Projet pilote «Droques et detention»

Malgré les efforts quotidiens des prestataires de soins et les nombreux efforts du ministère de la Justice, la consommation de drogues et de médicaments reste élevée dans nos prisons belges. Cette situation est littéralement et figurativement malsaine. Après tout, la consommation de drogue comporte plusieurs risques pour la santé et peut mettre en péril la sécurité dans une prison. Selon de récentes études internationales, on estime que 20 à 45 % de tous les détenus consomment des drogues illégales en prison, avec des chiffres très similaires en Belgique.

Lors de la Conférence interministérielle santé publique du 20 novembre 2017, le ministre fédéral de la Santé publique a donc proposé de développer un modèle adapté d’assistance aux détenus en matière de drogue. A cette fin, des projets pilotes ont été lancés en décembre 2017 dans les prisons de Saint-Gillis/Berkendael, Hasselt et Lantin. Grâce aux expériences sur le terrain, une importante initiative de soutien sera élaborée qui comprendra toutes les étapes, du dépistage et de la détection précoce aux entretiens motivationnels et au traitement.

Dans chacune des trois prisons, du personnel soignant supplémentaire a été recruté et le personnel soignant et pénitentiaire existant a reçu une formation supplémentaire, afin que les détenus présentant un problème de drogue puissent bénéficier d’un encadrement plus adapté. De plus, les détenus sont désormais systématiquement soumis à un dépistage de consommation de drogue à leur arrivée, afin qu’ils puissent être orientés plus rapidement vers l’aide appropriée si nécessaire. Les prestataires de soins internes et externes à la prison sont également en contact étroit les uns avec les autres, ce qui contribue à garantir la continuité des soins.

Trois organisations à but non lucratif spécialisées dans la prise en charge des toxicomanes fournissent des conseils dans ce domaine : iCare (Saint-Gillis/Berkendael), CAD Limburg (Hasselt) et Fédito Wallonne (Lantin).