques de l'OCDE sur la santé 2018 pour 2004-2015; PlanCAD (SPF Santé Publique) pour 2016
Figure 4 - Nombre d’infirmiers en activité, par 1000 habitants, comparaison internationale, 2004-2015
Source de données: Statistiques de l'OCDE sur la santé 2018; Moyenne UE = Basé sur les 11 pays de l’EU-15 pour lesquels les données étaient disponibles
Figure 5 - Nombre d’infirmiers en activité, par 1000 habitants, comparaison internationale, 2015
Source de données: Statistiques de l'OCDE sur la santé 2018; Moyenne UE = Basé sur les 11 pays de l’EU-15 pour lesquels les données étaient disponibles

Nombre d’infirmiers en activité par 1000 habitants

Remarque : Au niveau de l'OCDE, les critères d’inclusion et d’exclusion diffèrent entre les pays, rendant les comparaisons internationales de ces données hasardeuses.

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Nombre d’offres d’emploi vacantes pour des infirmiers en hôpital (A-7)

Depuis le début des années 2000, des pénuries de personnel infirmier sont signalées dans la plupart des pays industrialisés, dont le nôtre. Le problème ne fera que s’accélérer avec le vieillissement de la population (et celui du personnel infirmier).

La mesure du nombre de postes vacants est un indicateur contextuel qui permet le monitoring de cette pénurie de personnel infirmier.

RÉSULTATS
  • Le 31/12/2016, il y avait 1274 postes d’infirmiers vacants au sein des hôpitaux belges, la plupart pour des diplômés de niveau bachelor (A1) :
    • 708 en Flandre
    • 290 en Wallonie
    • 276 à Bruxelles
Figure 6 - Nombre d’offres d’emploi vacantes pour des infirmiers, en hôpital, par région, 2013-2016
Source de données: SPF Santé Publique, Calcul du KCE

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Nombre moyen de patients par infirmier dans les hôpitaux (A-8)

La littérature scientifique internationale montre que les pénuries de main-d'œuvre infirmière ont des répercussions négatives sur la qualité des soins et sur la mortalité des patients hospitalisés. Il est donc crucial d’employer judicieusement les maigres ressources actuelles en personnel infirmier de manière à limiter le plus possible cet impact négatif. Le nombre d’heures de prestations infirmières par patient et par jour dans les hôpitaux de soins aigus est donc un indicateur intéressant en ce sens.

Les données permettant de calculer cet indicateur ne seront toutefois plus collectées à l’avenir, en raison de modifications administratives. Cet indicateur est donc remplacé par un « ancien » indicateur, qui est le ratio moyen patient/infirmier (nombre de patients dont s’occupe en moyenne un ETP infirmier). Cet indicateur provient d’une étude européenne (RN4CAST, 2009-2010) basée sur des données d'environ 500 hôpitaux dans 12 pays ; il sera remis à jour à la fin 2019. Cet indicateur peut également fournir des informations indirectes sur la qualité des soins dans les hôpitaux.

RÉSULTATS
  • Entre 2011 et 2015, le nombre d’heures de personnel infirmier par patient est passé de 4,3 à 6,3 dans les services de chirurgie et de 4,8 à 5,5 dans les services de médecine.
  • Le nombre d’heures de personnel infirmier par patient varie considérablement d'un hôpital à l'autre. Une partie de cette variabilité peut s’expliquer par des différences dans l’intensité des soins, mais elles persistent après correction de ce facteur.
  • Selon l’étude RN4CAST, le ratio moyen patient / infirmier en Belgique était de 10,7 en 2010, ce qui est un chiffre élevé par rapport aux autres pays européens (moyenne pour l’UE-12 = 9). Seules l’Allemagne (13,0) et l’Espagne (12,6) ont des ratios plus élevés. En Norvège, il est de moitié (5,4). Si l’on prend également en compte le personnel de nursing moins qualifié, le ratio moyen patient / infirmier passe à 7,9.
Figure 7 - Nombre d’heures de personnel infirmier par jour-patient en unité chirurgicale (C) et de médecine interne (D), 2009-2015 (2ème semestre)
Source de données: SPF Santé Publique, Calcul du KCE

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