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L'espérance de vie a diminué d'un an en 2020

14.09.2021 L'espérance de vie a diminué d'un an en 2020

La page sur l'espérance de vie a été mise à jour avec les données de 2020.

La santé sociale et mentale ne s'est pas améliorée au début de l'année 2021

05.07.2021 En 2018, 436 décès infantiles ont été enregistrés dans le Registre national

La page sur la mortalité infantile a été mise à jour avec les données de 2018.

La santé sociale et mentale ne s'est pas améliorée au début de l'année 2021

06.05.2021 La santé sociale et mentale ne s'est pas améliorée au début de l'année 2021

La page sur l'impact du COVID-19 a été mise à jour avec les premières données de 2021.

Mortality and Causes of Death

Ischemic heart disease is the main cause of death, while suicide is the main cause of potential years of life lost.

Mortalité COVID-19

1. Mortalité COVID-19

Introduction

La maladie COVID-19 est causée par le virus SRAS-CoV-2. Les symptômes les plus fréquents sont la fièvre, la toux, perte de gout et d’odorat et l'essoufflement. Dans 80 % des cas, les infections sont bénignes. Le risque de développer une infection grave augmente sensiblement avec l'âge et avec les affections sous-jacentes telles que les maladies cardiaques, pulmonaires ou rénales, le diabète, l'immunosuppression ou une maladie maligne active.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a défini à des fins de surveillance "un décès dû au COVID-19 comme un décès résultant d'une maladie cliniquement compatible, dans un cas probable ou confirmé de COVID-19, à moins qu'il n'existe une autre cause de décès évidente qui ne puisse être liée à la maladie COVID-19 (par exemple un traumatisme)" [1], et l'ECDC a par la suite également adopté ces critères d'inclusion [2]. La Belgique a adopté une définition plus large des décès par COVID-19, en signalant également les décès des cas possibles sur la base des symptômes cliniques. Cet élargissement de la définition des décès COVID-19 en Belgique a été décidé en raison de la faible capacité de dépistage pendant les premières semaines de l'épidémie, ce qui a conduit à une quasi-impossibilité d'obtenir un diagnostic confirmé en laboratoire pour les patients des établissements de soins de longue durée. Par conséquent, le fait de ne surveiller que les décès dans les cas confirmés aurait caché la gravité de l'épidémie. Les décès survenus dans les hôpitaux, les établissements de soins de longue durée et dans la communauté ont été enregistrés.

En temps de pandémie, il est essentiel de surveiller la mortalité en temps quasi réel. En Belgique, l'enregistrement de la mortalité par cause au moyen de certificats de décès est un processus de deux ans, inutile pour une surveillance opérationnelle. Pour cette raison, une surveillance ad hoc de la mortalité COVID-19 en temps quasi réel a été mis en place en urgence. Les décès dans les hôpitaux sont enregistrés par le biais de l'enquête sur la capacité des hôpitaux gérée par Sciensano. Les décès en dehors de l'hôpital (dans les maisons de repos, les autres institutions, à domicile et dans d'autres lieux) sont notifiés aux autorités régionales par le biais d'outils spécifiques. Sciensano est chargé de compiler les informations provenant des différentes sources de données. Les décès COVID-19 ne peuvent être entièrement présentés par lieu de résidence au début de l’épidémie pour des raisons de disponibilité des données (le lieu de résidence n'était pas disponible pour les décès à l'hôpital avant le 24/04). Pour les cas où le lieu de décès était inconnu, nous avons utilisé le lieu de décès comme proxy du lieu de résidence.

Comme la situation évolue constamment, cette page réfère d'abord vers le suivi continu de la mortalité COVID-19 sur le site de Sciensano. Ensuite, nous présentons une vue d’ensemble de la mortalité par COVID-19 en 2020 (10 mars - 31 décembre 2020). Nous présentons le nombre de décès COVID-19 et le taux brut de mortalité COVID-19 cumulé par million d'habitants provenant de la surveillance de Sciensano.

La comparabilité internationale des taux de mortalité COVID-19 présente des limites importantes. En raison des différences de méthodes de notification des décès entre les pays [3,4], les comparaisons de mortalité COVID-19 ne sont pas bien adaptées aux comparaisons internationales. En effet, en Belgique, les décès de patients ayant un test de laboratoire positif, un scanner thoracique suggestif ou des symptômes cliniques sont notifiés comme décès COVID-19, alors que de nombreux autres pays sont beaucoup plus restrictifs. Nous présentons ici le taux brut de mortalité COVID-19 cumulé par million d'habitants dans quelques pays proches (source : rapport de l'ULB-VUB [5], à partir des données originales de l'ECDC [6]). En raison des limitations mentionnées, nous compléterons les chiffres des taux de mortalité COVID-19 avec d'autres indicateurs (voir la section "surmortalité").

La surveillance continue de la mortalité COVID-19

Comme la situation est en constante évolution, les valeurs sont mises à jour quotidiennement sur le site de Sciensano. Plus précisément, les ressources suivantes sont disponibles :

  1. Tableau de bord dynamique Epistat
  2. Rapports realtifs à la mortalité:
    1. Les rapports quotidiens, chapitre mortalité présentent les principaux indicateurs par région et leur évolution.
    2. Les rapports hebdomadaires (chapitre mortalité) présentent des indicateurs par région et province pour la mortalité COVID-19 et des indicateurs autour de la mortalité toutes-causes.
    3. La mortalité en maisons de repos est présentée dans le rapport hebdomadaire de la surveillance COVID-19 en maisons de repos.
  3. Des données publiques sont disponibles. Les données de mortalité de la COVID-19 contiennent le nombre de décès agrégés par groupes d'âge, par sexe, par date de décès et par région.
  4. Des questions fréquemment posées trouvent une réponse dans un document spécifique.

Mortalité COVID-19, 2021

Belgique

Le premier décès COVID-19 en Belgique est survenu le 10 mars 2020. Le 31 décembre 2020, 19 588 décès ont été notifiés en Belgique, ce qui représente un taux brut de mortalité cumulé de 1704 par million d'habitants.

En 2020, l'épidémie a présenté 2 vagues ; la première vague a été observée du 10 mars au 21 juin et le nombre de décès a culminé le 8 avril avec 322 décès COVID-19 en une seule journée. Après une période d'inter vague, la deuxième vague a débuté le 31 août et a atteint son point culminant le 10 novembre avec 217 décès COVID-19 ; cette deuxième vague était toujours en cours à la fin de 2020.

Nombre de décès dus au COVID-19 par date de décès et par région* en 2020, Belgique
Source: Base de données mortalité COVID-19, Sciensano
* Les taux de mortalité sont exprimés par région de résidence si celle-ci est connue (la région de décès est utilisée comme approximation si elle est inconnue)

Plus de la moitié des personnes décédées avaient plus de 85 ans.

  • Nombre de décès
  • Taux de mortalité

Nombre de décès dus au COVID-19 par groupe d’âge et sexe en 2020, Belgique
Source: Base de données mortalité COVID-19, Sciensano

Taux de mortalité dus au COVID-19 (par million d’habitants) par âge et sexe en 2020, Belgique
Source: Base de données mortalité COVID-19, Sciensano

Spécificités régionales

Il existe des différences régionales modérées dans les taux de mortalité du COVID-19. Lors de la première vague, les taux cumulés exprimés par million d'habitants étaient respectivement de 1171 à Bruxelles, 927 en Wallonie et 719 en Flandre. Le taux de mortalité plus élevé à Bruxelles peut probablement s'expliquer en partie par une plus grande concentration d'hôpitaux (la région de résidence étant souvent inconnue et remplacée par la région de décès lors de la première vague). La région bruxelloise est également exclusivement composée d'une grande ville, et la forte densité de la population est connue pour permettre la circulation du virus.

Lors de la deuxième vague en 2020, les taux cumulés exprimés par million d'habitants étaient respectivement de 772 à Bruxelles, 1107 en Wallonie et 714 en Flandre. La Wallonie a été sévèrement touchée lors de la deuxième vague.

Comparaisons internationales de la première vague (pays sélectionnés)

La Belgique a attiré l'attention au niveau international en raison d'une mortalité élevée liée au COVID-19 au cours de la première vague. La Belgique avait en effet le taux de mortalité cumulé le plus élevé d'Europe pendant la première vague. Toutefois, en raison des limites méthodologiques mentionnées, ces chiffres doivent être interprétés avec prudence. D'autres indicateurs se prêtent mieux à une comparaison entre pays (voir la section "surmortalité"). Une comparaison de la mortalité COVID-19 et de la surmortalité, a été faite dans un rapport ULB-VUB, sur une sélection de pays proches de la Belgique. Pour l’instant, cette comparaison n’a été publiée que pour la première vague.

Taux de mortalité cumulé dus au COVID-19 (décès par million d’habitants), 15/02 au 29/06, pays sélectionnés
Source: Rapport ULB-VUB [5], données de mortalité extraites de ECDC [6]

Les données épidémiologiques internationales peuvent être consultées sur plusieurs plateformes :

2. Surmortalité

Introduction

Dans le cadre de l’estimation de l'impact du COVID-19 sur la mortalité, il a été recommandé [5,7] d'utiliser l'excès de mortalité toutes causes confondues pour

  • Mesurer l'impact global de la COVID-19 sur la mortalité
  • Permettre des comparaisons internationales moins biaisées que la mortalité COVID-19
  • Evaluer le système de surveillance ad hoc de déclaration de la mortalité COVID-19

Le nombre de décès en Belgique est enregistré par le Registre national belge presque en temps réel (95% des décès en 3 semaines). Cependant, ces informations ne contiennent pas la cause du décès, qui sera disponible après 2 ans. L'information est transmise à Sciensano dans le cadre du projet Be-MOMO.

Le projet Be-MOMO (Belgian mortality monitoring) est une surveillance de la mortalité toutes causes confondues, effectuée par Sciensano sur une base hebdomadaire. Le modèle de surveillance de la mortalité est un outil de détection rapide et de quantification de la mortalité inhabituelle (due à des épidémies de maladies telles que la grippe ou à des conditions environnementales extrêmes telles que les vagues de chaleur/froid ou la pollution de l'environnement) afin d'orienter les mesures de santé publique, par exemple les vaccinations contre la grippe et le plan d'action national contre la chaleur [8].

Le modèle prédit le nombre de décès quotidiens prévus ainsi qu'un intervalle de prévision, en modélisant les données de mortalité des cinq dernières années, les saisons épidémiques passées et les événements environnementaux extrêmes (vagues de froid et de chaleur, et pollution de l'air). Lorsque le nombre de décès observés dépasse la limite supérieure de prédiction, il y a un excès de mortalité significatif pour cette journée, et le modéle permet de visualiser les corrélations entre la déviance de la mortalité et ces événements [8,9]. Les chiffres actualisés chaque semaine de Be-MOMO peuvent être consultés sur Epistat.

En 2020, Be-MOMO et Statbel ont calculé tous deux la surmortalité, avec des méthodes légèrement différentes mais conduisant à des résultats très similaires [5,10]. Par ailleurs, contrairement à Statbel, Be-MOMO n'inclut pas les décès de résidents survenus à l'étranger.

Dans ce rapport, nous utiliserons les indicateurs et les sources de données suivants :

Pour la Belgique :

  • Excès de mortalité toutes causes confondues pour la première et la deuxième vague, chiffres de Be-MOMO exprimé sous la forme d'un "P-score"
  • Comparaison entre la surmortalité et les décès COVID-19 : chiffres de Be-MOMO

Pour les comparaisons internationales :

Actuellement, ces comparaisons n'ont été publiées que pour la première vague. Nous utilisons des comparaisons internationales et régionales tirées du rapport de mortalité de l'ULB-VUB [5]. Les chercheurs ont sélectionné certains pays de l'UE en fonction de la pertinence de la comparaison avec la Belgique. Les données originales proviennent de l'ECDC [6] et de l'ONS-UK [10].

Surmortalité toutes causes

Be-MOMO estime à 17 955 le nombre de décès excédentaires en 2020. Les décès COVID-19 représentent 19 588 décès en 2020 et la surmortalité pendant la canicule d'août représente 1 503 décès en excès [11]. La différence entre l’excès de décès d’une part et la mortalité due au COVID-19 et la vague de chaleur d’autre part, s’explique par le fait qu’une partie des décès COVID-19 sont survenus chez des personnes qui seraient décédées de toute façon dans l’année, et une petite partie des décès a probablement été évitée par les mesures de confinement. Cette analyse ne pourra se faire que lorsque les informations sur les causes de décès seront disponibles.

Une surmortalité a été observée par Be-MOMO pendant la première vague de l'épidémie COVID-19 de la semaine 12 de 2020 (débutant le 16/3/2020) à la semaine 19 (se terminant le 10/05/2020) et pendant la deuxième vague de la semaine 43 (débutant le 19/10/2020) à la semaine 52 (se terminant le 27/12/2020). C'est un bon indicateur de l'impact global de la COVID-19 sur la mortalité.

  • Première vague
  • Seconde vague

Nombre de décès toutes causes par semaine, première vague, Belgique
Source : Be-MOMO [8], Sciensano
ExcessMort 1wave FR

Nombre de décès toutes causes par semaine, seconde vague, Belgique
Source : Be-MOMO [8], Sciensano
ExcessMort 2wave FR

Comparaison entre la surmortalité et la mortalité COVID-19

Lors de la première vague, une excellente corrélation (91%) a été trouvée entre la mortalité toutes causes confondues et la mortalité COVID-19. Cela a permis de valider les critères d'inclusion des décès liés à la COVID-19 [7].

Nombre de décès attendus et intervalles de confiance, nombre de décès observés et décès COVID-19 jusqu’au 21 juin, Belgique
Source: Be-MOMO [8] et base de données mortalité COVID-19, Sciensano

 

Graphique créé par Mathias Leroy
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Comparaisons internationales

En raison des problèmes méthodologiques mentionnés précédemment, l'excès de mortalité toutes causes est un indicateur plus adapté que la mortalité spécifique du COVID-19 pour la comparaison internationale de l'impact du COVID-19. Dans une publication spécifique, Karlinsky et Kobak ont comparé la surmortalité entre 84 pays. La ligne noire est la ligne de référence qui correspond à la mortalité attendue pour 2020 (calculée comme la mortalité moyenne 2015-2019, les lignes grises représentant les taux de mortalité annuels de 2015 à 2019). La ligne de référence est comparée à la mortalité réelle pour 2020 (ligne rouge) et 2021 (ligne violette). Les pays sont classés en fonction du pourcentage de surmortalité.

Un an après le début de l'épidémie (mars 2020-février 2021), la Belgique se classe 31e parmi les 84 pays publiés. Par rapport aux pays de l'UE-15 (ici encadrés en noir), la Belgique (encadrée en vert) se classait en 5e position après l'Espagne, le Royaume-Uni, le Portugal et l'Italie. La surmortalité observée en Belgique en août en raison de la canicule a été exclue du calcul du classement.

Surmortalité pendant la pandémie de COVID-19, 84 pays sélectionnés, mars 2020-février 2021, classé par pourcentage de surmortalité pour l'ensemble de la période
Source: Karlinksy & Kobak [12]
  • Excess_mortalityExcess_mortality
 
Plus d'informations

Définition

Voir les métadonnées pour cet indicateur

P-score
Le p-score est une mesure de la surmortalité. Il est calculé comme le nombre de décès excédentaires (décès observés - décès attendus) divisé par le nombre de décès attendus *100.

References

  1. WHO. International guidelines for certification and classification (coding) of COVID-19 as cause of death. WHO; 2020 Apr. Report No.: WHO/HQ/DDI/DNA/CAT.
  2. ECDC. Case definition for coronavirus disease 2019 (COVID-19), as of 5 May 2020. European Centre for Disease Prevention and Control. https://www.ecdc.europa.eu/en/covid-19/surveillance/case-definition
  3. European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC). Weekly surveillance report on COVID-19, Week 24, 2020. https://covid19-surveillance-report.ecdc.europa.eu/#4_severity
  4. Institut national d’études démographiques (Ined). The demography of COVID-19 deaths - Seven data-related key issues. Ined - Institut national d’études démographiques. https://dc-covid.site.ined.fr/en/presentation/
  5. Lagasse R, Deboosere P. Évaluation épidémiologique de l’impact du Covid-19 en Belgique à la date du 15 juillet 2020 - Page 48. Brussels; 2020. https://esp.ulb.be/fr/les-actus/l-esp-dans-les-medias/rapport-d-analyse-de-l-epidemie-covid-19-n-ii
  6. ECDC. Daily number of new reported cases of COVID-19 by country worldwide. European Centre for Disease Prevention and Control. https://www.ecdc.europa.eu/en/publications-data/download-todays-data-geographic-distribution-covid-19-cases-worldwide
  7. Bustos Sierra N, Bossuyt N, Braeye T, Leroy M, Moyersoen I, Peeters I, et al. All-cause mortality supports the COVID-19 mortality Belgium: comparison with major fatal events of the last century. Submitted.
  8. Leroy M, Dupont Y, Braeye T, Bossuyt N, Bustos Sierra N. Epistat – Belgian Mortality Monitoring (Be-MOMO). https://epistat.wiv-isp.be/momo/
  9. Cox B, Wuillaume F, Van Oyen H, Maes S. Monitoring of all-cause mortality in Belgium (Be-MOMO): a new and automated system for the early detection and quantification of the mortality impact of public health events. Int J Public Health. 2010 Aug 1;55(4):251–9.
  10. Campbell A, Morgan E. Comparisons of all-cause mortality between European countries and regions.
  11. Sciensano. Analyse de la surmortalité liée au COVID-19 en 2020. https://www.sciensano.be/fr/coin-presse/analyse-de-la-surmortalite-liee-au-covid-19-en-2020

Mortalité prématurée par cause de décès

1. Messages clés

Les causes de décès prématurés (avant 75 ans) responsables du plus grand nombre d’années de vies perdues sont :

  • Suicide, cancer du poumon et cardiopathies ischémiques chez les hommes
  • Cancer du sein, cancer du poumon et maladies cérébrovasculaires chez la femme.

Pour la plupart des causes, les taux de mortalité prématurée ont diminué entre 2000 et 2017. C'est notamment le cas pour les cardiopathies ischémiques et les accidents de transport qui ont diminué de plus de 50 % pour les deux sexes. Une exception à cette tendance générale est observée chez les femmes pour le cancer du poumon et la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), qui ont augmenté régulièrement puis se sont stabilisé.

On observe des différences régionales en matière de mortalité prématurée par cause, la mortalité prématurée est plus élevée en Wallonie et à Bruxelles qu'en Flandre. Les causes qui contribuent le plus à la différence entre la Wallonie et la Flandre sont les cardiopathies ischémiques (IHD), le cancer du poumon et la BPCO chez les hommes, et le cancer du poumon, les cardiopathies ischémiques et la BPCO chez les femmes. Les causes qui contribuent le plus à la différence entre Bruxelles et la Flandre sont les cardiopathies ischémiques, les maladies cérébrovasculaires et les maladies chroniques du foie chez les hommes et la BPCO, le cancer du poumon et les maladies chroniques du foie chez les femmes.

L'évolution de la mortalité prématurée dans le temps est assez similaire pour les trois régions.

2. Introduction

Les causes de décès sont analysées à l’aide de la Classification Internationale des Maladies 10ème édition (CIM-10) de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Dans ce rapport, on utilise la cause initiale de décès indiquée sur le certificat de décès pour analyser la mortalité. Il est recommandé d’utiliser la cause initiale et non les causes immédiates ou contribuant au décès pour la production de statistiques de mortalité. En effet, dans une perspective de santé publique, l’objectif est de casser la chaine des évènements menant à la mort et donc de prévenir la cause initiale [1].

Dans la première section, les causes de décès sont présentées groupées par chapitre de la CIM-10, en se basant sur la première lettre du code CIM-10. Dans la seconde section, des analyses par cause spécifique sont réalisées afin de tirer des conclusions plus opérationnelles.

La mortalité prématurée désigne les décès ayant lieu trop tôt c’est-à-dire avant l’âge correspondant à l’espérance de vie. Dans ce rapport la mortalité prématurée se réfère aux décès avant 75 ans. Diminuer la mortalité prématurée est un objectif-clé de santé publique et de fait une grande partie de la mortalité prématurée est évitable par des actions de santé publique. Le classement des causes de décès prématurés en fonction du nombre d’années de vie perdues est un outil intéressant pour mettre en place des priorités de santé publique.

La mortalité prématurée par cause peut être mesurée de 2 manières:

  • Le taux de mortalité prématurée, qui mesure la fréquence des décès dû à une condition spécifique avant 75 ans pour 100 000 personnes de moins de 75 ans dans la population. Cet indicateur permet de comparer la fréquence de différentes causes de décès.
  • Les années potentielles de vie perdues (PYLL), qui prennent en compte la fréquence et l’âge des décès, pondère chaque décès en fonction de l’âge auquel le décès survient et donne donc plus de poids aux décès survenant chez les plus jeunes [2]. Les PYLL permettent donc de comparer les causes en fonction de leur fardeau en terme d’années de vie perdues.

Le classement basé sur les PYLL donnent plus de poids aux causes externes que le classement basé sur les taux parce que les décès dus aux causes externes se produisent en général à un plus jeune âge que les décès dus aux maladies chroniques.

Ces deux indicateurs sont ajustés pour l’âge avec la structure de la population standard européenne 2010 comme référence afin de prendre en compte les effets des variations de structures d’âge des populations.

La mortalité COVID-19 est analysée sur une autre page. 

3. Belgique

Les causes principales (groupées selon les chapitre de la CIM-10) de la mortalité prématurée en Belgiques

Pour les deux sexes, près de 70 % des décès prématurés sont dus aux trois mêmes groupes de causes :

  • Les tumeurs, principalement les cancers
  • Maladies cardiovasculaires
  • Causes externes, principalement le suicide et les accidents de la route.

La proportion de tumeurs parmi les décès prématurés est plus élevée chez les femmes que chez les hommes. Inversement, la proportion de maladies du système circulatoire et de causes externes est plus élevée chez les hommes

  • Hommes
  • Femmes

Distribution des causes de décès (par chapitre ICM-10) prématurés (avant 75 ans) chez les hommes, classées par taux de mortalité ajusté pour l’âge*, Belgique, 2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) ajusté pour l’âge avec la population standard européenne 2010

Distribution des causes de décès (par chapitre ICM-10) prématurés (avant 75 ans) chez les femmes, classées par taux de mortalité ajusté pour l’âge*, Belgique, 2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) ajusté pour l’âge avec la population standard européenne 2010

Classement des causes spécifiques de décès en Belgique

Les causes spécifiques de décès prématurés les plus fréquentes, exprimées en taux de mortalité prématurée ajustés pour l’âge, sont :

  • Chez les hommes : le cancer du poumon, suivi par les cardiopathies ischémiques (IHD) et le suicide
  • Chez les femmes : cancer du poumon et du sein suivi de maladies cérébrovasculaires (+ hypertension artérielle).

Les causes de décès prématurés qui contribuent au plus grand nombre d’années de vie perdues, exprimées en PYLL, sont :

  • Chez les hommes : le suicide, le cancer du poumon, l’IHD et les accidents de transport
  • Chez les femmes : le cancer du sein, le cancer du poumon, le suicide et les maladies cérébrovasculaires.

Pour plus d'informations concernant des pathologies spécifiques, veuillez consulter la page correspondante : Vue d'ensemble des maladies non transmissibles, Cancer, Cardiopathie ischémique, Diabète et Comportements suicidaires.

  • Hommes
  • Femmes

Classement des causes spécifiques de décès prématurés (avant 75 ans) en fonction des taux de mortalité prématurée ajustés pour l'âge* chez les hommes, Belgique, 2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) ajusté pour l’âge avec la population standard européenne 2010

Classement des causes spécifiques de décès prématurés (avant 75 ans) en fonction des taux de mortalité prématurée ajustés pour l'âge* chez les femmes, Belgique, 2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) ajusté pour l’âge avec la population standard européenne 2010

  • Hommes
  • Femmes

Classement des causes spécifiques de décès prématuré (avant 75 ans) selon le nombre d'années potentielles de vie perdues (PYLL) ajusté pour l'âge* chez les hommes, Belgique, 2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) ajusté pour l’âge avec la population standard européenne 2010

Classement des causes spécifiques de décès prématuré (avant 75 ans) selon le nombre d'années potentielles de vie perdues (PYLL) ajusté pour l'âge* chez les femmes, Belgique, 2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) ajusté pour l’âge avec la population standard européenne 2010

Tendances, Belgique

La plupart des causes de décès prématurés ont tendance à diminuer (ou au moins à rester stables) au fil du temps. Par exemple :

  • la mortalité prématurée due à la cardiopathie ischémique a diminué de façon spectaculaire (avec une baisse de plus de 50 % des taux de mortalité ajustés pour l'âge) pour les deux sexes au cours de la période 2000-2017
  • la même tendance est observée pour les maladies cérébrovasculaires
  • les taux de mortalité prématurée pour le cancer du poumon ont également considérablement diminué chez les hommes (44 % de diminution).

Cependant, la mortalité prématurée due au cancer du poumon a progressé de façon spectaculaire chez les femmes (41 % d'augmentation) de 2000 à 2015, puis s'est stabilisée. Le cancer du poumon est passé de la quatrième cause à la première, ce qui le place avant le cancer du sein. Une légère augmentation est également observée pour les BPCO chez les femmes.

  • Hommes
  • Femmes

Taux de mortalité (pour 1000 000) prématuré (avant 75 ans) ajusté pour l’âge* pour les 6 causes principales de décès chez les hommes, Belgique, 2000-2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) ajusté pour l’âge avec la population standard européenne 2010
Note : Dans le passé, les taux de suicide à Bruxelles ont été sous-estimés certaines années en raison du retard pris par le parquet dans la transmission des dossiers.

Taux de mortalité (pour 1000 000) prématuré (avant 75 ans) ajusté pour l’âge* pour les 6 causes principales de décès chez les femmes, Belgique, 2000-2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) ajusté pour l’âge avec la population standard européenne 2010

4. Régions

Les causes principales (groupées selon les chapitres de la CIM-10) de la mortalité prématurée par région

Comme pour la Belgique, dans toutes les régions, la plupart des décès sont causés par des tumeurs, des maladies cardiovasculaires et des causes externes.

Classement des causes spécifiques de décès, par région

En 2017, selon le taux de mortalité prématurée ajusté pour l'âge :

  • chez les hommes, le cancer du poumon se classe premier dans les 3 régions. La deuxième cause de décès est la cardiopathie ischémique, elle est également semblable dans toutes les régions. La troisième principale cause est le suicide en Wallonie et en Flandre et les maladies cérébrovasculaires + HTA à Bruxelles.
  • chez les femmes, en Wallonie, le cancer du poumon occupe la première place, suivi par le cancer du sein, tandis qu'en Flandre et à Bruxelles, le cancer du sein prend la première place et le cancer du poumon descend à la deuxième place. La 3e place est occupée par les maladies cérébrovasculaires en Flandre, les cardiopathies ischémiques à Bruxelles et les BPCO en Wallonie.

En 2017, selon les années potentielles de vie perdues (PYLL) :

  • chez les hommes, le suicide occupe la première place en Flandre et en Wallonie, suivi du cancer du poumon et de la cardiopathie ischémique. À Bruxelles, le top 3 est similaire mais le cancer du poumon se classe avant le suicide. 
  • chez les femmes, le cancer du poumon se classe premier en Wallonie, deuxième en Flandre et à Bruxelles après le cancer du sein. Le suicide occupe la troisième place dans toutes les régions.

Il est intéressant de noter que les accidents de transport sont assez nombreux chez les hommes, même si le taux de mortalité prématurée est plutôt faible. 

Pour plus d'informations concernant des pathologies spécifiques, veuillez consulter la page correspondante : Vue d'ensemble des maladies non transmissibles, Cancer, Cardiopathie ischémique, Diabète et Comportements suicidaires.

  • Hommes
  • Femmes

Classement des principales causes de décès prématurés par taux de mortalité ajusté pour l'âge* chez les hommes, par région de résidence, Belgique, 2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel



Classement des principales causes de décès prématurés par taux de mortalité ajusté pour l'âge* chez les femmes, par région de résidence, Belgique, 2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel



  • Hommes
  • Femmes

Classement des principales causes de décès prématurés par années potentielles de vie perdues (PYLL) ajustée pour l’âge* chez les hommes, par région de résidence, Belgique, 2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel



Classement des principales causes de décès prématurés par années potentielles de vie perdues (PYLL) ajustée pour l’âge* chez les femmes, par région de résidence, Belgique, 2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel



Principales causes contribuant aux disparités régionales en matière de mortalité

Comme le montre la page "Mortalité prématurée", il existe d'importantes disparités régionales dans le taux de mortalité prématurée ajusté pour l'âge. Ici, nous analysons quelles conditions spécifiques contribuent le plus à la différence régionale des taux de mortalité ajustés pour l'âge, en soustrayant les taux de mortalité spécifiques de la Flandre à ceux des autres régions et en classant les différences.

Chez les hommes, les conditions qui contribuent le plus à la surmortalité prématurée en Wallonie par rapport à la Flandre sont la cardiopathie ischémique (+19,1 pour 100.000), le cancer du poumon (+13,3), la BPCO (+9,0), les maladies chroniques du foie (+8,9) et les maladies infectieuses et parasitaires (+8,1).

Chez les femmes, les causes qui contribuent le plus à la surmortalité prématurée en Wallonie par rapport à la Flandre sont le cancer du poumon (+7,2), suivi de la cardiopathie ischémique (+6,3), de la BPCO (+6,0), des maladies infectieuses et parasitaires (+5,7) et des maladies cérébrovasculaires (+3,2). Les taux étant plus faibles chez les femmes que chez les hommes, les différences régionales par cause sont moins importantes.

  • Hommes
  • Femmes

Causes de décès prématurés contribuant le plus aux différences de mortalité prématurée Wallonie-Flandres, selon les taux ajustés pour l’âge*, hommes, moyenne 2015-2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel

Causes de décès prématurés contribuant le plus aux différences de mortalité prématurée Wallonie-Flandres, selon les taux ajustés pour l’âge*, femmes, moyenne 2015-2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel

Chez les hommes, les causes qui contribuent le plus à la surmortalité prématurée à Bruxelles par rapport à la Flandre sont la cardiopathie ischémique (+9,0), les maladies cérébrovasculaires (+7,1), les maladies chroniques du foie (+7,0), les maladies infectieuses et parasitaires (+6,0) et la BPCO (+4,9). Toutefois, certaines causes présentent des taux plus faibles à Bruxelles qu'en Flandre, comme la défaillance cardiaque (-3,6), les accidents de transport (-3,3) et le cancer de l'œsophage (-2,7).

Chez les femmes, les différences entre les taux de mortalité ajustés pour l'âge par cause de décès sont très faibles, ce qui signifie que la mortalité par cause spécifique en Flandre et à Bruxelles est assez similaire pour les femmes.

  • Hommes
  • Femmes

Causes de décès prématurés contribuant le plus aux différences de mortalité prématurée Wallonie-Bruxelles, selon les taux ajustés pour l’âge*, hommes, moyenne 2015-2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel

Causes de décès prématurés contribuant le plus aux différences de mortalité prématurée Wallonie-Bruxelles, selon les taux ajustés pour l’âge*, femmes, moyenne 2015-2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel

Tendances

Les évolutions de la mortalité prématurée sont assez similaires pour les trois régions. L'accent a été mis ici sur des causes spécifiques de décès avec des tendances particulières.

1. Le taux de mortalité prématurée pour le cancer du poumon a diminué chez les hommes dans les trois régions au cours de la période 2000-2017 (-50% à Bruxelles, -48% en Flandre et -36% en Wallonie). Ces taux sont restés plus élevés en Wallonie qu'en Flandre sur l'ensemble de la période. Pour les femmes, les taux ont augmenté régulièrement en Flandre et en Wallonie jusqu'en 2016 et 2013 respectivement, tout en restant stables à Bruxelles depuis 2006. Les femmes de Bruxelles connaissaient auparavant les taux de mortalité prématurée par cancer du poumon les plus élevés, mais la Wallonie les a dépassés depuis 2010. Une lente diminution est observable dans toutes les régions ces dernières années.

  • Hommes
  • Femmes

Taux de mortalité prématurée (avant 75 ans) due au cancer du poumon ajusté pour l’âge* (pour 100 000) chez les hommes, par année et par région, Belgique, 2000-2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) ajusté pour l’âge avec la population standard européenne 2010

Taux de mortalité prématurée (avant 75 ans) due au cancer du poumon ajusté pour l’âge* (pour 100 000) chez les femmes, par année et par région, Belgique, 2000-2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) ajusté pour l’âge avec la population standard européenne 2010

2. Les taux de mortalité dus aux cardiopathies ischémiques diminue plus rapidement en Flandre (-66 % chez les hommes et -65 % chez les femmes) qu'en Wallonie (-54 % chez les hommes et -57 % chez les femmes).

  • Hommes
  • Femmes

Taux de mortalité prématurée (avant 75 ans) due aux cardiopathies ischémiques ajusté pour l’âge* (pour 100 000) chez les hommes, par année et région, Belgique, 2000-2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) ajusté pour l’âge avec la population standard européenne 2010

Taux de mortalité prématurée (avant 75 ans) due aux cardiopathies ischémiques ajusté pour l’âge* (pour 100 000) chez les femmes, par année et région, Belgique, 2000-2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) ajusté pour l’âge avec la population standard européenne 2010

3. Les taux de mortalité prématuré par suicide sont en baisse chez les hommes, tant en Flandre qu'en Wallonie (depuis 2008). Chez les femmes, le taux de mortalité par suicide est resté stable à un niveau bien inférieur à celui des hommes, tant en Wallonie qu'en Flandre.

  • Hommes
  • Femmes

Taux de mortalité prématurée (avant 75 ans) due aux suicides ajusté pour l’âge* (pour 100 000) chez les hommes, par année et région, Belgique, 2000-2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) ajusté pour l’âge avec la population standard européenne 2010
Note : Dans le passé, les taux de suicide à Bruxelles ont été sous-estimés certaines années en raison du retard pris par le parquet dans la transmission des dossiers.

Taux de mortalité prématurée (avant 75 ans) due aux suicides ajusté pour l’âge* (pour 100 000) chez les femmes, par année et région, Belgique, 2000-2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) ajusté pour l’âge avec la population standard européenne 2010
Note : Dans le passé, les taux de suicide à Bruxelles ont été sous-estimés certaines années en raison du retard pris par le parquet dans la transmission des dossiers.

4. Chez les hommes, les taux de mortalité prématurée due à la BPCO ont diminué de 44 % en Flandre, de 42 % en Wallonie et de 50 % à Bruxelles au cours de cette période. Au contraire, les taux de mortalité due à la BPCO chez les femmes ont augmenté dans toutes les régions.

  • Hommes
  • Femmes

Taux de mortalité prématurée (avant 75 ans) due aux BPCO ajusté pour l’âge* (pour 100 000) chez les hommes, par année et région, Belgique, 2000-2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) ajusté pour l’âge avec la population standard européenne 2010

Taux de mortalité prématurée (avant 75 ans) due aux BPCO ajusté pour l’âge* (pour 100 000) chez les femmes, par année et région, Belgique, 2000-2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) ajusté pour l’âge avec la population standard européenne 2010

5. Les taux de mortalité prématurée due au cancer colorectal a diminué en Flandre (-48% pour les hommes et -39% pour les femmes) entre 2000 (où il était légèrement plus élevé que dans les autres régions) et 2017, tout en restant plus stable en Wallonie (-11% chez les hommes et -4% chez les femmes). En 2017, la Wallonie et Bruxelles connaissaient des taux plus élevés que la Flandre.

  • Hommes
  • Femmes

Taux de mortalité prématurée (avant 75 ans) due au cancer colorectal ajusté pour l’âge* (pour 100 000) chez les hommes, par année et région, Belgique, 2000-2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) ajusté pour l’âge avec la population standard européenne 2010

Taux de mortalité prématurée (avant 75 ans) due au cancer colorectal ajusté pour l’âge* (pour 100 000) chez les femmes, par année et région, Belgique, 2000-2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) ajusté pour l’âge avec la population standard européenne 2010

5. En savoir plus

Voir les métadonnées pour cet indicateur

Statbel: Causes de décès

Sciensano: Standardized Procedures for Mortality Analysis (SPMA)

WHO: CIM-10

Définitions

Taux brut de mortalité
Le taux brut de mortalité est le nombre de décès enregistrés dans le pays divisé par la population correspondante.
Taux de mortalité ajusté pour l’âge
L’ajustement pour l’âge est une moyenne pondérée des taux de mortalité par âge pour éliminer les variations due aux différences dans la structure par âge entre populations.
Classification Internationale des Maladies 10ème édition (CIM-10)
La Classification internationale des maladies est une codification internationale des maladies et d'une grande variété de signes, symptômes, lésions traumatiques, empoisonnements, circonstances sociales et causes externes de blessures ou de maladies.
Années potentielles de vie perdues
Les années potentielles de vie perdues (PYLL) mesurent le nombre d'années de vie perdues en raison d'un décès prématuré. Les PYLL donnent plus de poids aux décès qui surviennent chez les groupes d'âge plus jeunes que chez les personnes plus âgées. Le calcul des PYLL consiste à additionner les décès survenus à chaque âge et à les multiplier par le nombre d'années restantes pour vivre jusqu'à un âge donné (ici, 75 ans).
Taux de mortalité prématurée
Le taux de mortalité prématurée est défini ici comme le nombre de décès survenus avant l'âge de 75 ans enregistrés dans le pays divisé par la population correspondante.
Cause de décès initiale
La maladie ou blessure qui a initié la chaine d’événements morbides qui a mené directement au décès, ou les circonstances de l’accident ou de la violence qui a causé la blessure fatale.
Tumeurs
Egalement désigné par néoplasmes dans la CIM-10. Dans les causes de décès, le groupe des néoplasmes inclut 95% de néoplasmes malins (ou cancers), les 5% restant étant des tumeurs bénignes ou de comportements limites. 

Références

  1. World Health Organization. International statistical classification of diseases and related health problems 10th. 2016.
  2. Gardner JW, Sanborn JS. Years of Potential Life Lost (YPLL). What Does it Measure? Epidemiol 1990;1:322-9.

Mortalité prématurée

1. Messages clés

Le taux de mortalité prématurée ajusté pour l’âge (définie ici comme la mortalité avant 75 ans) a diminué de 31 % entre 2000 et 2019. Cependant, en 2020, la mortalité prématurée ajustée pour l’âge a augmenté de 10 % chez les hommes et de 5 % chez les femmes par rapport à 2019.

La mortalité prématurée standardisée pour l’âge est beaucoup plus élevée chez les hommes que chez les femmes (le sex-ratio était de 1,7 en 2019).

En 2019, le taux de mortalité prématurée ajusté pour l’âge était plus élevé en Wallonie (+38 %) et à Bruxelles (+16 %) qu'en Flandres. Ces disparités régionales se sont accentuées en 2020, le taux de mortalité prématurée ajusté pour l'âge était supérieur de 51 % en Wallonie et de 33 % à Bruxelles par rapport à la Flandres.

2. Introduction

La mortalité prématurée désigne les décès ayant lieu trop tôt c’est-à-dire avant l’âge correspondant à l’espérance de vie. Dans la définition opérationnelle de cet indicateur, différents seuils peuvent être utilisés. Dans ce rapport, on considère la mortalité prématurée avant 75 ans. Diminuer la mortalité prématurée est un objectif-clé de santé publique et de fait une grande partie de la mortalité prématurée est évitable par des actions de santé publique.

Le taux brut de mortalité n’est pas bien adapté pour la surveillance de santé. En effet, la mortalité est fortement liée à l’âge et donc les populations vieillissantes font face à une augmentation de leur taux brut de mortalité même lorsque les conditions de santé s’améliorent. Par conséquent, pour comparer les taux de mortalité, la structure par âge des populations comparées va être ajustée sur une référence commune. Dans ce rapport, le taux de mortalité ajusté pour l’âge est présenté avec la population standard européenne 2010 comme référence.

La mortalité prématurée peut aussi être analysée avec l’indicateur années potentielles de vie perdues (PYLL), chaque décès est alors pondéré par l’âge au décès. En faisant cela, plus de poids est donné aux décès aux jeunes âges qui représentent un plus lourd fardeau en termes de vie perdue. Donc, si un décès intervient à l’âge de 65 ans, cela correspond à une valeur de vie perdue (PYLL) de 10. Dans ce rapport, les PYLL sont également utilisés pour la comparaison internationale avec l’âge de 75 ans comme seuil. Les PYLL sont également ajustés pour l’âge.

Les données utilisées pour calculer ces taux proviennent, d'une part, de la base de données nationale des causes de décès provenant de Statbel pour les années 2000 à 2017. D'autre part, les taux pour 2018 à 2020 ont été calculés à partir des données en libre accès de Statbel [1].

3. Belgique

Le taux brut de mortalité prématurée (0-74 ans) était de 325 pour 100 000 habitants de moins de 75 ans et le taux ajusté pour l’âge était de 344/100 000 en Belgique en 2019. Le taux ajusté pour l’âge était 1,7 fois plus élevé chez les hommes (415) que chez les femmes (249). Ces taux diminuent avec le temps, la diminution est plus prononcée chez les hommes (-37 % entre 2000 et 2019) que chez les femmes (-23 %).

En 2020, le taux brut de mortalité prématurée était de 349/100.000 alors que le taux ajusté pour l’âge était de 355/100.000 en Belgique. Le taux de mortalité prématurée ajusté pour l’âge était 1,75 fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes. Ce taux a augmenté de 10 % chez les hommes et de 5 % chez les femmes par rapport à 2019. Cette augmentation peut s'expliquer par l'épidémie de COVID-19.

4. Regions

Il y a des différences importantes dans la mortalité prématurée ajusté pour l’âge entre régions. Comparé à la Flandre, en 2019, on observe des excès de mortalité de:

  • Wallonie: +43 % chez les hommes et +34 % chez les femmes
  • Bruxelles-Capitale: +23 % chez les hommes et +10 % chez les femmes

Jusqu'en 2019, les taux de mortalité prématurée ajusté pour l’âge ont diminué au même rythme dans les trois régions et, par conséquent, les disparités entre la Flandre et les deux autres régions persistent.

En 2020, les disparités régionales se sont accentuées pour les deux sexes. Comparé à la Flandre, en 2020, on observe des excès de mortalité de :

  • Wallonie: +56 % chez les hommes et +45 % chez les femmes
  • Bruxelles-Capitale: +38 % chez les hommes et +26 % chez les femmes

L'augmentation des disparités régionales en matière de mortalité prématurée peut probablement s'expliquer par l'épidémie de COVID-19, la Wallonie et Bruxelles ayant été plus sévèrement touchés que la Flandre (en nombre de décès).

  • Hommes
  • Femmes

Taux de mortalité (pour 100 000) prématurée (avant 75 ans) ajusté pour l’âge* chez les hommes, par année et région, Belgique, 2000-2020
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) avec la Population standard européenne 2010 comme référence

Taux de mortalité (pour 100 000) prématurée (avant 75 ans) ajusté pour l’âge* chez les femmes, par année et région, Belgique, 2000-2020
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) avec la Population standard européenne 2010 comme référence

5. Arrondissements

Pour la période allant jusqu'en 2017, une analyse au niveau des arrondissements a été faite. Il est assez clair que la plupart des arrondissements flamands connaissent, pour les deux sexes (bien que moins prononcés chez les femmes), un taux de mortalité prématurée inférieur à la moyenne belge. L'inverse est observé à Bruxelles et dans tous les arrondissements wallons (à l'exception de Nivelles pour les deux sexes). Les taux de mortalité prématurée les plus élevés chez les hommes sont observés dans trois arrondissements de la province du Hainaut (Charleroi, Mons ,Tournai). Chez les femmes, les arrondissements présentant les taux les plus élevés se répartissent entre les provinces du Hainaut, de Namur et de Liège.

  • Hommes
  • Femmes

Taux de mortalité (pour 100 000) prématurée (avant 75 ans) ajusté pour l’âge (*FF) chez les hommes, par arrondissements, 2010-2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) avec la population standard européenne 2010 comme référence; (*) significativement différent de la moyenne à p<0.05; (***) significativement différent de la moyenne à p<0.05 après la correction de Bonferroni
prem mort distr men en final

Taux de mortalité (pour 100 000) prématurée (avant 75 ans) ajusté pour l’âge (*) chez les femmes, par arrondissements, 2010-2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(1) avec la population standard européenne 2010 comme référence; (*) significativement différent de la moyenne à p<0.05; (***) significativement différent de la moyenne à p<0.05 après la correction de Bonferroni
prem mort distr wom en final

6. Comparaison internationale

L’indicateur années potentielles de vie perdues (PYLL) est utilisé pour cette comparaison internationale. La Belgique se classe mal chez les hommes comme chez les femmes. Les excès de PYLL en Belgique étaient de 6 % chez les hommes et 12 % chez les femmes en comparaison avec la moyenne de l’Europe des 15 en 2016 (ou année la plus proche). Ces données sont les plus récentes (2016) actuellement disponibles dans la base de données de mortalité de l'Organisation mondiale de la santé.

  • Hommes
  • Femmes

Années potentielles de vie perdues (avant 75 ans) chez les hommes, par pays, Europe, 2016 ou année la plus proche
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de World Health Organization mortality database

Années potentielles de vie perdues (avant 75 ans) chez les femmes, par pays, Europe, 2016 ou année la plus proche
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de World Health Organization mortality database

7. En savoir plus

Voir les métadonnées pour cet indicateur

Statbel: Mortalité générale

Statbel: données en libre accès

Sciensano: Standardized Procedure for Mortality Analysis (SPMA)

WHO: Mortality database

Definitions

Taux brut de mortalité
Le taux brut de mortalité est le nombre de décès enregistrés dans le pays divisé par la population correspondante.
Taux de mortalité ajusté pour l’âge
L’ajustement pour l’âge est une moyenne pondérée des taux de mortalité par âge pour éliminer les variations due aux différences dans la structure par âge entre populations.
Taux de mortalité prématurée
Le taux de mortalité prématurée est défini ici comme le nombre de décès survenus avant l'âge de 75 ans enregistrés dans le pays divisé par la population correspondante.
Années potentielles de vie perdues
Les années potentielles de vie perdues (PYLL) mesurent le nombre d'années de vie perdues en raison d'un décès prématuré. Les PYLL donnent plus de poids aux décès qui surviennent chez les groupes d'âge plus jeunes que chez les personnes plus âgées. Le calcul des PYLL consiste à additionner les décès survenus à chaque âge et à les multiplier par le nombre d'années restantes pour vivre jusqu'à un âge donné (ici, 75 ans).

References

  1. Statbel. Nombre de décès par jour, sexe, âge, région, province et arrondissement https://statbel.fgov.be/fr/open-data/nombre-de-deces-par-jour-sexe-arrondissement-age

Mortalité générale par cause de décès

1. Messages clés

Les tumeurs et les maladies cardiovasculaires sont les principales causes de décès observées en Belgique, représentant ensemble plus de la moitié des décès dans les deux sexes.
L'importance de ces deux catégories a évolué au fil du temps : la mortalité due aux tumeurs a progressivement dépassé la mortalité due aux maladies cardiovasculaires chez les hommes en raison d'une diminution rapide de la mortalité due aux cardiopathies ischémiques.
Pourtant, les maladies cérébro-vasculaires et les cardiopathies ischémiques restent dans le top 3 des causes de décès spécifiques, à ces causes s’ajoutent la démence (y compris la maladie d'Alzheimer) pour les femmes et le cancer du poumon pour les hommes.

2. Introduction

Les causes de décès sont analysées à l’aide de la Classification Internationale des Maladies 10ème édition (CIM-10) de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Dans ce rapport, on utilise la cause initiale de décès indiquée sur le certificat de décès pour analyser la mortalité. Il est recommandé d’utiliser la cause initiale et non les causes immédiates ou contribuant au décès pour la production de statistiques de mortalité. En effet, dans une perspective de santé publique, l’objectif est de casser la chaine des évènements menant à la mort et donc de prévenir la cause initiale [1].

Dans la première section, les causes de décès sont présentées groupées par chapitre de la CIM-10, c’est-à-dire basé sur la première lettre du code CIM-10. Dans la seconde section, un classement des 10 plus importantes causes spécifiques de décès est présenté pour la Belgique et ses régions en fonction des taux de mortalité.

Pour prendre en compte les variations dans la structure par âge de la population belge au cours du temps et permettre la comparaison entre périodes, les taux de mortalité sont présentés ajustés pour l’âge à l’aide de la structure de la population standard européenne 2010.

La mortalité COVID-19 est analysée sur une autre page. 

3. Causes de décès groupées en chapitre de la CIM-10

Distribution

Les tumeurs et les maladies cardiovasculaires sont les principales causes de décès en 2017, représentant ensemble plus de la moitié des décès (54 % pour les hommes et 52 % pour les femmes en 2017).

  • Hommes
  • Femmes

Distribution des causes de décès (par chapitre CIM-10) chez les hommes, par taux de mortalité ajusté pour l’âge*, Belgique, 2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) population de référence: Population standard européenne 2010

Distribution des causes de décès (par chapitre CIM-10) chez les femmes, par taux de mortalité ajusté pour l’âge*, Belgique, 2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) population de référence: Population standard européenne 2010

Tendances

Chez les hommes, le taux de mortalité ajusté pour l’âge due aux maladies cardiovasculaires et respiratoires a considérablement diminué entre 2000 et 2017 (respectivement de 46 % et 39 %). Par conséquent, la mortalité due aux tumeurs, qui diminue plus lentement (28 %), est aujourd'hui supérieure à la mortalité due aux maladies cardiovasculaires.

Chez les femmes, le taux de mortalité ajusté pour l’âge due aux maladies cardiovasculaires et respiratoires a également diminué (respectivement de 47 % et 22 %). Les taux de mortalité liés aux autres maladies sont restés stables. En conséquence, la mortalité due aux tumeurs est maintenant presque aussi élevée que celle due aux maladies cardiovasculaires.

On notera également l’augmentation des taux de mortalité des maladies mentales et neurologiques chez les hommes (39 %) et chez les femmes (35 %) depuis l’an 2000.

  • Hommes
  • Femmes

Taux de mortalité ajusté pour l’âge* des 5 principaux groupes de causes de décès (par chapitre CIM-10) chez les hommes, Belgique, 2000-2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) population de référence: Population standard européenne 2010

Taux de mortalité ajusté pour l’âge* des 5 principaux groupes de causes de décès (par chapitre CIM-10) chez les femmes, Belgique, 2000-2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) population de référence: Population standard européenne 2010

4. Causes spécifiques de décès

Les 10 principales causes de décès ont été classées en fonction de leur taux de mortalité ajusté pour l’âge, séparément pour les hommes et les femmes. Les 3 principales causes de décès sont

  • chez les hommes, les cardiopathies ischémiques, le cancer du poumon et les maladies cérébro-vasculaires (groupées avec l'hypertension artérielle (HTA)).
  • chez les femmes, les démences (incluant la maladie d'Alzheimer), les maladies cérébro-vasculaires (et HTA) et les cardiopathies ischémiques.

Les classements sont assez similaires d'une région à l'autre. Cependant, l'insuffisance cardiaque en Flandre est la 4ème cause de décès chez les hommes et la 3ème chez les femmes, ce qui est beaucoup plus élevé que dans les autres régions. Une partie de ces disparités pourrait être due aux différences dans le codage des causes de décès entre régions.

Pour plus d'informations concernant des pathologies spécifiques, veuillez consulter la page correspondante : Vue d'ensemble des maladies non transmissibles, Cancer, Cardiopathie ischémique, Diabète et Comportements suicidaires.

  • Hommes
  • Femmes

Classement des principales causes de décès (tous âges) selon les taux de mortalité ajusté pour l’âge* chez les hommes, Belgique et régions, 2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) population de référence: Population standard européenne 2010




Classement des principales causes de décès (tous âges) selon les taux de mortalité ajusté pour l’âge* chez les femmes, Belgique et régions, 2017
Source: Calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) population de référence: Population standard européenne 2010




5. En savoir plus

Voir les métadonnées pour ce indicateur

Statbel: Causes de décès

Sciensano: Standardized Procedure for Mortality Analysis (SPMA)

WHO: ICD-10

Définitions

Classification Internationale des Maladies 10ème édition (CIM-10)
La Classification internationale des maladies est une codification internationale des maladies et d'une grande variété de signes, symptômes, lésions traumatiques, empoisonnements, circonstances sociales et causes externes de blessures ou de maladies.
Cause de décès initiale
La maladie ou blessure qui a initié la chaine d’événements morbides qui a mené directement au décès, ou les circonstances de l’accident ou de la violence qui a causé la blessure fatale.
Cause immédiate de décès
La maladie, blessure ou complication finale causant directement la mort.
Cause contribuant au décès
Toutes les autres importantes maladies, conditions ou blessures qui ont contribué au décès mais qui n’ont pas provoqué la cause initiale de décès.
Taux de mortalité ajusté par l’âge
L’ajustement pour l’âge est une moyenne pondérée des taux de mortalité par âge pour éliminer les variations venant des différences dans la structure par âge entre populations.
Tumeurs
Egalement désigné par néoplasmes dans la CIM-10. Dans les causes de décès, le groupe des néoplasmes inclut 95 % de néoplasmes malins (ou cancers), les 5 % restant étant des tumeurs bénignes ou de comportements limites.

Références

  1. WHO. ICD-10: International statistical classification of diseases and related health problems: Instruction manual. Geneva: World Health Organization; 2011.

Mortalité générale

1. Messages clés

Le nombre de décès en Belgique a légèrement augmenté au cours de la dernière décennie. Il y a eu un peu moins de 109 000 décès en 2019. En 2020, le nombre de décès en Belgique a atteint un pic de plus de 127 000 décès.
Le taux brut de mortalité est resté assez stable de 2000 à 2019. Après ajustement pour l’âge, le taux de mortalité a diminué de 25 % entre 2000 et 2019. Cela reflète le vieillissement de la population mais aussi l’augmentation de l'âge au décès.
Cependant, en 2020, les taux de mortalité bruts et ajustés pour l’âge ont tous deux connu une augmentation importante liée à l'épidémie de COVID-19. La mortalité toutes causes confondues ajustée pour l’âge est 1,5 fois plus élevée chez les hommes que chez les femmes et cet écart se réduit.
Des disparités géographiques sont observées, avec des taux de mortalité ajustés pour l’âge plus faibles dans la région flamande. La mortalité diminue au fil du temps dans les trois régions, mais les disparités régionales persistent.

2. Introduction

La mortalité est un indicateur traditionnel utilisé en santé, bien que celle-ci reflète plutôt un état de « non-santé ». Bien que les évènements mesurés soient irréversibles, l’analyse de la mortalité est une source d’information essentielle pour l’orientation de la santé publique. Elle fournit des informations sur l’importance des problèmes de santé sévères, leur évolution au cours du temps et un aperçu de leurs déterminants (par exemple, la sécurité routière et la consommation de tabac). C’est également un indicateur de santé qui a une longue tradition et qui a généralement été mesuré avec une meilleure validité que les indicateurs de morbidité. En effet, la mort est un événement clair et incontestable qui a été mesuré systématiquement dans les statistiques d’enregistrements de l’état civil de la plupart des pays depuis plus d’un siècle.

Le taux brut de mortalité représente le nombre de décès dans une année divisé par la population sous étude. Cet indicateur n’est cependant pas bien adapté pour la surveillance de santé parce que la mortalité est fortement liée à l’âge. Par conséquent, les populations vieillissantes font face à une augmentation de leurs taux bruts de mortalité, même si leur état de santé s’améliore.

C’est pourquoi, la comparaison d’indicateurs de mortalité entre différentes populations ou différentes années devrait toujours utiliser des mesures ajustées pour les différences dans la composition par âge des groupes. Dans ce rapport, les taux de mortalité ajustés pour l’âge sont utilisés, en prenant comme référence la population standard européenne de 2010 [1].

Deux bases de données sont utilisées ici. Premièrement, les données de mortalité de 2000 à 2017 sont calculées à partir de la base de données nationale des causes de décès 2017 de Statbel. Ensuite, les taux pour 2018 à 2020 ont été calculés sur la base des données en libre accès de Statbel [2].

Sur cette page, nous décrivons la mortalité toutes causes confondues. La mortalité par causes spécifiques est décrite sur la page sur la mortalité par cause.

3. Nombre de décès par jour

En 2020, des pics de mortalité ont été observés de mars à avril, et de fin octobre à la fin de l'année, ces pics s'expliquent par l'épidémie de COVID-19. Un pic supplémentaire a été observé pendant l'été en août, il peut être causé par des températures plus élevées. Un pic de mortalité dû à la canicule est également observable en 2019.

Nombre quotidien de décès, Belgique, 2015-2020
Source: calculé par Sciensano sur base de données de Statbel

4. Taux de mortalité

Belgique

Le taux brut de mortalité en 2019 était de 949 pour 100 000 habitants, et est assez similaire pour les deux sexes : 942 chez les hommes et 955 chez les femmes. Cependant, après ajustement pour l’âge, on observe en 2019 un taux de mortalité supérieur de 42 % chez les hommes (1099 pour 100 000) par rapport aux femmes (773 pour 100 000).

En 2020, le taux brut de mortalité a bondi à 1090 en raison de l'épidémie de COVID-19 et était assez semblable pour les deux sexes, soit 1084 chez les hommes et 1096 chez les femmes. Après ajustement pour l’âge, on observe un taux de mortalité 44 % plus élevé chez les hommes (1271 pour 100 000) que chez les femmes (880 pour 100 000) en 2020.

Au cours des deux dernières décennies, le taux de mortalité ajusté pour l’âge a diminué jusqu'en 2019 ; une diminution de 31 % chez les hommes et de 22 % chez les femmes est observée entre 2000 et 2019. En 2020, il a augmenté en raison de l'épidémie de COVID-19 et a atteint 1051 pour 100 000 (soit une augmentation de 16 % chez les hommes et de 14 % chez les femmes par rapport à 2019), ceci équivaut aux taux de mortalité le plus élevé depuis 2008.

  • Taux brut de mortalité
  • Taux de mortalité ajusté

Taux brut de mortalité (pour 100,000) chez les hommes et chez les femmes, Belgique, 2000-2020
Source: calculé par Sciensano sur base de données de Statbel

Taux de mortalité ajusté pour l’âge* (par 100,000) chez les hommes et les femmes, Belgique, 2000-2020
Source: calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) avec la population standard européenne 2010 comme référence

Spécificités régionales

Chez les hommes en 2019, le taux de mortalité ajusté pour l’âge était 25 % plus élevé en Wallonie et 15 % plus élevé à Bruxelles par rapport à la Flandres ; chez les femmes, il était supérieur de 20 % et 8 % respectivement en Wallonie et à Bruxelles par rapport à la Flandres.

Au cours de l'année 2020, les écarts régionaux de mortalité ont augmenté. Chez les hommes, le taux de mortalité ajusté pour l’âge était 33 % plus élevé en Wallonie et 28 % plus élevé à Bruxelles qu'en Flandre. Chez les femmes, le taux de mortalité était 31 % et 22 % plus élevé en Wallonie et à Bruxelles qu'en Flandre. Les taux de mortalité COVID-19 observés dans le cadre de la surveillance épidémiologique ont montré que les taux de mortalité spécifiques au COVID-19 étaient plus élevés en Wallonie et à Bruxelles, ce qui peut expliquer l'augmentation des différentiels régionaux de mortalité toutes causes confondues.

  • Hommes
  • Femmes

Taux de mortalité ajusté pour l’âge* (par 100,000) chez les hommes, Belgique, 2000–2020
Source: calculé par Sciensano sur base de données de Statbel

Taux de mortalité ajusté pour l’âge* (par 100,000) chez les femmes, Belgique, 2000–2020
Source: calculé par Sciensano sur base de données de Statbel
(*) avec la population standard européenne 2010 comme référence

5. En savoir plus

Voir les métadonnées pour cet indicateur

Statbel: Mortalité générale

Statbel: Données en libre accès 

Standardized Procedure for Mortality Analysis, SPMA

Définitions

Taux brut de mortalité
Le taux brut de mortalité est le nombre de décès enregistré dans un pays divisé par la population correspondante.
Taux de mortalité ajusté pour l’âge
L’ajustement pour l’âge est une moyenne pondérée des taux de mortalité par âge pour éliminer les variations due aux différences dans la structure par âge de différentes populations.

Références

  1. Pace M, Giampaolo L, Glickman M, Zupanic T. Revision of the European Standard Population Report of Eurostat's Task Force. Luxembourg; 2013.
  2. Statbel. Nombre de décès par jour, sexe, âge, région, province et arrondissement. https://statbel.fgov.be/fr/open-data/nombre-de-deces-par-jour-sexe-arrondissement-age

Mortalité infantile

1. Messages clés

En 2018, le taux de mortalité infantile était de 3,7 pour mille naissances vivantes. La mortalité infantile a fortement diminué au cours des dernières décennies en Belgique. Les taux et tendances actuels sont similaires dans les trois régions.

2. Introduction

Le taux de mortalité infantile mesure la mortalité des enfants de moins d'un an. Il reflète à la fois les conséquences des événements périnataux et de la mortalité survenant après la période périnatale, qui est souvent évitable. Il est fortement corrélé au niveau de développement du pays, à la qualité des soins médicaux, aux services de prévention mais aussi aux interventions de promotion de la santé.

Des taux de mortalité infantile plus élevés chez les garçons que chez les filles sont depuis longtemps observés dans presque tous les pays du monde [1]. L'explication est complexe et comprend des facteurs biologiques et génétiques ainsi que des facteurs environnementaux et comportementaux qui entraînent une différence de mortalité persistant tout au long de la petite enfance et même plus tard [2,3].

D'importantes fluctuations des taux annuels sont observées au niveau régional, en raison du faible nombre de décès infantiles. Les comparaisons des taux et des tendances par région sont donc mieux réalisées sur des taux lissés couvrant une période plus longue qu’un an. Dans cette optique, une moyenne mobile est utilisée sur base d’une période de 5 années.

Les décès survenus en Belgique peuvent concerner des résidents légaux (inscrits au Registre National, avec une nationalité belge ou étrangère), des demandeurs d'asile (inscrits au Registre des Demandeurs d'Asile) ou des non-résidents (voyageurs, clandestins, etc.). Les statistiques officielles des décès infantiles (publiées par Statbel) incluent les résidents légaux et les demandeurs d'asile.

Sur cette page, nous présentons d’abord l’ensemble des décès infantiles en Belgique par statut de résidence, puis nous nous sommes concentrés sur les décès d’enfant dont la mère était inscrite au Registre National.

3. Taux de mortalité infantile

Belgique

Tous les décès infantiles

Au cours de l'année 2018, les autorités belges ont enregistré un total de 465 décès d’enfant de moins d’un an.

Parmi ceux-ci, 436 décès sont survenus chez des enfants nés d'une mère résidente, c'est-à-dire enregistrée dans le Registre national. 3 décès supplémentaires sont survenus chez des enfants nés de mères enregistrées dans le registre des demandeurs d'asile (R5). Pour 26 décès, la mère était non-résidente ou le décès du nourrisson n'a été notifié que par un certificat de décès.

La même année, le nombre total de naissances vivantes était égal à 120 827, 117 800 ont été enregistrées dans le registre national, 519 ont été enregistrées dans le registre des demandeurs d'asile et pour 2508 naissances, la mère était non-résidente ou la naissance a été notifiée uniquement par un certificat de naissance.

  Nombre de décès
Nombre de naissances vivantes
Taux de mortalité infantile
Décès infantiles chez les personnes inscrites au Registre National
436 117 800 3,70
Décès infantiles chez les personnes inscrites au Registre National ou Registre des Demandeurs d'Asile
439 118 319 3,71
Tous les décès infantiles
465 120 827 3,85
Décès infantiles chez les personnes inscrites au Registre National

En 2018, le taux de mortalité infantile était de 3,7 pour mille naissances vivantes. Les taux de mortalité infantile ont diminué de 30% entre 1998 et 2018 (en 1998, 5,3‰).

En 2018, le taux de mortalité infantile était de 3,2 pour mille naissances vivantes chez les filles et de 4,1‰ chez les garçons, ce qui correspond à un écart absolu de 0,9‰ et à un sex-ratio de 1,3. L’écart entre les sexes en matière de taux de mortalité fluctue dans le temps en raison du faible nombre de décès infantiles.

Après lissage, les écarts de mortalité entre filles et garçons persistent (respectivement 2,9‰ et 3,9‰).

  • Brut
  • Lissé

Taux brut de mortalité infantile (‰) par sexe, 1998-2018
Source : Statbel [4]

Taux de mortalité infantile lissé (‰) (moyenne mobile de 5 ans) par sexe, 2002-2018
Source : Calcul des auteurs sur base de Statbel [4]

Tendances et différences régionales

Les taux de mortalité infantile dans les trois régions étaient similaires en 2018 : 3,9‰ en Flandre, 3,5‰ à Bruxelles et en Wallonie.

Après lissage, les taux de mortalité infantile de 2018 étaient similaires en Flandre et en Wallonie 3,5‰ et 3,4 ‰ respectivement, et légèrement inférieurs à Bruxelles (3,2‰) ; cette observation devrait toutefois être confirmée sur une période plus longue avant de conclure à une réelle différence, le nombre de décès infantiles à Bruxelles étant très faible.

Au fil du temps, une forte baisse a été observée dans toutes les régions. A Bruxelles, le taux était plus élevé que dans les autres régions jusqu'en 2009, puis a diminué plus fortement.

  • Brut
  • Lissé

Taux brut de mortalité infantile (‰) par région, 1998-2018
Source : Statbel [4]

Taux de mortalité infantile lissé (‰) (moyenne mobile de 5 ans) par région, 2002-2018
Source : Calcul des auteurs sur base de Statbel [4]

Comparaison internationale

En 2018, la mortalité infantile belge était supérieure à la moyenne de l'UE-15 (3,2). Après le Luxembourg, le Royaume-Uni, et ex aequo avec la France, la Belgique se situait en 4e position pour le taux de mortalité infantile en 2018 parmi l'UE-15.

Taux de mortalité infantile par pays, UE-15, 2018
Source: OECD Health Data [5]

4. En savoir plus

Voir les métadonnés pour cet indicateur

SPMA: Standardized Procedures for Mortality Analysis in Belgium

Définitions

UE-15
L’UE-15 (ou Union européenne des Quinze voire Europe des Quinze) correspond à l’ensemble des pays qui appartenaient à l’Union européenne entre 1995 et 2004 : Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni et Suède. Nous comparons l'état de santé de la Belgique à celui de l'UE-15, car ces pays ont des conditions socio-économiques similaires.
Taux de mortalité infantile
Le taux de mortalité infantile est le nombre de décès d'enfants de moins d'un an pour 1000 naissances vivantes au cours de la même année.
Sex ratio
Le sex-ratio est le taux de mortalité des garçons de moins de 1 an divisé par le taux de mortalité des filles de moins de 1 an. Un sex-ratio de 1,2 signifie qu'il y a 1,2 fois plus de décès infantiles chez les garçons que chez les filles.

Références

  1. UN IGME. United Nations Interagency Group for Child Mortality Estimation; 2018. https://childmortality.org/data
  2. Drevenstedt GL, Crimmins EM, Vasunilashorn S, Finch CE. The rise and fall of excess male infant mortality, 2008. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18362357/ 
  3. Sidebotham P, Fraser J, Covington T, Freemantle J, Petrou S, Pulikottil-Jacob R, et al. Understanding why children die in high-income countries, 2014. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25209491/ 
  4. Statbel, 1998-2018. https://statbel.fgov.be/fr/themes/population/mortalite-et-esperance-de-vie/mortalite-foeto-infantile
  5. OECD Health Data, 2018. http://stats.oecd.org/